En Noir et Blanc

Petits stratagèmes amoureux

1/ Version mâle :
Le blouson noir et le chevalier blanc

Gisquette, une petite jeune fille, regagne seule son logis après une soirée bien arrosée chez sa copine Aurore, analphabète, nymphomane et shampouineuse au salon de coiffure Ouhest-Lebec de Vierzon.
Marchant d’un pas mal assuré dans les rues désertes de Mehun-sur-Yèvre (Cher), elle se sent observée. En se retournant, elle constate qu’elle est suivie par un blouson noir. Gisquette accélère sa marche, car son logis, situé au 666, impasse Homais-Manceau, est encore à 463 mètres, soit un quart de mile marin.

Le blouson noir rattrape Gisquette, et commence à l’agresser physiquement.
Surgit alors un chevalier blanc qui met en fuite le blouson noir, après une courte lutte au corps à corps.
Gisquette tombe naturellement amoureuse de ce chevalier blanc, si courageux et valeureux. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, dont l’un au moins fut l’héritier de Maitre Frédéric Faust, le génial biologiste du bourg.
Toute cette histoire édifiante fut relatée dans la rubrique Faits Divers et Glauques du Berry Républicain par un certain Rémi B., obscur et provocateur plumitif vierzonnais.

En réalité, le blouson noir et le chevalier blanc sont deux vieux copains qui ont
joué à Gisquette une saynète, vieille comme le monde.

2/ Version femelle :
La Reine de la Nuit et la Bonne Fée

Gilgamesh, celui qui a tout vu

Gilgamesh, celui qui a tout vu

Ishtar, Reine de la Nuit, entraine Gilgamesh dans un tourbillon de sexe, à l’insu de son plein gré, lui fait un enfant dans le dos, puis le jette comme un vulgaire tampon menstruel, espérant ainsi le voir tomber dans le trou du dépit amoureux.

Gilgamesh, qui n’est pas né de la dernière pluie, fait mine de tomber au fond du piège, car il a compris qu’il subissait la première phase du protocole : la désorientation. Mais Gilgamesh perd difficilement le Nord, grâce à sa boussole innée, et aussi grâce à sa connaissance du mouvement diurne du soleil.

Alors, apparait dans le paysage Sophie, la Bonne Fée, qui lui tient ce discours :
Pauvre Gilgamesh, tu me sembles bien mal en point.
Grâce au pouvoir de ma baguette magique, je peux te faire sortir du gouffre, à la condition que tu deviennes mon nouveau petit toutou. J’ai déjà dressé Bourino, mon fier destrier, avec la méthode Alexander, bien connue d’Aristote, alors j’arriverai bien à dresser un simple clébard dans ton genre (gender en anglais).

Réponse de Gilgamesh :
Bonne fée, je te remercie de ton offre, mais j’ai bien capté que la Reine de la Nuit est ta vieille copine et que vous me jouez une vilaine bouffonnerie. En effet, tous les samedis soirs de pleine lune, vous allez ensemble danser à La Tanière des Couguars, pour croquer de jeunes minets. Donc tu tentes de me faire subir la deuxième phase du protocole : l’humiliation.
En conséquence, tu n’as qu’à te carrer ta baguette magique dans le fion, pour ton plus grand plaisir, et me laisser tranquille, car je vais sortir du trou par mes propres moyens. Comme je perçois un grand vide dans ton existence, tu peux toujours assister à ce spectacle, qui est gratuit.

Ulcérée par la réponse de Gilgamesh, la Bonne Fée ne s’avoue pas vaincue :
Misérable Gilgamesh, tu ne connais pas toute l’étendue de mes pouvoirs. Outre ma baguette magique, je possède un double doctorat en Filozofie et Droit Public. Puisque tu résistes, je vais donc t’assommer avec un exposé sur la Filozofie du Droit Naturel. Aucun mâle de mon entourage n’a résisté à cette épreuve humiliante !

Mais Gilgamesh, qui a été vacciné dès son plus âge par son maitre Rabelais contre le juridisme et la filozofie, n’est nullement ému par les menaces de la Bonne Fée :
Rassure-toi ! je ne lacherai pas prise, comme une quelconque lectrice des pages psycho d’un magazine pour pétasses, car j’ai passé par des épreuves bien plus difficiles ! Et d’ailleurs, la Filozofie du Droit Naturel, je la connais mieux que toi, grâce à La Fontaine : la raison du plus fort est toujours la meilleure.
Subjuguée par tant de sagesse, la Bonne Fée demanda Gilgamesh en mariage, qui accepta à contre cœur, car il souffrait trop de l’isolement, et comme l’a dit Aristote : l’homme est un animal social. Ils se marièrent, ne furent pas heureux ensemble mais eurent de nombreux enfants.

Conclusion :
Marion pleure, Marion crie, Marion veut qu’on la marie.
Toutes ces histoires de maudites femelles puent tellement, qu’elles finissent par piquer les yeux.

Mise à jour : le 21 mai 2018
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Lancement d'Ariane 5, le 17 novembre 2016

Lancement réussi VA 233 d’Ariane 5 , le 17 novembre 2016 à Kourou.

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Astrologie

Fumisteries de l’astrologue RTL pour le vendredi 1er avril, jour des blagues.

Christine Haas, astrologue certainement normande, puisqu’elle explique qu’une porte devrait s’ouvrir grâce au bon aspect de Vénus, si toutefois elle ne se bloque en position fermée, du fait du mauvais placement de Mars, à moins que Jupiter ne dégrippe la serrure, ce qui peut advenir par une conjonction favorable avec Mercure : triomphe de la tautologie.

En résumé : demain est un autre jour.

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8 nuances de psychologie

8 nuances de psychologie

Géométrie appliquée aux romans pour poulettes

Les romans pour poulettes s’appellent en anglais la chick literature. Il s’agit d’une littérature écrite spécifiquement à destination d’un public femelle.
Bonjour le sexisme ! mais bonjour aussi les droits d’auteur.e ! comme pour la Britannique E.L. James qui a ramassé une fortune avec 50 nuances de grey.
Avec plus de 150 millions d’exemplaires vendus en plus de 50 langues, E.L. James est classée parmi les records de ventes littéraires mondiales, et ses ouvrages ont été adaptés dans des films.

Nous sommes donc devant un phénomène mondialisé qui transcende les cultures nationales.
En bon scientifique disposant d’un peu de temps libre, le Rabouilleur s’est ainsi intéressé à ce phénomène planétaire pour voir s’il était possible d’en extraire la substantifique moelle. Merci qui ? Merci Rabelais ! Un vil suppôt d’Hippocrate voulut connaitre en avance de phase les conclusions du Rabouilleur dans cette étude psychologique. Il fut bien déçu dans ses petites manigances et provocations puériles : motus et bouche cousue !

En condensé, la recette de 50 nuances de grey consiste en un très vieux conte de fée pimenté d’un peu de panpan-cucul con-temporain et de lâcher-prise, histoire d’émoustiller la mère de famille trentenaire, qui n’en peut plus de son mari et de ses loupiots. Nous voyons juste un recyclage du conte de fée archi-classique : Cendrillon et le Prince charmant. Au début du 21e siècle le Prince charmant est un milliardaire, beau brun ténébreux et, chose positivement incroyable, libre, pendant que Cendrillon exerce un bullshit job dans une métropole etatzunienne. Le Prince charmant possède donc trois qualités : il est simultanément beau, riche et libre.

