Les liaisons dangereuses

Dans les airs

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Les liaisons dangereuses

La Vie en Rose-Monde

Analyse littéraire du roman « Les liaisons dangereuses »

Ce soir, mardi 17 mars 2015, la stupide boite à images diffuse l’excellent film de Stephen Frears « les liaisons dangereuses », tiré du roman éponyme de Choderlos de Laclos. (distribution de rêve : John Malkovich, Michelle Pfeiffer, Glenn Close, Keanu Reeves, Uma Thurman, etc ..)
Comme Laclos était un artilleur, comme Buonaparte, Ferdinand Foch, Sully (grand maistre de l’Artillerie), et le Rabouilleur, il ne sera pas ici l’objet d’un tir de contre-batterie.
Cependant, comme les autres œuvres de Laclos n’ont pas particulièrement brillé par leur éclat, et que cette œuvre littéraire découvre les profondeurs du psychisme féminin torturé et intrinsèquement contradictoire avec beaucoup de justesse, la seule conclusion logique qui s’impose au Rabouilleur est la suivante :
Dans ce chef d’œuvre littéraire, Laclos n’a été qu’un prête-nom, et le véritable auteur était une femelle, une belle et grande salope, qui avait bien vécu, et donc tout compris à la vie.

Les sots, ou les esprits forts, ce qui revient au même, prennent ce roman épistolaire pour un chef d’œuvre de l’immoralité. C’est précisément l’opposé. Un libertin se prend les pieds dans le tapis de ses désirs et passe à côté de l’amour de sa vie par pure vanité. Cet idiot en meurt.
Une histoire totalement morale, mais les crétins, comme Vadim, n’y ont vu que du feu.

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Tentative de justification de l’hypothèse d’un auteur féminin :

A/ Le roman psychologique :
Depuis Madame de La Fayette jusqu’à Françoise Sagan, en passant par Jane Austeen et Barbara Cartland, le roman psychologique constitue la spécialité féminine par excellence. Écrit par des femmes et lu par des femmes. A la longue, cette petite musique donne mal au cœur, et le Rabouilleur en éprouve la nausée. Il va donc s’employer à faire passer ce petit malaise.

B/ Le genre des Liaisons dangereuses :
C’est un roman par lettres qui racontent des subterfuges, des manipulations, des manigances, quelques coucheries, et surtout beaucoup de bavardages, verbaux et écrits. En gros, toutes les scènes se passent dans un gynécée, ou plutôt une volière où trois générations de bonnes femmes jacassent. Arrivent dans la volière deux mâles, un Don Juan de sous-préfecture doré sur tranche et un jeune niais désargenté. Il advient ce qui se passe en pareil cas : du sexe, et plus si affinités. A la fin, le niais embroche Don Juan, mais hors champ, pour ne pas choquer les lecteurs, ou trop exciter ces dames. Tous les personnages finissent mal, sauf une vieille tante. Il n’y a strictement aucune action dans ce roman, qui n’a rien de bien viril, en dehors du plan sexuel. C’est donc un exemple abouti de roman psychologique.

C/ Personnalité de Laclos :
Laclos exerçait le métier d’officier d’artillerie, puis de professeur et d’ingénieur. De physique ingrat, sans fortune, il fut un bon mari et un bon père d’après sa biographie, soit l’exact opposé d’un Don Juan de sous-préfecture. Il a eu quelques velléités littéraires, mais sans succès. Les ingénieurs ne sont pas doués pour les Lettres. S’ils écrivent, leurs ouvrages sont généralement des exposés techniques, des mémoires historiques, des essais politiques déconnectés de la réalité, des pochades comme celles de Boris Vian. Par contre, si on envisage la personnalité de Laclos sous l’angle de la loyauté, on peut le considérer comme un homme fiable, et capable de garder un secret.

Additionnez A + B + C => vous êtes assez tenté de conclure à l’écriture de ce roman par une femme, qui aurait transmis son ouvrage à Laclos, à charge pour lui de le publier. La femme désirait rester anonyme pour préserver la réputation de sa famille, l’ouvrage étant un peu olé-olé, et Laclos y a gagné une belle célébrité.

Admettons cette hypothèse, et cherchons des éléments supplémentaires pour l’étayer. Dans leurs romans, les femmes se mettent toujours en scène dans un personnage, elles aiment bien cela. Comme le roman décrit des manigances élaborées, il a forcément été écrit par une femme d’expérience. La marquise de Merteuil pourrait être envisagé comme incarnation de l’auteur. Mais le personnage n’attire pas la sympathie; il ne peut donc convenir. On déplace le curseur vers un personnage plus âgé, et on tombe sur la vieille tante, la très suave Madame de Rosemonde.
Ah Tatie ! un personnage bienveillant, qui regarde tout ce petit monde s’agiter, sans intervenir. Si ce n’est point l’auteur, c’est rudement bien imité.
Tatie, on t’a reconnu dans le tableau.

Si l’auteur est cette vieille femme, on comprend mieux la structure de l’œuvre qui serait une manière d’autobiographie trafiquée.

Trois personnages féminins s’échelonnent en âge : la jeune fille naïve, la femme mariée, puis la veuve très joyeuse. Tatie nous raconterait sa vie par une sorte de contraction temporelle.

Et si c’est le cas, que voyons nous ? Une jeune fille découvre le sexe et les sentiments, puis se marie avec un raseur absent, fait avec lui un enfant qui tombe gravement malade au moment où elle se trouve bêtement amoureuse d’un Don Juan qui la jette, ce dont elle pense mourir, et décide ensuite de se venger sur cet homme pendant son veuvage. Se retrouvant seule à la campagne après ce meurtre par personne interposée, elle transfère son affection sur son seul parent, son neveu, mais celui-ci meurt dans un duel. Une histoire tragique et cruelle, mais très bien écrite. Les quatre personnages féminins ne seraient donc que les avatars d’une seule et même personne aux différentes étapes de sa vie.
Le roman se passe dans un château et à Paris, mais il pourrait aussi bien se passer dans un bourg du Bas-Berry. L’histoire est universelle, d’où son succès, dans le temps et dans l’espace.
Mais la tonalité générale est bien celle d’une sourde désespérance. On touche au drame de sa vie : elle n’a jamais été grand-mère, et elle tourne en rond dans sa vieillesse, cherchant un vain réconfort dans un passé amoureux, depuis longtemps révolu, et totalement ambivalent, car le désir de vengeance n’exclut pas l’amour chez les femmes.
La finalité du sexe reste quand même la transmission de la Vie (élémentaire, mon cher Watson).
De ce point de vue, ce roman résonne comme un cri de désespoir, l’affection ne trouvant nul objet où se reporter. Cette femme, seule survivante des siens, se retrouve confrontée à la solitude, à la stérilité, et au néant final, perspective glaçante, et recherche une explication à ce désastre : les mauvaises rencontres qui se transforment en liaisons dangereuses au fil du temps.

