Le pendule de Galilée

Galilée

Initiation à la mécanique (article comportant certains anachronismes/ nécessitant des corrections)

L’étude du mouvement du pendule par Galilée passe par trois étapes :
1/une constatation empirique que la période des oscillations d’un pendule, le lustre de la cathédrale de Pise, ne dépend pas de l’amplitude de son mouvement, à la condition que cette amplitude soit faible.
2/une étude en laboratoire du pendule, destinée à valider la première constatation empirique et fortuite. Les moyens techniques de mesure d’une durée étaient limités à l’époque de Galilée, mais il parvint à faire des mesures concluantes en utilisant un bon protocole, nécessitant peu d’instrumentation, car Galilée était fauché comme les blés.
3/Galilée arriva à démontrer que le mouvement du pendule ne dépend pas de la valeur de masse oscillante, et que la période des oscillations est proportionnelle à la racinée carrée de la longueur du fil. Des décennies plus tard, Newton donna une formulation plus complète de la nature du mouvement.

A/La constatation empirique initiale :
En utilisant la fréquence régulière de ses pulsations cardiaques, Galilée constate que la période des faibles oscillations du lustre ne dépend pas de l’amplitude du mouvement. C’est un phénomène physique de découplage entre l’amplitude et la période.

B/Le modèle théorique moderne :

Le modèle théorique moderne ne suit pas vraiment le raisonnement initial de Galilée, mais il est plus instructif et pédagogique, et plus complet, car il a été raffiné a posteriori par d’autres Scientifiques.
Le mouvement du pendule se place dans un plan défini par une droite, l’axe de la verticale et le point de départ initial du mouvement. Une droite et un point extérieur à la droite suffisent à définir un plan.
Donc, une première constatation expérimentale s’impose à l’observateur : le pendule se meut dans un plan.
Seconde constatation : la position de la masse oscillante est parfaitement et totalement connue par l’angle entre la verticale et la direction du fil soutenant cette masse. En clair, il suffit d’un seul paramètre, soit l’angle thêta ou θ, et de sa loi d’évolution dans le temps pour connaitre complétement l’état du système physique à un instant quelconque, soit au temps t. La masse accrochée à un fil est donc un des systèmes mécaniques les plus simples à étudier, car ce système dépend d’une seule variable fonction du temps t, l’angle θ.

Il existe trois positions remarquables d’un pendule ou d’une balançoire :
1/ la position la plus extrême à droite :
l’altitude est maximale et la vitesse s’annule, puisque le mouvement change de sens.
2/ la position verticale :
l’altitude est minimale et la vitesse est maximale.
3/ la position la plus extrême à gauche :
l’altitude est maximale et la vitesse s’annule de nouveau.


Pour simplifier au maximum les calculs, il faut choisir une unité adéquate pour exprimer la valeur de l’angle, et cette unité n’est pas le degré, mais le radian. En effet, l’expression de la longueur L de l’arc de cercle de rayon R intercepté par l’angle θ exprimé en degrés vaut :
L = 2π * R * (θ/360)
Mais, vous pouvez utiliser une autre unité bien plus commode, le radian, pour exprimer la valeur de l’angle, unité qui est définie ainsi :
L’angle de 360 degrés qui définit un tour de cercle complet vaut 2π radians.
Si vous utilisez une mesure de l’angle en radians, l’expression de L se simplifie en :
L = R * θ
De même, toutes les unités physiques dans cet exposé seront exprimées dans le système métrique, postérieur de deux siècles à Galilée, car unités bien plus simples à appréhender par le lecteur contemporain.
Le mouvement du lustre pendulaire de masse m peut s’expliquer par la théorie de l’énergie. L’énergie mécanique existe sous deux formes : l’énergie cinétique ou E, et l’énergie potentielle ou V, et l’addition de ces deux énergies donne l’énergie mécanique totale ou H.
Le mouvement d’une balançoire illustre un transfert dans le temps entre l’énergie potentielle et l’énergie cinétique, tout en conservant l’énergie mécanique totale, qui est un invariant du mouvement.
Le lecteur devra admettre les faits suivants :
L’énergie cinétique E de la masse oscillante m est égale à :
E = 1/2 * m * v^2
où v est la vitesse instantanée de la masse m, exprimée en mètre par seconde.
L’énergie potentielle, soit V, de la masse oscillante m est égale à :
V = m * g *z
où z est l’altitude de la masse par rapport au point d’équilibre et g l’accélération de la pesanteur, exprimée en mètre par seconde au carré, et d’une valeur de 9.81 m/s2.