Raisonnement scientifique par quantification de ces trois qualités qui sont indépendantes !
Nous aboutissons à un domaine cubique en trois dimensions qui représente l’imaginaire féminin.
Les huit sommets de ce domaine cubique sont les stéréotypes de l’imaginaire féminin.
Le Rabouilleur propose les dénominations suivantes pour ces huit stéréotypes

Ni beau, ni riche, ni libre : le Tue-l’amour
Ni beau, ni riche, et libre : le Crapaud
Ni beau, ni libre et riche : Aristote Onassis, célèbre armateur grec.
Ni beau, libre et riche : le Prince de Galles
Beau, ni libre, ni riche : Ken, l’esclave de la poupée Barbie
Beau, ni libre, et riche : le Roi de Cœur
Beau, libre, ni riche : le Gigolo
Beau, libre, et riche : le Prince charmant

Si vous n’avez pas compris le raisonnement géométrique implicite, tant pis pour vous !
Grace à cette représentation tri-dimensionnelle, nous obtenons facilement la décomposition canonique du Prince charmant, à savoir :
Prince charmant = Onassis (riche) + Ken (beau) + Crapaud (libre)

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Opération Dictionnaire

Opération Dictionnaire
Gérard de Villiers  ( 200 millions de livres vendus)
Éditions Gérard de Villiers – Asnières sur Seine.

Recension :
On ne présente plus Son Altesse Sérénissime (SAS) Malko Linge, authentique prince autrichien, intérimaire à la CIA pour restaurer le château de ses ancêtres qui tombe en ruines. Les services secrets américains espionnent la nébuleuse de l’Alliance Collectiviste, plus connue sous le nom d’Al-Coll, une organisation terroriste qui menace l’Occident Libéral.  L’Al-Coll est un fléau, on ne le répétera jamais assez !

La NSA a détecté sur Facebook une activité suspecte dans les zones tribales du Haut-Berry. Les affiliés locaux d’Al-Coll, les Lahikars vont lancer l’Opération Dictionnaire pour intoxiquer toute la jeunesse européenne avec de la propagande communiste, dans la grande tradition de Gramsci et d’Orwell. Pour faire échouer ce complot communiste, Malko est expédié en urgence absolue dans la haute vallée de l’Yèvre, véritable mosaïque de tribus : en plus de l’ethnie majoritaire, les Berriauds, il y a les Écossais qui tiennent le Pays-Fort, les Fils des Vikings installés sur le piton de Sancerre, et des Hmongs dans le Verger-Foretin. Sur place, SAS constate que les barbus locaux s’appuient sur deux milices fortement armées : les Gardiens de la Laïcité et la Brigade féminine des Excitées-Sans-Frontières, les plus fanatiques de tous. Grâce à deux chefs Hmongs, Loc Dû et Loc Theu, Malko parviendra à échapper aux miliciens et miliciennes tarés et à faire échouer l’Opération Dictionnaire. Une fois de plus, la liberté de l’Occident est sauvée d’extrême justesse.

Pour les adultes, il y a bien sûr des épisodes scabreux. D’abord une baignade érotique avec une prof de biologie totalement sadique , ensuite Malko joue au docteur Lacan avec une psychiatre bien plus déglinguée que ses patients, puis SAS neutralise allègrement Aurora, une alcoolique à gros seins, femme fontaine, cyber-fliquette, et néanmoins vilaine grand-mère, en plus d’être fonctionnaire retraitée : ambiance torride !

Du sexe, de l’exotique, du libéral : que du bonheur ! A consommer sans modération !

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La véritable LOGIQUE des sites de rencontres

La véritable LOGIQUE des sites de rencontres

Un site internet de rencontres est une entreprise commerciale, pas une association philanthropique.
Le marché de cette entreprise à but purement lucratif est le marché de la solitude. Comme tout marchand avisé, cette entreprise cherchera à fidéliser ses clients, donc à les maintenir dans une solitude affective soigneusement orchestrée par des moyens bien camouflés. Son seul objectif consiste à maximiser le revenu tiré de chaque client, mâle ou femelle.
Pour ce faire, chaque client doit rester abonné le plus longtemps possible, et donc ne doit pas trouver de partenaire stable.
Sinon il se désabonnerait du site.
L’objectif du client du site Internet est diamétralement opposé : trouver la bonne personne en un minimum de temps. Par bonne personne, il faut comprendre : caractère et age compatibles, non marié et proche géographiquement.

Après six mois d’expériences sur un site très populaire en France, le Rabouilleur, pas très affuté sur ce coup, a enfin compris le fonctionnement de ces sites de rencontre, et il a pu constater que son retour d’expérience était identique à celui d’une de ses cousines :
Les profils qui sont visibles et proposés ne correspondent pas aux critères de la demanderesse, par exemple le mâle proposé est beau et proche mais il est MARIE, ou alors il est beau et libre, mais à plus de deux heures de route, et les deux tourtereaux ne peuvent pas déménager.

Il faut savoir qu’un site de rencontres sur Internet se construit en utilisant deux types de professionnels : des informaticiens pour élaborer des algorithmes de recherches et des psychologues-manipulatrices pour donner les paramètres de ces algorithmes.
Comme chaque abonné répond à un questionnaire approfondi, le profilage psychologique s’apparente à un jeu d’enfant.
Il devient donc élémentaire, mon cher Watson, de proposer aux clients des profils qui ne leurs conviennent pas : fumeur avec non-fumeuse, monogame avec polygame, femme libérée avec homme psycho-rigide, croyant avec athée, intellectuelle avec bricoleur, matérialiste avec idéaliste, empoisonneuse avec guérisseur, chasseur avec écologiste, Cancer avec Capricorne, femme vénale avec homme fauché, couguar avec retraité, etc, etc … Et si cela ne suffit pas, vous présenterez un Basque à une Alsacienne, ou un Niçois à une Brestoise, ou encore un Ch’timi à une Catalane.

Si, par hasard, le malheureux abonné trouve une personne avec qui l’adéquation est optimale, alors il ne peut pas dialoguer avec cette personne.
Le cas est arrivé à de multiples reprises au Rabouilleur : une personne flashe sur lui, il flashe sur elle, et les messages ne parviennent pas au destinataire. Tous les messages finissent dans la poubelle du Cyber-Espace, mais pour ne pas désespérer le client le programme affiche message reçu. Quelle preuve avez vous que le message a bien été envoyé ? AUCUNE. Il existe une variante du scenario : vous recevez un message d’une charmante personne en parfaite adéquation, mais le profil apparait comme  supprimé par la police du site, la très efficace Webstapo.

Comme le Système est totalement vérolé, la première chose à faire pour avancer consiste en une prise de conscience du phénomène, la seconde, d’élaborer des stratégies de contournement, ce qui nécessite d’éviter le profilage, donc les traquenards de vérification, du type Badge, ou autres brevets foireux de gentilhomme.

La prise de conscience vous permettra d’éviter la dévalorisation et le désespoir. Pour vous consoler, le Rabouilleur, dans un élan inouï de bienveillance, cette tarte à la crème des magazines pour pétasses, vous livre une anecdote authentique qui doit vous permettre de remettre les choses en perspective.

Avant les sites Internet de rencontre, dans la préhistoire du Cyber-Espace, existait le Minitel, et surtout les messageries coquines, plus connues sous le nom de Minitel rose.