Faux scandale :
Ce livre possède une réputation sulfureuse, parce qu’il explique en substance que les hommes sont des salauds ou des niais, et les femmes des salopes, sauf quand elles sont amoureuses, et qu’alors elles souffrent.
Toutes choses que l’on savait déjà.
Cependant, hurlements dans les chaumières devant une telle description, car le tableau n’est que trop véridique, et qu’il ne devrait pas être mis sous les yeux des innocents. Après tout, cet ouvrage est seulement aussi cruel que du Maupassant, ce grand conteur Normand.

Une antidote au bovarysme :
Les liaisons dangereuses constituent l’antidote le plus puissant contre le bovarysme. Madame Bovary, c’est un roman-photo sans photo. Madame vit dans un rêve, et les huissiers finissent par débarquer. C’est logique, car la vie ne ressemble nullement à un roman-photo, même si on voudrait bien y croire.

Casanova et Don Juan :
Les Mémoires de Casanova sont contemporaines des Liaisons dangereuses et traitent aussi du thème de la séduction. Ces Mémoires sont un chef d’œuvre de la Littérature française et de la résilience. Maintes fois, Casanova retombe au bas de l’échelle sociale et se relève à chaque fois grâce aux femmes. Par contraste, Don Juan, le grand seigneur, est né et demeure en haut de la pyramide sociale. Du fait de cette position dans la hiérarchie de la société, il lui est facile de séduire des femmes de condition inférieure, sans grand mérite, là où Casanova ne peut compter que sur ses seuls talents personnels, à savoir sa bite et son couteau. Grâce à son fameux couteau, Casanova restera pour la postérité le seul homme à s’être jamais évadé de la terrible prison des Plombs de Venise. Le pauvre Casanova connait une mésaventure récurrente et peu glorieuse, qui n’apparait qu’en filigrane : quand ses affaires se portent mal, il utilise ses dernières économies pour se payer une pute, histoire de se réconforter. Malheureusement pour lui, la pute lui refile une maladie vénérienne, et il se retrouve encore plus enfoncé dans les SOUCIS.
Une des clés des Liaisons dangereuses se trouve dans ce constat : autant un lecteur masculin se projette facilement dans les Mémoires de Casanova, autant cela est impossible avec Les Liaisons dangereuses, qui décrivent pourtant le même thème de la séduction, dans la même société, au même moment historique.
Milos Forman, dans son film Valmont (1989), s’est approché de la vérité sans la deviner. Pour contourner l’ambivalence substantielle du roman, il s’est retrouvé obligé de tordre le personnage de Valmont, qui, de Don Juan, ou plutôt Gercourt, se transforme en un sympathique Casanova. Il ne pouvait d’ailleurs faire autrement. Car tout le roman ressasse la vieille complainte féminine : c’était un salaud, mais je l’avais dans la peau. Mais, logiquement, un salaud fait un mauvais héros de film(1), donc, adieu la recette !

Conclusion :
Comme ces Liaisons dangereuses pourraient bien avoir été écrites par une vieille femme désespérée, il faut terminer sur une note optimiste. Pour ce faire, il suffit de penser à l’épouse de Michel de Montaigne. Montaigne, héritier sensuel, diplomate raté, grand touriste, était le genre de zigoto qui vous explique que il n’y a point de Science, ce qui vous donne le niveau du penseur, personnage justement détesté par ce grand homme de Blaise Pascal, à qui il a inspiré cette belle pensée : le Moi est haïssable. Pendant que ce fameux fils à papa de Montaigne écrivait ses élucubrations dans sa tour, c’était Madame qui faisait tourner la boutique. Madame faisait cela très bien, et n’a pas perdu son temps à écrire un ouvrage d’économie domestique. Une grande dame !
Et dans la sinistre affaire du Mediator, c’est encore une dame qui a arrêté le massacre, alors que tous les hommes avaient capitulé. Et c’est un homme qui vous l’écrit.

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Note 1 :
Cette remarque s’applique également à des correspondances d’un sauteur de haies avec une conservatrice de musée. Cette mère célibataire aurait mieux fait d’y réfléchir à deux fois avant d’étaler des platitudes et de petits collages sur la place publique.

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Généalogie de la Science

Généalogie de la Science

Abrégé d’après des lectures des œuvres de René Thom et d’Henri Poincaré.

1/ Motivation :

Les effectifs des élèves en Sciences chutent dans la France du 21e siècle débutant, au contraire des effectifs à Science(?)-Pipo, école des ambitions médiocres, et dans les Écoles de Commerce, ces pièges à cons ruineux où on enseigne presque rien, et surtout pas le NÉGOCE qui s’apprend sur le tas.
En France, les jeunes avec des aptitudes aux Sciences ne sont pas suffisamment motivés par l’environnement, car les Sciences sont mal présentées au grand public et aux familles.
Il importe de redresser la barre, et de faire la promotion des études en Sciences auprès des jeunes qui en ont les aptitudes et pourraient s’égarer dans des fausses pistes, où ils perdraient leur temps, leur argent, leurs illusions et leurs talents.
Frédéric Nietzsche a écrit une Généalogie de la Morale. Aussi le Rabouilleur, s’inspirant de cet illustre prédécesseur et de la cartographie des savoirs dressée par René Thom, vous livre ici sa vision très personnelle de l’arbre généalogique de la Science.

2/ Spécificité des Sciences :

Il y a des activités qui ne changeront jamais, comme la politique, la prostitution ou la restauration, parce que les hommes ne changeront pas : ils auront toujours envie d’entendre des histoires, de se réconforter et de bien manger.
La Science présente cette différence que l’empilement des connaissances va changer le paysage. L’inexplicable d’hier peut devenir le trop connu de demain. Avec un bonus : la connaissance scientifique peut influer sur l’ordre des choses. Elle devient alors un guide de l’action, pour le meilleur et pour le pire.
Montaigne prétendait que la Science n’existe pas. C.Q.F.D : Montaigne était bel et bien un parfait touriste, un de ces gosses de riches à qui leurs parents passent tous leurs caprices dans leur jeunesse, en tous temps et en tous lieux, et qui utilisent l’argent de l’héritage à l’age adulte pour tenter de justifier leur narcissisme, sans succès autre que sur les gogos et nombrilistes des deux sexes, bien sûr.