Un collègue du Rabouilleur fournissait en matériel informatique une de ces messageries lubriques, où des mâles pleins de sève cherchaient un exutoire à leurs désordres hormonaux. Ce collègue instruisit le jeune Rabouilleur, alors aussi niais que le pauvre Danceny des Liaisons dangereuses, de la cruelle réalité. Au siège de cette messagerie rose, il y avait un plateau de travail rempli de grands-mères devant des écrans, payées pour envoyer des obscénités à leurs correspondants qui se faisaient facturer très cher la communication. Et les grands-mères, avec leur très longue expérience de la vie, en connaissaient des vertes et des pas mûres. A l’autre bout, Christian pensait dialoguer avec Cindy, malheureuse Brestoise en chaleur et esseulée, à la jeunesse perverse, et exilée à Paris à cause d’un concours administratif absurde, alors qu’il discutait avec Fernande qui complétait sa maigre retraite, tout en tricotant des mitaines pour Dylan, son petit-fils adoré. La apparences sont trompeuses ! Et surtout, méfiez-vous des grands-mères ! Derrière sa façade bonasse, la grand-mère est une créature illogique qui ne sait qu’appliquer de vieilles recettes. Hélas ! pour progresser dans ce monde de requins, de hyènes et de chacals, il convient d’innover, et donc de trouver de nouvelles recettes. Si, par chance, ou par labeur, vous découvrez une nouvelle recette, alors la grand-mère vous empoisonnera l’existence pour connaitre vos secrets de fabrication, répliquant ainsi l’histoire d’Isis avec Ra, ou celle de Merlin l’Enchanteur avec la fée Viviane.  C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Une fois que vous avez saisi tous les défauts de votre grand-mère, il faut se rendre à l’évidence : cette personne vous veut du bien, mais elle ne connait absolument pas l’art et la manière d’y parvenir, par un manque patent de simplicité dans sa démarche oblique. Est-ce vraiment important ? En fait, non, car cette  grand-mère qui vous pompe l’air (toxique)  ne fait que ressasser le passé, alors que vous incarnez l’avenir.

Et l’avenir n’est pas radieux pour les grands-mères. En effet, avec les avancées de l’intelligence artificielle, les messageries lubriques sur Internet ont licencié les grands-mères pour les remplacer par des robots, les infâmes chatbots.
Où est le progrès ? Nulle part ! vous discutez avec des simulacres, comme un pauvre hère, enfermé dans la Caverne de Platon, le perroquet de Socrate.

On retrouve ainsi dans cette étude de cas le triptyque de la démarche scientifique : observation, réflexion, action.
La réflexion consiste à extraire de l’INFORMATION d’une ensemble de faits, ou à découvrir un ORDRE caché derrière une réalité apparemment absurde.
La thermodynamique nous enseigne que pour mettre de l’ORDRE dans le Chaos, il faut fournir de l’Énergie, et nous en trouvons ici une nouvelle vérification expérimentale.

Voici l’homme ! Ecce homo ! Il passe du cas très particulier d’un site Internet véreux au cadre général de l’ordre du Cosmos, et gratuitement en plus.

 

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Découverte de l’ADN

ADN_animation

La double hélice

 

Biochimie
Histoire de la découverte de l’ADN

Dans la formidable épopée/saga de la Science, ce minuscule particularisme intellectuel de la Culture occidentale, culture justement décriée car éternellement coupable pour ne pas avoir inventé le tam-tam, le thé à la menthe et la poudre noire, figure un événement marquant : la découverte du support principal de l’hérédité, l’acide désoxyribonucléique, soit en langage texto, l’ADN.

Une petite visite historique de la découverte de la structure de l’ADN ne manque pas de saveur ni de piquant. Sans rentrer dans des détails longs et compliqués, les biologistes, relayés ensuite par les biochimistes du début du 20e siècle, ont concentré leurs recherches sur l’hérédité en étudiant le composant principal du noyau des cellules, ces briques de base de la vie : les chromosomes.

Les chromosomes contenus dans le noyau d’une cellule sont visibles au microscope, moyennant une coloration adéquate, d’où leur nom (chroma = la couleur en grec). Restait à essayer de connaître exactement leur structure chimique.

Les biochimistes ont obtenu, par divers moyens techniques nécessitant la destruction de ces chromosomes, leur composition chimique qui consiste en un sucre (le désoxyribose), du phosphate, et 4 bases aminés adénine, cytosine, guanine et thymine, soit en langage texto (A,C,G,T). Mais la connaissance des composants d’une structure complexe ne donne pas nécessairement la connaissance de la structure complète. En langage imagé, ou métaphorique, même si vous avez tous les éléments d’un meuble Ikea, sans le plan, vous ne pourrez pas assembler le meuble.

La découverte de la structure de l’ADN revient à deux scientifiques anglo-saxons : Francis Crick et James Watson.
Francis Crick était un physicien de formation, débutant sa carrière dans l’étude des sonars. James Watson n’a strictement rien à voir avec l’archétype du suppôt d’Hippocrate imbécile et si répandu, faire-valoir de Sherlock Holmes, puisqu’il était ornithologue au départ.

Watson et Crick, qui n’étaient chimistes, ni l’un, ni l’autre, avaient réalisé dans leur laboratoire une maquette de l’ADN en 3 dimensions avec des fils de fer et du carton. Mais cette maquette ne donnait pas satisfaction, car Maman refusait de s’emboiter avec Papa dans une liaison (hydrogène), ce qui est totalement rédhibitoire dans la Science, comme dans la vie courante.

Nos deux larrons stagnaient lamentablement dans leur recherches, quand un copain chimiste qui passait par hasard dans les parages vint engager avec eux une de ces conversations qui maintiennent les bonnes relations.
Dans la discussion, ce chimiste leur expliqua que le livre de chimie où ils avaient recopié les structures des bases aminées était erroné pour la guanine, et il leur donna la géométrie exacte de cette base aminée.
Alors, miracle ! avec la bonne géométrie, le modèle devenait parfait. Avec un petit prix Nobel 1962 dans la foulée.

Moralité :
1/Il y a beaucoup d’erreurs dans les livres.
2/Il faut toujours discuter avec les vieux potes qui passent dans votre labo.
3/Les calculateurs numériques n’ont servi à rien dans cette découverte fondamentale.
4/Quoique jacassent les féministes, cette percée scientifique est l’œuvre de deux mâles, car les femelles, ne disposent pas de la faculté créatrice, sauf dans la reproduction (voir la vieille légende de Ra versus Isis)

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Les liaisons dangereuses

Dans les airs

Dans les airs

Les liaisons dangereuses

La Vie en Rose-Monde

Analyse littéraire du roman « Les liaisons dangereuses »

Ce soir, mardi 17 mars 2015, la stupide boite à images diffuse l’excellent film de Stephen Frears « les liaisons dangereuses », tiré du roman éponyme de Choderlos de Laclos. (distribution de rêve : John Malkovich, Michelle Pfeiffer, Glenn Close, Keanu Reeves, Uma Thurman, etc ..)
Comme Laclos était un artilleur, comme Buonaparte, Ferdinand Foch, Sully (grand maistre de l’Artillerie), et le Rabouilleur, il ne sera pas ici l’objet d’un tir de contre-batterie.
Cependant, comme les autres œuvres de Laclos n’ont pas particulièrement brillé par leur éclat, et que cette œuvre littéraire découvre les profondeurs du psychisme féminin torturé et intrinsèquement contradictoire avec beaucoup de justesse, la seule conclusion logique qui s’impose au Rabouilleur est la suivante :
Dans ce chef d’œuvre littéraire, Laclos n’a été qu’un prête-nom, et le véritable auteur était une femelle, une belle et grande salope, qui avait bien vécu, et donc tout compris à la vie.

Les sots, ou les esprits forts, ce qui revient au même, prennent ce roman épistolaire pour un chef d’œuvre de l’immoralité. C’est précisément l’opposé. Un libertin se prend les pieds dans le tapis de ses désirs et passe à côté de l’amour de sa vie par pure vanité. Cet idiot en meurt.
Une histoire totalement morale, mais les crétins, comme Vadim, n’y ont vu que du feu.

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Tentative de justification de l’hypothèse d’un auteur féminin :

A/ Le roman psychologique :
Depuis Madame de La Fayette jusqu’à Françoise Sagan, en passant par Jane Austeen et Barbara Cartland, le roman psychologique constitue la spécialité féminine par excellence. Écrit par des femmes et lu par des femmes. A la longue, cette petite musique donne mal au cœur, et le Rabouilleur en éprouve la nausée. Il va donc s’employer à faire passer ce petit malaise.

B/ Le genre des Liaisons dangereuses :
C’est un roman par lettres qui racontent des subterfuges, des manipulations, des manigances, quelques coucheries, et surtout beaucoup de bavardages, verbaux et écrits. En gros, toutes les scènes se passent dans un gynécée, ou plutôt une volière où trois générations de bonnes femmes jacassent. Arrivent dans la volière deux mâles, un Don Juan de sous-préfecture doré sur tranche et un jeune niais désargenté. Il advient ce qui se passe en pareil cas : du sexe, et plus si affinités. A la fin, le niais embroche Don Juan, mais hors champ, pour ne pas choquer les lecteurs, ou trop exciter ces dames. Tous les personnages finissent mal, sauf une vieille tante. Il n’y a strictement aucune action dans ce roman, qui n’a rien de bien viril, en dehors du plan sexuel. C’est donc un exemple abouti de roman psychologique.

C/ Personnalité de Laclos :
Laclos exerçait le métier d’officier d’artillerie, puis de professeur et d’ingénieur. De physique ingrat, sans fortune, il fut un bon mari et un bon père d’après sa biographie, soit l’exact opposé d’un Don Juan de sous-préfecture. Il a eu quelques velléités littéraires, mais sans succès. Les ingénieurs ne sont pas doués pour les Lettres. S’ils écrivent, leurs ouvrages sont généralement des exposés techniques, des mémoires historiques, des essais politiques déconnectés de la réalité, des pochades comme celles de Boris Vian, ou pire encore, horresco referens, de Valéry Giscard d’Estaing. Par contre, si on envisage la personnalité de Laclos sous l’angle de la loyauté, on peut le considérer comme un homme fiable, et capable de garder un secret.

Additionnez A + B + C => vous êtes assez tenté de conclure à l’écriture de ce roman par une femme, qui aurait transmis son ouvrage à Laclos, à charge pour lui de le publier. La femme désirait rester anonyme pour préserver la réputation de sa famille, l’ouvrage étant un peu olé-olé, et Laclos y a gagné une belle célébrité.

Admettons cette hypothèse, et cherchons des éléments supplémentaires pour l’étayer. Dans leurs romans, les femmes se mettent toujours en scène dans un personnage, elles aiment bien cela. Comme le roman décrit des manigances élaborées, il a forcément été écrit par une femme d’expérience. La marquise de Merteuil pourrait être envisagée comme incarnation de l’auteur. Mais le personnage n’attire pas la sympathie; il ne peut donc convenir. On déplace le curseur vers un personnage plus âgé, et on tombe sur la vieille tante, la très suave Madame de Rosemonde.
Ah Tatie ! un personnage bienveillant, qui regarde tout ce petit monde s’agiter, sans intervenir. Si ce n’est point l’auteur, c’est rudement bien imité.
Tatie, on t’a reconnu dans le tableau.

Si l’auteur est cette vieille femme, on comprend mieux la structure de l’œuvre qui serait une manière d’autobiographie trafiquée.

Trois personnages féminins s’échelonnent en âge : la jeune fille naïve, la femme mariée, puis la veuve très joyeuse. Tatie nous raconterait sa vie par une sorte de contraction temporelle.

Et si c’est le cas, que voyons nous ? Une jeune fille découvre le sexe et les sentiments, puis se marie avec un raseur absent, fait avec lui un enfant qui tombe gravement malade au moment où elle se trouve bêtement amoureuse d’un Don Juan qui la jette, ce dont elle pense mourir, et décide ensuite de se venger sur cet homme pendant son veuvage. Se retrouvant seule à la campagne après ce meurtre par personne interposée, elle transfère son affection sur son seul parent, son neveu, mais celui-ci meurt dans un duel. Une histoire tragique et cruelle, mais très bien écrite. Les quatre personnages féminins ne seraient donc que les avatars d’une seule et même personne aux différentes étapes de sa vie.
Le roman se passe dans un château et à Paris, mais il pourrait aussi bien se passer dans un bourg du Bas-Berry. L’histoire est universelle, d’où son succès, dans le temps et dans l’espace.
Mais la tonalité générale est bien celle d’une sourde désespérance. On touche au drame de sa vie : elle n’a jamais été grand-mère, et elle tourne en rond dans sa vieillesse, cherchant un vain réconfort dans un passé amoureux, depuis longtemps révolu, et totalement ambivalent, car le désir de vengeance n’exclut pas l’amour chez les femmes.
La finalité du sexe reste quand même la transmission de la Vie (élémentaire, mon cher Watson).
De ce point de vue, ce roman résonne comme un cri de désespoir, l’affection ne trouvant nul objet où se reporter. Cette femme, seule survivante des siens, se retrouve confrontée à la solitude, à la stérilité, et au néant final, perspective glaçante, et recherche une explication à ce désastre : les mauvaises rencontres qui se transforment en liaisons dangereuses au fil du temps.

Faux scandale :
Ce livre possède une réputation sulfureuse, parce qu’il explique en substance que les hommes sont des salauds ou des niais, et les femmes des salopes, sauf quand elles sont amoureuses, et qu’alors elles souffrent.
Toutes choses que l’on savait déjà.
Cependant, hurlements dans les chaumières devant une telle description, car le tableau n’est que trop véridique, et qu’il ne devrait pas être mis sous les yeux des innocents. Après tout, cet ouvrage est seulement aussi cruel que du Maupassant, ce grand conteur Normand.

Une antidote au bovarysme :
Les liaisons dangereuses constituent l’antidote le plus puissant contre le bovarysme. Madame Bovary, c’est un roman-photo sans photo. Madame vit dans un rêve, et les huissiers finissent par débarquer. C’est logique, car la vie ne ressemble nullement à un roman-photo, même si on voudrait bien y croire.