3/ But du jeu :

Toute l’histoire des Sciences tendrait à prouver que le scientifique ne découvre pas ce qu’il cherchait. Cette constatation recèle une demi-vérité. Le scientifique s’apparente à Christophe Colomb : souvent avec l’argent d’un généreux donateur qui a joué pour voir et sans trop y croire, il cherche les Indes et atterrit aux Amériques.
Surprise ! surprise ! et charme de la découverte !
Le but ultime du jeu consiste bien en un dépassement, des connaissances acquises comme du monde connu.
La seule règle du jeu a été énoncée par Louis Pasteur, le chimiste français le plus célèbre avec Lavoisier :
Il n’y a pas de hasard pour un esprit préparé.

4/ Science et empirisme :

La Science est une branche particulière du savoir humain. Le savoir contient en résumé, d’une part, les bonnes recettes qui doivent marcher si certaines conditions sont réunies, et d’autre part, les mauvaises recettes qui doivent toujours rater. Le savoir ne parle pas du hasard et de la nécessité, il parle du contingent et de l’impossible.
Une recette qui marche sans que l’explication en soit connue s’appelle un empirisme. La pâtisserie et la médecine sont de parfaits exemples d’empirismes. C’est la raison pour laquelle les médecins justifient leurs pratiques avec des corrélations, soit des mesures du hasard. En conséquence, le médicament marche, sauf quand il ne marche pas. Il marche à 65.3 % ± 7.1 % d’après Big Pharma, et le médecin est CONTENT.
La Science diffère de l’empirisme en donnant une explication à une recette. L’explication s’appelle une théorie, et la recette une expérience scientifique. Une bonne explication permet de créer de nouvelles recettes. Si certaines de ces nouvelles recettes ratent, l’explication doit être retravaillée ou ses conditions d’application précisées.

5/ Spécificité des Mathématiques :

Les mathématiques ne sont pas une science en tant que telle. Ce serait plutôt le langage qui permet d’écrire certaines recettes, en suivant Galilée. Toutes les sciences n’ont pas besoin des mathématiques. Les débuts de la biologie avec Pasteur n’ont pas utilisé les mathématiques.
Il faut rassurer la jeunesse : on peut faire de l’excellente science sans être brillant en mathématiques. Par contre, sans un esprit curieux et logique, on ne peut rien faire dans ce domaine. Les mathématiques ont une double filiation : la comptabilité et l’arpentage. La comptabilité s’occupe des nombres et a donné l’algèbre, en plus de l’écriture, un gadget de fonctionnaires. L’arpentage s’occupe de figures et a donné la géométrie. Il y a croisement entre les deux branches : les problèmes de géométrie peuvent se résoudre par l’algèbre, et l’inverse est également vrai. Par exemple, la quadrature du cercle a demandé aux algébristes seulement 2.000 ans et quelques pour fournir aux géomètres la preuve de l’impossibilité de leur demande. No way ! Pas moyen ! Le nombre pi est transcendant, et il faudra faire avec !
Comme n’importe quel autre langage, les mathématiques ne sont ni vraies ni fausses. Elles servent à produire des propositions sur le Réel, propositions qui peuvent être fausses ou vraies, et plus souvent, vraies dans certaines conditions, appelées domaine de validité, et fausses en dehors de ce domaine.
Les Mathématiques possèdent de nombreuses branches, qu’il serait trop compliqué et fastidieux, voire inutile, d’énumérer ici. Elles sont comme un magasin, où chaque discipline achète le strict nécessaire. Elles reflètent le Cosmos, sans en faire partie intégrante. Elles peuvent fournir des cartes d’un territoire, utiles si elles sont à la bonne échelle. Il faut les maîtriser en connaissant leurs limitations. Il importe surtout de choisir le bon outil mathématique : la carte IGN s’impose pour une randonnée; elle ne sert à rien dans un avion volant à Mach 2,1.
Les mathématiciens professionnels connaissent des problèmes d’employabilité, car ils ne sont utilisables que dans les services secrets et l’enseignement, ce qui nourrit leur amertume foncière.
Les services secrets utilisent la majeure partie des mathématiciens pour chiffrer et déchiffrer des messages, fabriquer des bombes et prévoir l’avenir. Le mathématicien finit par en savoir trop et il va rencontrer des ennuis, comme Alan Turing ou Edward Snowden. En tant que parfait idéaliste, le mathématicien qui se lance en politique se condamne à dérailler totalement, sort commun à toutes et tous les profs de maths gauchistes.

6/ Le miracle grec : naissance de la Science

La Science est née en Grèce avec Aristote après une double scission. Dans un premier temps, les Grecs pré-socratiques ont cherché et trouvé des explications du Réel en dehors des mythes. C’est la première scission entre Religion et Philosophie. Ensuite Aristote a provoqué la scission entre Science et Philosophie, écrasant Platon, qui le méritait 100 fois, dans cette belle opération.
Pour cette raison, le scientifique sera toujours conduit à s’intéresser à la première Philosophie grecque en tant que Proto-Science. Les divagations ultérieures des disciples de Platon présentent peu d’intérêt, puisqu’elles ne sont que des justifications contestables et spécieuses au maintien d’un ordre social et économique basé sur la marchandise(1). L’histoire du philosophe post-socratique est d’une simplicité biblique : il va s’intéresser à la Morale et se faire enrôler par une FACTION comme donneur de leçons publiques. D’où des bagarres où sa faction peut prendre une déculottée !
Le philosophe se retrouve alors devant une alternative : s’exiler ou jouer les dé constructeurs.
S’il joue au déconstructeur, bien que peu doué pour les travaux pratiques, la construction tombe sur la tête du philosophe, ou sur celle de son successeur, et sur les disciples qui passaient par là. S’il part en exil à Neuchâtel, il peut méditer à loisir sur Gatsby le magnifique. Dans cette fable yankee, les pauvres meurent à cause des caprices de riches oisifs. Les riches font semblant de rien voir ni savoir, et partent en voyage. Le narrateur, dégoûté, retourne dans son VILLAGE(2). La vérité est très laide, l’art très réaliste, et la dialectique bien transcendée. Le lecteur sort démoralisé, mais instruit. C’est la vie.