Casanova et Don Juan :
Les Mémoires de Casanova sont contemporaines des Liaisons dangereuses et traitent aussi du thème de la séduction. Ces Mémoires sont un chef d’œuvre de la Littérature française et de la résilience. Maintes fois, Casanova retombe au bas de l’échelle sociale et se relève à chaque fois grâce aux femmes. Par contraste, Don Juan, le grand seigneur, est né et demeure en haut de la pyramide sociale. Du fait de cette position dans la hiérarchie de la société, il lui est facile de séduire des femmes de condition inférieure, sans grand mérite, là où Casanova ne peut compter que sur ses seuls talents personnels, à savoir sa bite et son couteau. Grâce à son fameux couteau, Casanova restera pour la postérité le seul homme à s’être jamais évadé de la terrible prison des Plombs de Venise. Le pauvre Casanova connait une mésaventure récurrente et peu glorieuse, qui n’apparait qu’en filigrane : quand ses affaires se portent mal, il utilise ses dernières économies pour se payer une pute, histoire de se réconforter. Malheureusement pour lui, la pute lui refile une maladie vénérienne, et il se retrouve encore plus enfoncé dans les SOUCIS.
Une des clés des Liaisons dangereuses se trouve dans ce constat : autant un lecteur mâle se projette facilement dans les Mémoires de Casanova, autant cela est impossible avec Les Liaisons dangereuses, qui décrivent pourtant le même thème de la séduction, dans la même société, au même moment historique.
Milos Forman, dans son film Valmont (1989), s’est approché de la vérité sans la deviner. Pour contourner l’ambivalence substantielle du roman, il s’est retrouvé obligé de tordre le personnage de Valmont, qui, de Don Juan, ou plutôt Gercourt, se transforme en un sympathique Casanova. Il ne pouvait d’ailleurs faire autrement. Car tout le roman ressasse la vieille complainte féminine : c’était un salaud, mais je l’avais dans la peau. Mais, logiquement, un salaud fait un mauvais héros de film(1), donc, adieu la recette !

Conclusion :
Comme ces Liaisons dangereuses pourraient bien avoir été écrites par une vieille femme désespérée, il faut terminer sur une note optimiste. Pour ce faire, il suffit de penser à l’épouse de Michel de Montaigne. Montaigne, héritier sensuel, diplomate raté, grand touriste, était le genre de zigoto qui vous explique que il n’y a point de Science, ce qui vous donne le niveau du penseur, personnage justement détesté par ce grand homme de Blaise Pascal, à qui il a inspiré cette belle pensée : le Moi est haïssable. Pendant que ce fameux fils à papa de Montaigne écrivait ses élucubrations dans sa tour, c’était Madame qui faisait tourner la boutique. Madame faisait cela très bien, et n’a pas perdu son temps à écrire un ouvrage d’économie domestique. Une grande dame !
Et dans la sinistre affaire du Mediator, c’est encore une dame qui a arrêté le massacre, alors que tous les hommes avaient capitulé. Et c’est un homme qui vous l’écrit.

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Note 1 :
Cette remarque s’applique également à des correspondances d’un sauteur de haies avec une conservatrice de musée. Cette mère célibataire aurait mieux fait d’y réfléchir à deux fois avant d’étaler des platitudes et de petits collages sur la place publique.

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Généalogie de la Science

Généalogie de la Science

Abrégé d’après des lectures des œuvres de René Thom et d’Henri Poincaré.

1/ Motivation :

Les effectifs des élèves en Sciences chutent dans la France du 21e siècle débutant, au contraire des effectifs à Science(?)-Pipo, école des ambitions médiocres, et dans les Écoles de Commerce, ces pièges à cons ruineux où on enseigne presque rien, et surtout pas le NÉGOCE qui s’apprend sur le tas.
En France, les jeunes avec des aptitudes aux Sciences ne sont pas suffisamment motivés par l’environnement, car les Sciences sont mal présentées au grand public et aux familles.
Il importe de redresser la barre, et de faire la promotion des études en Sciences auprès des jeunes qui en ont les aptitudes et pourraient s’égarer dans des fausses pistes, où ils perdraient leur temps, leur argent, leurs illusions et leurs talents.
Frédéric Nietzsche a écrit une Généalogie de la Morale. Aussi le Rabouilleur, s’inspirant de cet illustre prédécesseur et de la cartographie des savoirs dressée par René Thom, vous livre ici sa vision très personnelle de l’arbre généalogique de la Science.

2/ Spécificité des Sciences :

Il y a des activités qui ne changeront jamais, comme la politique, la prostitution ou la restauration, parce que les hommes ne changeront pas : ils auront toujours envie d’entendre des histoires, de se réconforter et de bien manger.
La Science présente cette différence que l’empilement des connaissances va changer le paysage. L’inexplicable d’hier peut devenir le trop connu de demain. Avec un bonus : la connaissance scientifique peut influer sur l’ordre des choses. Elle devient alors un guide de l’action, pour le meilleur et pour le pire.
Montaigne prétendait que la Science n’existe pas. C.Q.F.D : Montaigne était bel et bien un parfait touriste, un de ces gosses de riches à qui leurs parents passent tous leurs caprices dans leur jeunesse, en tous temps et en tous lieux, et qui utilisent l’argent de l’héritage à l’age adulte pour tenter de justifier leur narcissisme, sans succès autre que sur les gogos et nombrilistes des deux sexes, bien sûr.

3/ But du jeu :

Toute l’histoire des Sciences tendrait à prouver que le scientifique ne découvre pas ce qu’il cherchait. Cette constatation recèle une demi-vérité. Le scientifique s’apparente à Christophe Colomb : souvent avec l’argent d’un généreux donateur qui a joué pour voir et sans trop y croire, il cherche les Indes et atterrit aux Amériques.
Surprise ! surprise ! et charme de la découverte !
Le but ultime du jeu consiste bien en un dépassement, des connaissances acquises comme du monde connu.
La seule règle du jeu a été énoncée par Louis Pasteur, le chimiste français le plus célèbre avec Lavoisier :
Il n’y a pas de hasard pour un esprit préparé.

4/ Science et empirisme :

La Science est une branche particulière du savoir humain. Le savoir contient en résumé, d’une part, les bonnes recettes qui doivent marcher si certaines conditions sont réunies, et d’autre part, les mauvaises recettes qui doivent toujours rater. Le savoir ne parle pas du hasard et de la nécessité, il parle du contingent et de l’impossible.
Une recette qui marche sans que l’explication en soit connue s’appelle un empirisme. La pâtisserie et la médecine sont de parfaits exemples d’empirismes. C’est la raison pour laquelle les médecins justifient leurs pratiques avec des corrélations, soit des mesures du hasard. En conséquence, le médicament marche, sauf quand il ne marche pas. Il marche à 65.3 % ± 7.1 % d’après Big Pharma, et le médecin est CONTENT.
La Science diffère de l’empirisme en donnant une explication à une recette. L’explication s’appelle une théorie, et la recette une expérience scientifique. Une bonne explication permet de créer de nouvelles recettes. Si certaines de ces nouvelles recettes ratent, l’explication doit être retravaillée ou ses conditions d’application précisées.

5/ Spécificité des Mathématiques :

Les mathématiques ne sont pas une science en tant que telle. Ce serait plutôt le langage qui permet d’écrire certaines recettes, en suivant Galilée. Toutes les sciences n’ont pas besoin des mathématiques. Les débuts de la biologie avec Pasteur n’ont pas utilisé les mathématiques.
Il faut rassurer la jeunesse : on peut faire de l’excellente science sans être brillant en mathématiques. Par contre, sans un esprit curieux et logique, on ne peut rien faire dans ce domaine. Les mathématiques ont une double filiation : la comptabilité et l’arpentage. La comptabilité s’occupe des nombres et a donné l’algèbre, en plus de l’écriture, un gadget de fonctionnaires. L’arpentage s’occupe de figures et a donné la géométrie. Il y a croisement entre les deux branches : les problèmes de géométrie peuvent se résoudre par l’algèbre, et l’inverse est également vrai. Par exemple, la quadrature du cercle a demandé aux algébristes seulement 2.000 ans et quelques pour fournir aux géomètres la preuve de l’impossibilité de leur demande. No way ! Pas moyen ! Le nombre pi est transcendant, et il faudra faire avec !
Comme n’importe quel autre langage, les mathématiques ne sont ni vraies ni fausses. Elles servent à produire des propositions sur le Réel, propositions qui peuvent être fausses ou vraies, et plus souvent, vraies dans certaines conditions, appelées domaine de validité, et fausses en dehors de ce domaine.
Les Mathématiques possèdent de nombreuses branches, qu’il serait trop compliqué et fastidieux, voire inutile, d’énumérer ici. Elles sont comme un magasin, où chaque discipline achète le strict nécessaire. Elles reflètent le Cosmos, sans en faire partie intégrante. Elles peuvent fournir des cartes d’un territoire, utiles si elles sont à la bonne échelle. Il faut les maîtriser en connaissant leurs limitations. Il importe surtout de choisir le bon outil mathématique : la carte IGN s’impose pour une randonnée; elle ne sert à rien dans un avion volant à Mach 2,1.
Les mathématiciens professionnels connaissent des problèmes d’employabilité, car ils ne sont utilisables que dans les services secrets et l’enseignement, ce qui nourrit leur amertume foncière.
Les services secrets utilisent la majeure partie des mathématiciens pour chiffrer et déchiffrer des messages, fabriquer des bombes et prévoir l’avenir. Le mathématicien finit par en savoir trop et il va rencontrer des ennuis, comme Alan Turing ou Edward Snowden. En tant que parfait idéaliste, le mathématicien qui se lance en politique se condamne à dérailler totalement, sort commun à toutes et tous les profs de maths gauchistes.

6/ Le miracle grec : naissance de la Science

La Science est née en Grèce avec Aristote après une double scission. Dans un premier temps, les Grecs pré-socratiques ont cherché et trouvé des explications du Réel en dehors des mythes. C’est la première scission entre Religion et Philosophie. Ensuite Aristote a provoqué la scission entre Science et Philosophie, écrasant Platon, qui le méritait 100 fois, dans cette belle opération.
Pour cette raison, le scientifique sera toujours conduit à s’intéresser à la première Philosophie grecque en tant que Proto-Science. Les divagations ultérieures des disciples de Platon présentent peu d’intérêt, puisqu’elles ne sont que des justifications contestables et spécieuses au maintien d’un ordre social et économique basé sur la marchandise(1). L’histoire du philosophe post-socratique est d’une simplicité biblique : il va s’intéresser à la Morale et se faire enrôler par une FACTION comme donneur de leçons publiques. D’où des bagarres où sa faction peut prendre une déculottée !
Le philosophe se retrouve alors devant une alternative : s’exiler ou jouer les dé constructeurs.
S’il joue au déconstructeur, bien que peu doué pour les travaux pratiques, la construction tombe sur la tête du philosophe, ou sur celle de son successeur, et sur les disciples qui passaient par là. S’il part en exil à Neuchâtel, il peut méditer à loisir sur Gatsby le magnifique. Dans cette fable yankee, les pauvres meurent à cause des caprices de riches oisifs. Les riches font semblant de rien voir ni savoir, et partent en voyage. Le narrateur, dégoûté, retourne dans son VILLAGE(2). La vérité est très laide, l’art très réaliste, et la dialectique bien transcendée. Le lecteur sort démoralisé, mais instruit. C’est la vie.

7/ Les acquis de la Philosophie grecque :

Dans une vision très personnelle, les philosophes pré-socratiques ont utilisé deux outils qui ont provoqué le divorce entre les mythes et la rationalité, à savoir :
1/ le principe de causalité, qui évacue le mystère, le surnaturel et l’enchantement.
2/ l’intersubjectivité, qui permet de persuader autrui.

7.1/ Le principe de causalité :
Dans le Réel, le principe correspond à l’axiome en Mathématiques. Le principe est une affirmation gratuite et non démontrée qui n’a jamais été prise en défaut. Le principe n’est pas une Vérité expérimentale. C’est le contraire : personne n’a jamais trouvé dans le Réel un seul exemple qui contredise le principe. En conséquence, le Principe est GÉNÉRALEMENT accepté. Le Principe de causalité s’inspire de l’observation d’événements ou phénomènes naturels dans une succession temporelle, à savoir :
L’événement A survient, puis après un laps de temps, l’événement B apparaît.
L’événement B n’apparaît pas, si l’événement A n’est pas survenu auparavant.
A est appelé la cause, B est appelé l’effet. Les deux événements sont connectés entre eux par une relation de cause à effet. Si le Réel le permet, le scientifique va provoquer A dans une expérience et il doit observer B après un certain temps. Si cela se produit, le scientifique informe ses collègues de son expérience, et les collègues essaient de reproduire cette expérience, en suivant le même protocole expérimental. Voilà pour les généralités, qu’un cas concret illustrera mieux.

7.2/ Le mythe de la nymphe de la fontaine :
Les sources ont toujours inspiré les hommes. Les sources ont en général un débit erratique dans le temps et peuvent se tarir, ce qui crée des SOUCIS au Village comme Marcel Pagnol l’a décrit dans ses films. Dans les temps anciens, la source a été associée à une petite divinité appelée la nymphe qui gérait la source. La nymphe appartient au monde du mythe. Elle est courtisée dans des rites collectifs pour éviter son tarissement. Les gens du Village n’étant pas stupides, il s’en trouvera toujours un pour constater que le débit de la source correspond avec un décalage aux dernières pluies. Si après un orage, le débit de la source augmente, et si après une sécheresse la source se tarit, il devient assez simple d’en conclure que la source est alimentée par l’eau du ciel. La pluie est la cause, le débit de la source est l’effet. L’explication rationnelle repose sur cette relation de cause à effet. La mythe de la nymphe cesse d’être fondé. Cependant, l’explication rationnelle ne convaincra pas tout le Village, car la preuve est indirecte et non manifeste. Certains personnes refuseront aussi d’abandonner le merveilleux, et c’est leur droit, et cela ne changera rien au phénomène. Elles courent juste un risque accru de prévisions erronées. La question s’arrête là, et elles perdent ainsi le droit de venir se plaindre ultérieurement, ayant été informées de manière claire, nette et précise.
Mais il importe de garder les célébrations de cette nymphe, les rites collectifs constituant la meilleure thérapie de groupe et le prétexte à des réjouissances bienvenues. Le monde devient désenchanté, mais les hommes peuvent anticiper le tarissement de la source et remplir des citernes. Une bonne explication conduit à une action efficace. A contrario, la mauvaise explication conduit à une dépense d’énergie inutile, dans un travail stérile et souvent fatiguant. Cela relève du bon sens, mais il est souvent agréable de rappeler les fondamentaux.

7.3/ Limitations de la causalité :
La fontaine présente un cas très favorable et rare, car la relation de cause à effet est de l’ordre 1/1. L’effet provient d’une cause unique, et la cause ne produit pas d’autres effets.
On rencontre plus souvent des relations N/1, avec un effet résultant de N causes. On parle alors de l’arbre des causes, comme dans l’étude des accidents. Quand le nombre de causes indépendantes devient important, et qu’elles ont toutes la même influence sur l’effet, on aboutit à la célèbre courbe en cloche de Gauss.
On peut aussi rencontrer des relations 1/N avec une cause unique générant des effets multiples et parfois antagonistes, voire carrément délétères.
Les cas le plus difficiles à étudier sont les systèmes circulaires, où l’effet va interagir avec la cause qui l’a fait naitre, par un mécanisme de rétro-action.