7/ Les acquis de la Philosophie grecque :

Dans une vision très personnelle, les philosophes pré-socratiques ont utilisé deux outils qui ont provoqué le divorce entre les mythes et la rationalité, à savoir :
1/ le principe de causalité, qui évacue le mystère, le surnaturel et l’enchantement.
2/ l’intersubjectivité, qui permet de persuader autrui.

7.1/ Le principe de causalité :
Dans le Réel, le principe correspond à l’axiome en Mathématiques. Le principe est une affirmation gratuite et non démontrée qui n’a jamais été prise en défaut. Le principe n’est pas une Vérité expérimentale. C’est le contraire : personne n’a jamais trouvé dans le Réel un seul exemple qui contredise le principe. En conséquence, le Principe est GÉNÉRALEMENT accepté. Le Principe de causalité s’inspire de l’observation d’événements ou phénomènes naturels dans une succession temporelle, à savoir :
L’événement A survient, puis après un laps de temps, l’événement B apparaît.
L’événement B n’apparaît pas, si l’événement A n’est pas survenu auparavant.
A est appelé la cause, B est appelé l’effet. Les deux événements sont connectés entre eux par une relation de cause à effet. Si le Réel le permet, le scientifique va provoquer A dans une expérience et il doit observer B après un certain temps. Si cela se produit, le scientifique informe ses collègues de son expérience, et les collègues essaient de reproduire cette expérience, en suivant le même protocole expérimental. Voilà pour les généralités, qu’un cas concret illustrera mieux.

7.2/ Le mythe de la nymphe de la fontaine :
Les sources ont toujours inspiré les hommes. Les sources ont en général un débit erratique dans le temps et peuvent se tarir, ce qui crée des SOUCIS au Village comme Marcel Pagnol l’a décrit dans ses films. Dans les temps anciens, la source a été associée à une petite divinité appelée la nymphe qui gérait la source. La nymphe appartient au monde du mythe. Elle est courtisée dans des rites collectifs pour éviter son tarissement. Les gens du Village n’étant pas stupides, il s’en trouvera toujours un pour constater que le débit de la source correspond avec un décalage aux dernières pluies. Si après un orage, le débit de la source augmente, et si après une sécheresse la source se tarit, il devient assez simple d’en conclure que la source est alimentée par l’eau du ciel. La pluie est la cause, le débit de la source est l’effet. L’explication rationnelle repose sur cette relation de cause à effet. La mythe de la nymphe cesse d’être fondé. Cependant, l’explication rationnelle ne convaincra pas tout le Village, car la preuve est indirecte et non manifeste. Certains personnes refuseront aussi d’abandonner le merveilleux, et c’est leur droit, et cela ne changera rien au phénomène. Elles courent juste un risque accru de prévisions erronées. La question s’arrête là, et elles perdent ainsi le droit de venir se plaindre ultérieurement, ayant été informées de manière claire, nette et précise.
Mais il importe de garder les célébrations de cette nymphe, les rites collectifs constituant la meilleure thérapie de groupe et le prétexte à des réjouissances bienvenues. Le monde devient désenchanté, mais les hommes peuvent anticiper le tarissement de la source et remplir des citernes. Une bonne explication conduit à une action efficace. A contrario, la mauvaise explication conduit à une dépense d’énergie inutile, dans un travail stérile et souvent fatiguant. Cela relève du bon sens, mais il est souvent agréable de rappeler les fondamentaux.

7.3/ Limitations de la causalité :
La fontaine présente un cas très favorable et rare, car la relation de cause à effet est de l’ordre 1/1. L’effet provient d’une cause unique, et la cause ne produit pas d’autres effets.
On rencontre plus souvent des relations N/1, avec un effet résultant de N causes. On parle alors de l’arbre des causes, comme dans l’étude des accidents. Quand le nombre de causes indépendantes devient important, et qu’elles ont toutes la même influence sur l’effet, on aboutit à la célèbre courbe en cloche de Gauss.
On peut aussi rencontrer des relations 1/N avec une cause unique générant des effets multiples et parfois antagonistes, voire carrément délétères.
Les cas le plus difficiles à étudier sont les systèmes circulaires, où l’effet va interagir avec la cause qui l’a fait naitre, par un mécanisme de rétro-action.

7.4/ L’intersubjectivité :
Une fois la connaissance acquise, on peut éventuellement penser à la transmettre par un DISCOURS, verbal ou écrit, soit un exposé ou une démonstration, voire une publication, dans les cas les plus douloureux.
L’intersubjectivité est foncièrement ennuyeuse, et même très ennuyeuse avec les PARESSEUX et les BÉOTIENS. Elle sera d’autant plus facile que la théorie ou le protocole expérimental est simple. L’intersubjectivité constitue le gagne-pain des perroquets qui nichent et jacassent dans l’Académie, le perroquet étant une espèce grégaire et bruyante. L’homme de Science responsable utilisera à bon escient les perroquets, ou rienologues, pour rester tranquille dans les coulisses, et éviter ainsi les groupies narcissiques, amatrices de selfies, ou ego-portaits en bon français.

8/ Aristote et la fondation de la Logique.

Aristote a provoqué la scission entre Science et Philosophie en travaillant sur la théorie et l’observation.
Dans la théorie, il a fondé la Logique, notamment la Logique des propositions, toujours utilisée de nos jours comme dans les automates de la prétendue intelligence artificielle. Dans l’observation, il s’est livré à une vaste classification, travail long et fastidieux.
L’œuvre d’Aristote débouche sur un double constat : la théorie doit être validée par une ou plusieurs expériences probantes, et rien ne vaut l’observation pour inventer une nouvelle théorie. Bref, les théories trop générales sont presque toujours fausses, ou ne sont que des tautologies.
L’exemple parfait de la tautologie est la proposition suivante : soit le Monde existe, soit il n’existe pas. La proposition est toujours vraie, et on n’a pas avancé d’un iota. Mais certaines personnes en font des livres, et trouvent un travail de fonctionnaire à vie et des admiratrices grâce à ce genre de sornettes. Ainsi va la France.
Le principe fondamental de la Science s’appelle la non-contradiction, ou la cohérence interne. Une proposition scientifique doit être vraie ou fausse. Elle ne peut pas être simultanément vraie et fausse. Si on admet qu’une porte est ouverte ou fermée, alors la porte est soit ouverte, soit fermée. Elle ne peut pas avoir les 2 qualités simultanément. Une théorie scientifique ne doit pas contenir de propositions contradictoires entre elles. Par contre, deux théories portant sur le même domaine peuvent se contredire. C’est l’expérience qui devra démontrer qu’une des deux théories est fausse, ou même les deux. Le problème sera alors de trouver une expérience servant de preuve, et donc résistante à toutes les critiques.

9/ Les grandes lignes directrices de l’avancement des Sciences :

On peut retenir trois lignes directrices qui se retrouvent à toutes les époques
1/ La théorie et l’observation entretiennent un mouvement de va-et-vient.
Henri Poincaré a bien explicité les deux autres lignes :
2/ La Science progresse toujours du plus homogène vers le plus hétérogène.
3/ La Science, comme les Mathématiques, repose sur l’induction, passage du particulier au général.

La déduction, ou application d’une loi générale à un cas particulier, s’utilise surtout dans la critique pour réfuter des propositions, et démontrer leur fausseté. Elle ne permet pas en général de trouver de bonnes propositions, c-à-dire, à la fois vraies et fécondes.

9.1 / Dialogue du théoricien et de l’expérimentateur :

Les scientifiques occupent leurs loisirs à élaborer des instruments d’observation et des modèles, ou concepts théoriques, qui ne sont pas nécessairement mathématiques. Ainsi, il y a eu deux modèles historiques pour la Terre : une grande plaine entourée d’eau et une grosse boule. Ces deux modèles sont grossièrement erronés, puisque la Terre est en réalité un patatoïde, comme le cachent les scientifiques au grand public berné qui ignore ainsi que la Terre ressemble à un ellipsoïde aplati quand on la regarde de loin.
On trouve donc deux familles de scientifiques : les théoriciens qui réfléchissent et font des calculs ou des dessins, et les expérimentateurs qui imaginent et construisent des instruments qui coûtent de plus en plus chers.
Le travail du théoricien consiste à dire à l’expérimentateur ce qu’il doit chercher et où il doit chercher.
Le travail de l’expérimentateur consiste à prendre en défaut le théoricien en trouvant un résultat différent des calculs de ce dernier, sinon on n’avancerait pas dans la connaissance. Le théoricien peut essayer de se venger en démontrant que l’expérience est mal conçue. Quand l’expérimentateur et le théoricien tombent d’accord, ils n’en peuvent plus de joie, car cela signifie qu’ils ont fait une découverte. Ensuite, leurs collègues envieux vont leurs pourrir la vie et les rabaisser.

Le théoricien possède en général une bonne culture mathématique, sinon il s’agit d’un faux théoricien qui utilise en sous-main un copain mathématicien, comme Alexandre Dumas exploitait le pauvre Auguste Maquet, ou Willy exploitait Colette. Ces choses-là arrivent plus souvent qu’on ne le croit. Le théoricien peut tomber sur des calculs très compliqués et essayer d’utiliser un calculateur numérique pour faire ces calculs impossibles avec un papier et un crayon. Le calculateur coûte toujours très cher, car le théoricien exige le dernier modèle qui vient de sortir, pour une question de prestige social et d’intox des vendeurs. Le généreux mécène renâcle, mais il se verra opposer le caractère indispensable de la machine, véritable « Sésame ouvre-toi ». Comme le mécène n’y comprend rien, la scène tourne rapidement à la commedia dell’arte. Certains affabulateurs redoutables maîtrisent à fond cette technique, notamment parmi les climatologues ou parmi d’autres prophètes de l’Apocalypse.

9.2 / De l’homogène à l’hétérogène
L’histoire de la biologie animale prouve bien la progression de la connaissance humaine depuis les sujets d’études les plus simples vers les plus complexes. Les deux organes les plus homogènes sont le muscle et le foie : leurs physiologies ont été décrites et expliquées en premier. Les organes les plus hétérogènes de l’organisme d’un animal sont le cerveau et le gros intestin. Le cerveau contient plusieurs dizaines de types de cellules différentes, neurones et astrocytes, y compris des cellules-souches. L’intestin contient plusieurs centaines d’espèces de micro-organismes symbiotiques. L’étude du fonctionnement de l’intestin sera donc logiquement plus compliquée que celle du cerveau. Les chercheurs commencent seulement maintenant à comprendre le retentissement sur l’organisme d’une mauvaise flore intestinale. Les dernières recherches permettent également de tordre le cou à l’une des sottises préférées des suppôts d’Hippocrate : l’inutilité de l’appendice. Si l’évolution a maintenu l’appendice dans le corps humain, il est clair que ce morceau d’intestin apportait un plus, en tant que réceptacle de la flore intestinale.

10 / Les quatre étapes de la science

Les sciences reposent sur quatre étapes successives : observation, classification, induction, et expériences validant l’induction.

Par exception, l’astronomie, une des premières sciences, ne comporte que les deux premières étapes et peut servir de point de départ à la réflexion.
Les premiers hommes qui ont observé le ciel nocturne ont constaté quatre types de phénomènes : les phases de la Lune, les étoiles fixes, les planètes et certains monstres du ciel, qui ne rentraient dans aucune des catégories précédentes, tels que les étoiles filantes, les comètes ou les super-novæ.
Les phases de la Lune présentent une caractéristique intéressante : elles possèdent une propriété de répétition dans le temps à intervalle fixe. En effet, la périodicité de rotation de la Lune autour de la Terre étant de 27 jours et 7 heures, l’évolution du phénomène est donc facile à prévoir.
Les étoiles fixes présentent un mouvement de rotation immuable autour de l’étoile polaire dans l’hémisphère nord. Les étoiles constituent donc la règle.
Les planètes observables à l’œil nu, telles que Vénus, ou étoile du berger, ou Mars, la planète rouge, ont un comportement erratique au contraire des étoiles fixes : ce sont des exceptions à la règle. Ces exceptions sont peu nombreuses et leur observation a occupé des générations d’astronomes. Même si le mouvement de ces astres errants n’est pas régulier, il possède néanmoins une certaine propriété de stabilité, puisque les planètes restent localisées dans le plan de l’écliptique.
De temps à autre, dans le ciel nocturne, apparaissent des événements monstrueux, comme le transit d’une comète ou l’explosion d’une super-nova.
Ces phénomènes ne présentent aucune des qualités de régularité et de permanence des autres classes : ils ont donc toujours été interprétés comme des présages de catastrophes terrestres, ou alors mal compris. Ainsi, l’apparition transitoire d’une supernova à l’éclat aussi intense que notre soleil peut s’interpréter comme un arrêt de la course de notre étoile. En fait, le soleil se couche bel et bien comme chaque jour, mais il fait jour en pleine nuit, ce qui peut perturber tout observateur. Cependant, une observation des astronomes antiques valide cette thèse : le soleil aurait eu une déclinaison de 10 degrés par rapport au plan de l’écliptique. Dans ces conditions anormales, la datation historique de l’événement devient très précise par recoupement entre les archives astronomiques de différentes civilisations. Le reste de la justification est laissé comme exercice au scientifique amateur : jusqu’à quelle distance de la Terre peut se situer une supernova qui présente la même brillance apparente que le soleil ?