7.4/ L’intersubjectivité :
Une fois la connaissance acquise, on peut éventuellement penser à la transmettre par un DISCOURS, verbal ou écrit, soit un exposé ou une démonstration, voire une publication, dans les cas les plus douloureux.
L’intersubjectivité est foncièrement ennuyeuse, et même très ennuyeuse avec les PARESSEUX et les BÉOTIENS. Elle sera d’autant plus facile que la théorie ou le protocole expérimental est simple. L’intersubjectivité constitue le gagne-pain des perroquets qui nichent et jacassent dans l’Académie, le perroquet étant une espèce grégaire et bruyante. L’homme de Science responsable utilisera à bon escient les perroquets, ou rienologues, pour rester tranquille dans les coulisses, et éviter ainsi les groupies narcissiques, amatrices de selfies, ou ego-portaits en bon français.

8/ Aristote et la fondation de la Logique.

Aristote a provoqué la scission entre Science et Philosophie en travaillant sur la théorie et l’observation.
Dans la théorie, il a fondé la Logique, notamment la Logique des propositions, toujours utilisée de nos jours comme dans les automates de la prétendue intelligence artificielle. Dans l’observation, il s’est livré à une vaste classification, travail long et fastidieux.
L’œuvre d’Aristote débouche sur un double constat : la théorie doit être validée par une ou plusieurs expériences probantes, et rien ne vaut l’observation pour inventer une nouvelle théorie. Bref, les théories trop générales sont presque toujours fausses, ou ne sont que des tautologies.
L’exemple parfait de la tautologie est la proposition suivante : soit le Monde existe, soit il n’existe pas. La proposition est toujours vraie, et on n’a pas avancé d’un iota. Mais certaines personnes en font des livres, et trouvent un travail de fonctionnaire à vie et des admiratrices grâce à ce genre de sornettes. Ainsi va la France.
Le principe fondamental de la Science s’appelle la non-contradiction, ou la cohérence interne. Une proposition scientifique doit être vraie ou fausse. Elle ne peut pas être simultanément vraie et fausse. Si on admet qu’une porte est ouverte ou fermée, alors la porte est soit ouverte, soit fermée. Elle ne peut pas avoir les 2 qualités simultanément. Une théorie scientifique ne doit pas contenir de propositions contradictoires entre elles. Par contre, deux théories portant sur le même domaine peuvent se contredire. C’est l’expérience qui devra démontrer qu’une des deux théories est fausse, ou même les deux. Le problème sera alors de trouver une expérience servant de preuve, et donc résistante à toutes les critiques.

9/ Les grandes lignes directrices de l’avancement des Sciences :

On peut retenir trois lignes directrices qui se retrouvent à toutes les époques
1/ La théorie et l’observation entretiennent un mouvement de va-et-vient.
Henri Poincaré a bien explicité les deux autres lignes :
2/ La Science progresse toujours du plus homogène vers le plus hétérogène.
3/ La Science, comme les Mathématiques, repose sur l’induction, passage du particulier au général.

La déduction, ou application d’une loi générale à un cas particulier, s’utilise surtout dans la critique pour réfuter des propositions, et démontrer leur fausseté. Elle ne permet pas en général de trouver de bonnes propositions, c-à-dire, à la fois vraies et fécondes.

9.1 / Dialogue du théoricien et de l’expérimentateur :

Les scientifiques occupent leurs loisirs à élaborer des instruments d’observation et des modèles, ou concepts théoriques, qui ne sont pas nécessairement mathématiques. Ainsi, il y a eu deux modèles historiques pour la Terre : une grande plaine entourée d’eau et une grosse boule. Ces deux modèles sont grossièrement erronés, puisque la Terre est en réalité un patatoïde, comme le cachent les scientifiques au grand public berné qui ignore ainsi que la Terre ressemble à un ellipsoïde aplati quand on la regarde de loin.
On trouve donc deux familles de scientifiques : les théoriciens qui réfléchissent et font des calculs ou des dessins, et les expérimentateurs qui imaginent et construisent des instruments qui coûtent de plus en plus chers.
Le travail du théoricien consiste à dire à l’expérimentateur ce qu’il doit chercher et où il doit chercher.
Le travail de l’expérimentateur consiste à prendre en défaut le théoricien en trouvant un résultat différent des calculs de ce dernier, sinon on n’avancerait pas dans la connaissance. Le théoricien peut essayer de se venger en démontrant que l’expérience est mal conçue. Quand l’expérimentateur et le théoricien tombent d’accord, ils n’en peuvent plus de joie, car cela signifie qu’ils ont fait une découverte. Ensuite, leurs collègues envieux vont leurs pourrir la vie et les rabaisser.

Le théoricien possède en général une bonne culture mathématique, sinon il s’agit d’un faux théoricien qui utilise en sous-main un copain mathématicien, comme Alexandre Dumas exploitait le pauvre Auguste Maquet, ou Willy exploitait Colette. Ces choses-là arrivent plus souvent qu’on ne le croit. Le théoricien peut tomber sur des calculs très compliqués et essayer d’utiliser un calculateur numérique pour faire ces calculs impossibles avec un papier et un crayon. Le calculateur coûte toujours très cher, car le théoricien exige le dernier modèle qui vient de sortir, pour une question de prestige social et d’intox des vendeurs. Le généreux mécène renâcle, mais il se verra opposer le caractère indispensable de la machine, véritable « Sésame ouvre-toi ». Comme le mécène n’y comprend rien, la scène tourne rapidement à la commedia dell’arte. Certains affabulateurs redoutables maîtrisent à fond cette technique, notamment parmi les climatologues ou parmi d’autres prophètes de l’Apocalypse.

9.2 / De l’homogène à l’hétérogène
L’histoire de la biologie animale prouve bien la progression de la connaissance humaine depuis les sujets d’études les plus simples vers les plus complexes. Les deux organes les plus homogènes sont le muscle et le foie : leurs physiologies ont été décrites et expliquées en premier. Les organes les plus hétérogènes de l’organisme d’un animal sont le cerveau et le gros intestin. Le cerveau contient plusieurs dizaines de types de cellules différentes, neurones et astrocytes, y compris des cellules-souches. L’intestin contient plusieurs centaines d’espèces de micro-organismes symbiotiques. L’étude du fonctionnement de l’intestin sera donc logiquement plus compliquée que celle du cerveau. Les chercheurs commencent seulement maintenant à comprendre le retentissement sur l’organisme d’une mauvaise flore intestinale. Les dernières recherches permettent également de tordre le cou à l’une des sottises préférées des suppôts d’Hippocrate : l’inutilité de l’appendice. Si l’évolution a maintenu l’appendice dans le corps humain, il est clair que ce morceau d’intestin apportait un plus, en tant que réceptacle de la flore intestinale.

10 / Les quatre étapes de la science

Les sciences reposent sur quatre étapes successives : observation, classification, induction, et expériences validant l’induction.