La démarche des astronomes illustre bien les deux premières phases de la démarche du scientifique : observation du Cosmos, et établissement d’une typologie, ou classification, qui comporte quatre catégories dans ce cas précis, la lune, la règle, quelques rares exceptions, et des monstres, encore plus rares et aléatoires.

L’établissement de toute classification repose sur la recherche d’invariants, surtout d’invariants pertinents, par exemple en biologie, la présence d’une colonne vertébrale, ou, en mécanique, l’énergie dans un mouvement sans frottement. La démarche du chercheur ne repose nullement sur un canevas hypothèse et déduction comme on peut le lire dans de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique. En effet, tout le problème consiste justement à trouver la bonne hypothèse. Cette bonne hypothèse ne sort pas du chapeau du magicien, mais du travail de classification.

On constate donc que la démarche scientifique ne cadre vraiment pas avec le postulat d’un monde des idées, préexistant à la réalité physique. L’idée de la colonne vertébrale ne préexiste pas, elle sort d’une observation méthodique du vivant.

Aristote supplante Platon, une fois de plus.

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Note 1 :
Les deux principaux contestataires, Tocqueville et Marx, ne sont ni des philosophes politiques, ni des prophètes, ni des penseurs économiques. Ces deux-là sont des artistes, et de mauvais artistes par dessus le marché. Ils peignent des fresques, mal composées, où manque l’essentiel, dans un style lourd et insupportable. Balzac a mieux compris les ressorts de la situation.

Note 2 :
Le film de Jean Renoir « La Règle du Jeu » reprend exactement le même thème, dans une tonalité encore plus sombre. Les spectateurs ont cassé les fauteuils devant un tel spectacle désespérant qui ne débouche sur aucune solution. Le réalisateur n’avait pas prévu l’échec de son œuvre. Encore un intello à la ramasse.
Il ne faut surtout pas montrer ce film aux enfants.

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L’ermite errant

L’ermite errant

LE roman berrichon par excellence de Janine Perdequouille

Même si elle reste une vraie femme, Janine Perdequouille est un type, celui de la scribouillarde régionaliste. Ni précieuse ridicule, ni femme savante, elle incarne à merveille la savante précieuse, femme forte d’une érudition sans égale dans les us et coutumes du Berry, d’antan et d’aujourd’hui.
Moderne George Sand, féministe d’avant-garde, elle s’est révoltée contre les injustices faites aux femmes dans notre société avec d’immortels ouvrages comme :

L’étang aux diablesses
Les maitres-glandeurs, une brillante dénonciation du machisme des endocrinologues.
François le champion.
La petite gisquette.
Les chemins de la justice retrouvée.
Le bucher des allumeuses.
Beaucoup de bruit pour presque rien.
et surtout L’ermite errant, espèce de Da Vinci Code au pays des birettes.
Le Docteur Faust
Un ancien pubard parisien d’Euro-RSCG, Frédéric Hébété, a mis assez d’argent de coté pour quitter les affaires à la cinquantaine, fortune faite, et rechercher enfin la joie de vivre et l’insouciance, loin des substances illicites, des plaisirs faciles, tarifés et frelatés, et des individus factices.

Tenté par le retrait du monde, il décide de se faire ermite. Après trois jours passés dans une caverne du Haut-Berry, au milieu des chauve-souris, il s’aperçoit qu’il ne supporte ni la solitude, ni l’absence de confort, ni les chauve-souris du plafond. L’exil intérieur lui plait, et la bonne cuisine aussi. Cherchant une synthèse entre ces deux aspirations contradictoires, le camping-car apparait comme la solution parfaite. Il pourra se protéger du monde dans sa coquille, et la coquille sera mobile : Eurêka !

Il devient ainsi l’Ermite Errant, un personnage de légende berrichonne, que Janine Perdequouille fait vivre sous sa plume alerte.

L’Ermite retrouve dans ses périples une romancière parisienne, venue se cacher en Berry après de multiples échecs professionnels, sentimentaux et esthétiques : Katherine Bankal, une éclopée de la vie. Elle a ouvert un gité rural, et soumet ses hôtes à la torture pour leur extorquer leurs histoires de vie. Mais le subterfuge échoue, car elle ne reçoit que des bobos, qui ont tous la même histoire à raconter : le déracinement dans une métropole.
L’Ermite croise aussi le chemin d’un sinistre charlatan, psychanalyste et cultivateur de champignons hallucinogènes, le professeur Lezout, un manipulateur qui s’inspire du Docteur Knock. Le Professeur Lezout gagne sa vie grâce à des cours de leadership à Sciences-Pipo, où il subjugue des petites bourgeoises prétentieuses.

L’Ermite Errant culbute Katherine Bankal qui aime les sensations fortes, puis s’en débarrasse en la présentant au professeur Lezout : ces deux-là découvrent qu’ils se complètent dans l’écriture d’histoires à dormir debout. Cependant,  le complot des blouses blanches, qui surveillait le professeur Lezout depuis longtemps, a décidé de faire le grand ménage …..

Éditions de la Debeurdinoire. Ourouer-les-Bourdelins (18350).
666 pages pour 19.99 euros

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1746

1746

Histoire de ma vie de G. Casanova (tome II chapitre VI)

Les désabuser, non, je réponds, car je ne me croyais pas assez fort pour y réussir. (..)
Ils ne m’auraient pas payé pour cela, et je n’avais aucune mission pour m’ériger en apôtre.
Pour ce qui regarde la résolution héroïque que j’aurais pu prendre de les laisser là d’abord que je les ai connus visionnaires; je répondrai que pour la prendre j’aurais eu besoin d’une morale faite pour un misanthrope, ennemi de l’homme, de la nature, de la politesse, et de soi-même.

casanova

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Prophétie

En janvier 2014, soit 3 ans d’ici, le Rabouilleur écrivait cet avertissement  :

Quant à Hollande, il aura moins de chance que Chirac : coincé entre l’enclume des lois de l’économie et le marteau des gauchistes fous, il en sortira aplati comme une crêpe.
Comme Chirac, il finira enfermé dans son bunker, enveloppé dans le mépris universel.
Et pacte, et choc, et boite à outils, et patati, et patata, et blablabla !

Alors, elle n’était pas belle et juste, cette prophétie ?
Dans sa grotesque fin de règne de 2017, la marionnette Hollande tente d’échapper à la malédiction en inaugurant des chrysanthèmes. Quant au choc de simplification, il s’agit maintenant d’une plaisanterie pour les fins de noces et banquets du Berry.

Aparté biologique :
Certains biologistes ont cru découvrir un nouveau concept : l’antifragilité.
Encore une fois, les naturalistes redécouvrent l’eau tiède. Ce concept est bien connu en automatique, aussi appelée cybernétique, depuis au moins un demi-siècle, et s’appelle tout bêtement : la ROBUSTESSE. René Thom appelait ce concept la stabilité structurelle, ou morphologique.
Schrödinger, reviens ! ils sont devenus flous !

Aparté psychanalytique :
Découverte ce jour du véritable journal de bord de Sigmund Freud, qui commence par le cas d’Emmanuel M., relaté ainsi par le Maitre :
Ce jeune gommeux banquier m’a raconté aujourd’hui sous hypnose une histoire invraisemblable. Après avoir tué son père spirituel, un certain François H., ce banquier aurait épousé sa mère spirituelle, une certaine Brigitte T.
Curieusement, cela ressemble à cette vieille légende grecque d’Oedipe.
Je me demande s’il n’y aurait pas matière à rédiger un bouquin sur ce sujet, de manière à attirer plus de clientèle, car mon cabinet n’est pas noir de monde en ce moment. Il faudra écrire vite ce bouquin, avant que cet ectoplasme d’Emmanuel M., la coqueluche des groupies bobos, explose en vol. Par certain coté, son couple avec Brigitte T., exemple de dink (double income no kids, ou double revenu sans enfants), représente un étendard de la décroissance, volontairement ou pas.

2017 : année du coq de feu

2017 :
année du coq de feu

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Économie : l’effet de levier

Cours de finance

Un ex-ministre des phynances de la République Française, ex-dirigeant du Faux-Monnayeur-International  (FMI), et ancien professeur d’économie en Faculté avait placé une grosse partie de son patrimoine personnel dans une société qui finit dans une banqueroute retentissante en novembre 2014.
Cet expert mondialement connu, tant en économie qu’en soubrettes soumises, reconverti depuis dans le conseil aux gouvernants, a déclaré à la presse que la mort subite de ses économies personnelles, ainsi que celle de son associé, provenaient d’un niveau de dette excessif de cette société où il avait investi son petit magot. La question qui vient alors à l’esprit est la suivante :
A quoi reconnait-on une dette excessive pour une entreprise ?

Pour tenter de répondre à cette question, il va falloir jouer au Décrypteur, dans le style de l’Immonde.
On va faire du fact-checking(1), Coco !
En plus, l’explication aura un petit coté instructif sur les mécanismes financiers. Pour un énarque banquier, comme Jean-Yves Haberer, l’artiste décadent du naufrage du Crédit Lyonnais, ou Emmanuel Micron, le mécano de chez Rothschild, l’exercice de haute voltige intellectuelle qui va suivre s’appelle de la mathématique financière. En réalité, cet exercice ne fait appel qu’aux 4 opérations de l’arithmétique (+, -, *, /) et aurait sa place dans une classe de 3e. Pour rassurer les allergiques au calcul, l’abominable règle de 3 n’est même pas utilisée.

Les données du problème :

Vous avez une idée d’entreprise que vous pensez rentable. Pour mettre sur pied cette entreprise, il faut 100.000 euros qui serviront à acheter du matériel, des stocks, et à faire crédit aux clients. Vous disposez de 100.000 euros d’économie qui vous permettent de lancer votre entreprise, et au bout d’un an d’existence, la société a fait un bénéfice de 10.000 euros, qui vous revient entièrement comme vous êtes le seul propriétaire.
La rentabilité de vos économies sur la période a donc été de (10.000/100.000) = 10%
Dans ce premier cas de figure, vous n’avez contracté aucune dette. Les 100.000 euros constituent le capital, appelé aussi fonds propres, un nom qui fait bondir tous les Rouges, puisque la Propriété c’est le Vol, et le Kapital, l’horreur absolue.

L’endettement et l’effet de levier :

Maintenant, on peut changer la situation : au lieu d’avoir 100.000 euros d’économie, vous n’en avez plus que 50.000. Vous trouvez un banquier qui vous prête les 50.000 restant au taux de 5% l’an, remboursable en totalité après 10 ans. Au bout d’un an, la société dégage toujours les 10.000 euros de bénéfice, mais cette fois vous devez rembourser au banquier les intérêts sur les 50.000 euros qu’il vous a prêtés. soit : 50.000 * 5/100 = 2.500 euros

Vous n’empocherez donc que 10.000 – 2.500 = 7.500.
Dans ce nouveau cas, la rentabilité de vos économies sur la période a donc été de (7.500/50.000) = 15%

Vous constatez donc que vos économies sont plus rentables, 15% au lieu de 10% précédemment. Comme on le voit, l’explication est basique : vous faites des dettes à 5% et l’argent de l’emprunt vous rapporte du 10%. L’augmentation de la rentabilité par l’utilisation de l’endettement s’appelle l’effet de levier. On peut pousser le raisonnement encore plus loin en ne mettant que 10.000 euros de ses économies et en empruntant les 90.000 euros à un banquier amateur, et la rentabilité sera encore plus élevée. Alors, quel est le bon mélange entre vos économies et vos dettes ? Aucune réponse n’est évidente, tant que vous n’avez pas évalué les inconvénients de la situation, inconvénients qui se manifestent quand la conjoncture se retourne et que vous allez découvrir l’effet de massue, le petit frère de l’effet de levier.

Le retournement et l’effet de massue :

Après une première année où les affaires ont été florissantes, la conjoncture se retourne dans la deuxième année, et votre entreprise termine cette deuxième année avec un bénéfice nul, soit 0(zéro) euro.

Dans le premier cas, où vous n’avez aucune dette, la rentabilité de vos économies est de 0/100.000 = 0% (la tête à Toto)

Dans le second cas, où vous avez emprunté la moitié du capital, vous devez toujours rembourser les 2.500 euros d’intérêts. La rentabilité de vos économies est de -2.500/50.000 = -5%. rentabilité négative.