Par exception, l’astronomie, une des premières sciences, ne comporte que les deux premières étapes et peut servir de point de départ à la réflexion.
Les premiers hommes qui ont observé le ciel nocturne ont constaté quatre types de phénomènes : les phases de la Lune, les étoiles fixes, les planètes et certains monstres du ciel, qui ne rentraient dans aucune des catégories précédentes, tels que les étoiles filantes, les comètes ou les super-novæ.
Les phases de la Lune présentent une caractéristique intéressante : elles possèdent une propriété de répétition dans le temps à intervalle fixe. En effet, la périodicité de rotation de la Lune autour de la Terre étant de 27 jours et 7 heures, l’évolution du phénomène est donc facile à prévoir.
Les étoiles fixes présentent un mouvement de rotation immuable autour de l’étoile polaire dans l’hémisphère nord. Les étoiles constituent donc la règle.
Les planètes observables à l’œil nu, telles que Vénus, ou étoile du berger, ou Mars, la planète rouge, ont un comportement erratique au contraire des étoiles fixes : ce sont des exceptions à la règle. Ces exceptions sont peu nombreuses et leur observation a occupé des générations d’astronomes. Même si le mouvement de ces astres errants n’est pas régulier, il possède néanmoins une certaine propriété de stabilité, puisque les planètes restent localisées dans le plan de l’écliptique.
De temps à autre, dans le ciel nocturne, apparaissent des événements monstrueux, comme le transit d’une comète ou l’explosion d’une super-nova.
Ces phénomènes ne présentent aucune des qualités de régularité et de permanence des autres classes : ils ont donc toujours été interprétés comme des présages de catastrophes terrestres, ou alors mal compris. Ainsi, l’apparition transitoire d’une supernova à l’éclat aussi intense que notre soleil peut s’interpréter comme un arrêt de la course de notre étoile. En fait, le soleil se couche bel et bien comme chaque jour, mais il fait jour en pleine nuit, ce qui peut perturber tout observateur. Cependant, une observation des astronomes antiques valide cette thèse : le soleil aurait eu une déclinaison de 10 degrés par rapport au plan de l’écliptique. Dans ces conditions anormales, la datation historique de l’événement devient très précise par recoupement entre les archives astronomiques de différentes civilisations. Le reste de la justification est laissé comme exercice au scientifique amateur : jusqu’à quelle distance de la Terre peut se situer une supernova qui présente la même brillance apparente que le soleil ?

La démarche des astronomes illustre bien les deux premières phases de la démarche du scientifique : observation du Cosmos, et établissement d’une typologie, ou classification, qui comporte quatre catégories dans ce cas précis, la lune, la règle, quelques rares exceptions, et des monstres, encore plus rares et aléatoires.

L’établissement de toute classification repose sur la recherche d’invariants, surtout d’invariants pertinents, par exemple en biologie, la présence d’une colonne vertébrale, ou, en mécanique, l’énergie dans un mouvement sans frottement. La démarche du chercheur ne repose nullement sur un canevas hypothèse et déduction comme on peut le lire dans de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique. En effet, tout le problème consiste justement à trouver la bonne hypothèse. Cette bonne hypothèse ne sort pas du chapeau du magicien, mais du travail de classification.

On constate donc que la démarche scientifique ne cadre vraiment pas avec le postulat d’un monde des idées, préexistant à la réalité physique. L’idée de la colonne vertébrale ne préexiste pas, elle sort d’une observation méthodique du vivant.

Aristote supplante Platon, une fois de plus.

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Note 1 :
Les deux principaux contestataires, Tocqueville et Marx, ne sont ni des philosophes politiques, ni des prophètes, ni des penseurs économiques. Ces deux-là sont des artistes, et de mauvais artistes par dessus le marché. Ils peignent des fresques, mal composées, où manque l’essentiel, dans un style lourd et insupportable. Balzac a mieux compris les ressorts de la situation.

Note 2 :
Le film de Jean Renoir « La Règle du Jeu » reprend exactement le même thème, dans une tonalité encore plus sombre. Les spectateurs ont cassé les fauteuils devant un tel spectacle désespérant qui ne débouche sur aucune solution. Le réalisateur n’avait pas prévu l’échec de son œuvre. Encore un intello à la ramasse.
Il ne faut surtout pas montrer ce film aux enfants.

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L’ermite errant

L’ermite errant

LE roman berrichon par excellence de Janine Perdequouille

Même si elle reste une vraie femme, Janine Perdequouille est un type, celui de la scribouillarde régionaliste. Ni précieuse ridicule, ni femme savante, elle incarne à merveille la savante précieuse, femme forte d’une érudition sans égale dans les us et coutumes du Berry, d’antan et d’aujourd’hui.
Moderne George Sand, féministe d’avant-garde, elle s’est révoltée contre les injustices faites aux femmes dans notre société avec d’immortels ouvrages comme :

L’étang aux diablesses
Les maitres-glandeurs, une brillante dénonciation du machisme des endocrinologues.
François le champion.
La petite gisquette.
Les chemins de la justice retrouvée.
Le bucher des allumeuses.
Beaucoup de bruit pour presque rien.
et surtout L’ermite errant, espèce de Da Vinci Code au pays des birettes.
Le Docteur Faust
Un ancien pubard parisien d’Euro-RSCG, Frédéric Hébété, a mis assez d’argent de coté pour quitter les affaires à la cinquantaine, fortune faite, et rechercher enfin la joie de vivre et l’insouciance, loin des substances illicites, des plaisirs faciles, tarifés et frelatés, et des individus factices.

Tenté par le retrait du monde, il décide de se faire ermite. Après trois jours passés dans une caverne du Haut-Berry, au milieu des chauve-souris, il s’aperçoit qu’il ne supporte ni la solitude, ni l’absence de confort, ni les chauve-souris du plafond. L’exil intérieur lui plait, et la bonne cuisine aussi. Cherchant une synthèse entre ces deux aspirations contradictoires, le camping-car apparait comme la solution parfaite. Il pourra se protéger du monde dans sa coquille, et la coquille sera mobile : Eurêka !

Il devient ainsi l’Ermite Errant, un personnage de légende berrichonne, que Janine Perdequouille fait vivre sous sa plume alerte.

L’Ermite retrouve dans ses périples une romancière parisienne, venue se cacher en Berry après de multiples échecs professionnels, sentimentaux et esthétiques : Katherine Bankal, une éclopée de la vie. Elle a ouvert un gité rural, et soumet ses hôtes à la torture pour leur extorquer leurs histoires de vie. Mais le subterfuge échoue, car elle ne reçoit que des bobos, qui ont tous la même histoire à raconter : le déracinement dans une métropole.
L’Ermite croise aussi le chemin d’un sinistre charlatan, psychanalyste et cultivateur de champignons hallucinogènes, le professeur Lezout, un manipulateur qui s’inspire du Docteur Knock. Le Professeur Lezout gagne sa vie grâce à des cours de leadership à Sciences-Pipo, où il subjugue des petites bourgeoises prétentieuses.

L’Ermite Errant culbute Katherine Bankal qui aime les sensations fortes, puis s’en débarrasse en la présentant au professeur Lezout : ces deux-là découvrent qu’ils se complètent dans l’écriture d’histoires à dormir debout. Cependant,  le complot des blouses blanches, qui surveillait le professeur Lezout depuis longtemps, a décidé de faire le grand ménage …..

Éditions de la Debeurdinoire. Ourouer-les-Bourdelins (18350).
666 pages pour 19.99 euros

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1746

1746

Histoire de ma vie de G. Casanova (tome II chapitre VI)

Les désabuser, non, je réponds, car je ne me croyais pas assez fort pour y réussir. (..)
Ils ne m’auraient pas payé pour cela, et je n’avais aucune mission pour m’ériger en apôtre.
Pour ce qui regarde la résolution héroïque que j’aurais pu prendre de les laisser là d’abord que je les ai connus visionnaires; je répondrai que pour la prendre j’aurais eu besoin d’une morale faite pour un misanthrope, ennemi de l’homme, de la nature, de la politesse, et de soi-même.

casanova

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