Morale de l’histoire : quand la rentabilité du capital devient inférieur au taux de l’emprunt, vous êtes assez mal, encore plus mal que si vous n’aviez pas emprunté. Vous prenez un coup de massue et la dette vous enfonce. Même un banquier amateur, comme un inspecteur des phynances du niveau crapoteux d’Alain-la-Science, sait détecter ces situations. La banquier va alors prendre peur, et quand un banquier a peur, il a pour habitude de serrer le kiki de son client, ce qui rajoute à la confusion ambiante.

En conclusion, le bon niveau d’endettement d’un entrepreneur correspond au niveau qui permet à l’entrepreneur d’envoyer le banquier chez les Grecs, ces bons clients des banques, quand les choses ne se passent pas comme prévues. Vous conviendrez qu’il est donc difficile de donner une valeur chiffrée. En tout cas, quand la rentabilité de l’entreprise est nulle, ou pire, négative à cause d’investissements désastreux, n’importe quel niveau de dettes est excessif. Voilà du fact-checking !

Après ces petits calculs élémentaires d’un praticien, l’apport des théoriciens nous conduit à une généralisation féconde. Les grands cerveaux des fonctionnaires de l’EHESS ont étudié l’effet de levier, aboutissant à la formule fondamentale, dite inégalité de Micketty :

r > i

où r désigne la rentabilité et i le taux d’intérêt.
Le lecteur de gauche s’indignera à juste titre : il y a des inégalités économiques. Que fait le gouvernement ?
Ensuite, une étude historique de ces chercheurs en Sciences Sociales sur 4 siècles, résumée dans un opuscule de 500 pages, a permis de démontrer que :
1/quand r > i, l’entreprise est une bonne affaire.
2/les bonnes affaires ne courent pas les rues.
3/les bonnes affaires ne sont presque jamais (au sens de la mesure de Lebesgue) à vendre.

Heureux contribuables(2), soyez contents ! Avec l’EHESS, vos impôts permettent à la connaissance économique de progresser ! Vive le Progrès !
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Note 1 : désolé pour l’anglicisme qui se traduit par vérification des faits.
Note 2 : décalqué de Tex Avery : happy taxpayer

le guépard

Le guépard de Visconti

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Sortie de route aux Hunaudières

Un homme politique de premier plan a pour programme de supprimer un demi-million d’emplois publics, dans le but louable de redresser les finances publiques de la Nation française, bien mal équilibrées.

Grâce à ces mêmes finances publiques, ce brave homme a réussi a créer 3 emplois, l’un pour son épouse bien méritante, et pour deux de ses héritiers, postes à temps partiel pour leurs mettre le pied à l’étrier.

Cet homme politique a aussi commis un livre programme : Faire

Faire comme je dis et pas comme je fais.

Ni la loi, ni la morale ne sont bafouées dans cette petite histoire, juste la logique, ce qui est encore plus grave.

Cet homme ne possède absolument pas la qualité principale d’Ulysse, l’époux de Pénélope :
la métis en grec, ou débrouillardise en français.

Le loup

Le loup

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Probabilités

Probabilités

1/La roulette russe :
Dans le barillet du revolver, il y a une seule balle dans un des 6 emplacements.
Probabilité de mourir : 1/6.

2/La roulette belge :
Il y a 6 balles dans les 6 emplacements.
Probabilité de mourir : 6/6.

3/La roulette suisse
Un actuaire de Zurich, calcula ces probabilités pour son employeur, une grande compagnie helvétique d’assurances.
Il les trouva bien trop élevées, et a inventé la roulette suisse.
Dans la roulette suisse, il y a zéro balle dans le barillet.

C’est donc un jeu très sain, mais aussi très ennuyeux, car il ne se passe jamais rien, comme toujours en Suisse.

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Vœux 2017

Adam

Adam par Michel-Ange à la Chapelle Sixtine

Meilleurs vœux pour l’année 2017 à tous les lecteurs du Rabouilleur

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Détoxification

Régime Anti-Dukon

Après le réveillon de Noël, ses victuailles et ses beuveries, votre organisme a besoin d’une bonne cure de detox. Voici donc une petite recette de soupe de coquillages, simple et économique, qui purifiera votre organisme, tout en lui apportant de précieux oligo-éléments marins.

Soupe aux amandes de mer, façon Rabouilleur

Temps de cuisson : 30 minutes
Ingrédients :
– 18 amandes de mer (soit environ 0.950 kg à 3 euros/kg)
– 1 oignon
– huile d’olive : 4 cuillerées à soupe
– 300 g de pommes de terre
– 200 g de sauce tomate à la provençale
– crème fraiche

Préparation de la recette :

Bien laver les coquillages et les mettre dans une grande casserole avec un peu d’eau.
Amener l’eau à ébullition et laisser bouillir jusqu’à ce que les coquillages s’ouvrent d’eux-mêmes. Les sortir et garder l’eau.
Enlever les amandes de leur coquille. Ôter l’enveloppe, sorte de peau dure (qui s’enlève facilement) et garder le cœur plus tendre. Conserver les 2 séparément.
Dans l’huile d’olive, cuire l’oignon jusqu’à ce qu’il devienne transparent.
Pendant ce temps, couper les pommes de terre en petits cubes et hacher menu la peau dure des amandes (au mixer, de préférence).
Les ajouter aux oignons et mettre le tout dans l’eau qui a servi a la cuisson des coquillages. L’eau doit couvrir les ingrédients à hauteur de 2cm.
Faire cuire pendant 5 minutes à feu moyen. Pendant ce temps, couper les parties tendres des amandes en 2 pour obtenir des petits dés.
Les ajouter et faire cuire encore 5 minutes. En dernier lieu, introduire la sauce tomate.
Laisser mijoter la soupe pendant 10 minutes en ajoutant de l’eau si nécessaire pour obtenir 75 cl environ de liquide.
Au moment de servir, poivrer et ajouter de la crème fraiche pour rendre la soupe plus onctueuse et permettre l’absorption des vitamines liposolubles par votre organisme.

Cette recette est une dérivée (spin-off) de la Clam Chowder etazunienne, dans une version plus économique et sans graisse animale cuite, donc bien plus digeste.

C’est le privilège des Grands-Maitres de bonifier les vieux classiques culinaires.
Quant aux Petits-Maitres, ils peuvent juste être corrigés, dans un marivaudage, digne du siècle des Lumières, mais pas du Grand Siècle, siècle de Vatel.

Le Rabouilleur :
Un blog absolument pas déjanté que personne ne lit, mais que tout le monde recopie.

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