L’énergie mécanique totale du système H est donc :
H = E + V = 1/2 * m * v^2 + m * g * z

Si on néglige les forces de frottement, comme la résistance de l’air, on trouve une loi de conservation, ou un invariant du système mécanique dans le temps :
H = constante
Ensuite, il faut exprimer H en fonction de l’angle thêta ou θ, soit :
H = 1/2 * m * (L * dθ/dt)^2 + m * g * L (1 -cosθ)
dθ/dt représente la vitesse angulaire, exprimée en radian/seconde.
On trouvera aussi l’accélération angulaire, dérivée seconde de l’angle par rapport au temps, exprimée en radian/seconde au carré écrite mathématiquement ainsi :
d2θ/dt
H est constante dans le temps, donc sa dérivée par rapport à la variable temps, soit le paramètre t, est nulle.
En dérivant cette égalité par rapport au temps t, on obtient une équation différentielle ordinaire de degré 2, équation qui donnera la loi d’évolution recherchée, soit la variation de l’angle θ en fonction de la variable temps, ou t :
dH/dt = 0
soit en appliquant les règles de la dérivation des fonctions :
(m * L^2 * dθ/dt * d2θ/dt) + (m* g * L * dθ/dt * sin (θ)) = 0

L’équation apparait compliquée à première vue, mais il est possible de la simplifier grandement, par 3 opérations.
1/ La première constatation à faire consiste à voir que m soit la masse peut s’éliminer de l’équation : une masse de 1 kg ou de 100 kg aura la même évolution dans le temps, à la condition que la masse du fil soit négligeable par rapport à la masse du pendule.
2/ La variable L apparait deux fois. On peut diviser l’équation par le facteur L.
3 / On peut factoriser la vitesse angulaire dθ/dt. L’équation prend alors la forme plus simple et plus agréable :
(dθ/dt) * (L * d2θ/dt + g * sin (θ)) = 0
Ensuite, on peut se débarrasser du facteur (dθ/dt). En effet, le cas dθ/dt = 0 correspond à la solution triviale du pendule immobile en position verticale. Dans cet état, appelé état fondamental, on observe :
E = V = H = constante = 0
D’où, l’équation après les simplifications et l’élimination du terme trivial :
d2θ/dt + (g/L)*sin(θ) = 0

Il ne restera plus qu’à résoudre cette équation différentielle ordinaire de degré deux pour déterminer la loi temporelle du mouvement. Malheureusement, les mathématiciens ne savent pas résoudre l’équation exacte. Donc, il faut utiliser une astuce bien connue des physiciens, soit l’approximation du premier ordre sur la fonction sinus exprimée en radian au voisinage de l’angle zéro, soit :
sin(θ) = θ + quantité négligeable d’ordre 3
Avec cette simplification,on sait résoudre l’équation du mouvement en fonction du temps. Grâce aux travaux antérieurs des mathématiciens, le physicien contemporain peut prouver que le mouvement du pendule se décrit aux faibles amplitudes avec la fonction trigonométrique cosinus, soit :
θ = θmax * cos(ω*t)
avec ω = sqrt(g/L) où sqrt signifie la racine carrée, contraction du terme globish square root.
Et la période T du mouvement de faible amplitude du pendule vaut :
T = 2*π/ω = 2*π*sqrt(L/g)
Cette formule, basée sur une approximation, est satisfaisante, car elle concorde avec l’observation empirique initiale. En effet, l’expression de la période est indépendante de l’amplitude du mouvement. Les calculs du modèle théorique,et les mesures expérimentales concordent, donc : le physicien exulte l

C/Le protocole expérimental de Galilée
Il faudra maintenant faire intervenir deux personnages auxiliaires, Margarita, la bonne grand-mère de Galilée, et Valeria Malatesta, la sémillante assistante du scientifique débutant, deux personnalités attachantes, mais totalement inefficaces. Pour tout dire : aussi inefficaces que l’adjoint demeuré du commissaire sicilien Montalbano, un enquêteur autant perspicace que susceptible. Mais ceci est une autre histoire …
Vous connaitrez bientôt la suite passionnante de cette grande épopée scientifique et Italienne, avec un nouvel épisode : le sablier de Galilée !
Mais ce sera réservé pour un nouveau jour, comme le disait au Roy de Perse Shéhérazade, grande experte dans l’art de la narration à rebondissements, ….

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La jeunesse de Galilée

Fondation de la physique moderne

La scène se passe dans la cathédrale de Pise pendant une messe de l’année 1583. Surtout, cette leçon de physique apportera une lueur d’espoir à tous les mécréants comme le Rabouilleur :
D’une mauvaise messe sortit de la bonne physique.

Le jeune Galileo Galilei, âgé de 19 ans, s’ennuyait pendant la messe dans la cathédrale de Pise, car le prédicateur était mauvais. C’est l’éternel problème de la religion : les anciens textes sont peut-être bons, mais les interprètes modernes sont trop souvent mauvais.
Mais, qui n’a pas souffert pendant un office religieux animé par un prédicateur manifestement incompétent ?
Le prédicateur échouait lamentablement à expliquer à l’assistance l’Évangile de Saint Matthieu, chapitre 7, verset 6 :
Ne jetez pas vos perles aux pourceaux !
Et Galilée pensait :
Je suis un vrai pourceau, d’après cette grosse cochonne de Sylvia, mais ce prédicateur exécrable enfile devant moi les perles et les truismes les plus ineptes. Il ne comprend rien de rien aux Saintes Écritures ! Ce sot n’a même pas capté que c’est une injonction adressée aux enseignants pour qu’ils refusent les disciples mal intentionnés, susceptibles de commettre des délits d’initié.
Pour les durs à la comprenette, le Rabouilleur répète le mot essentiel dans cet énoncé : INITIE.

Galilée, en désespoir de cause, leva les yeux au ciel.
Au lieu du ciel, il vit le plafond de la cathédrale de Pise, et accroché au plafond par un long câble, un lustre.
Et le lustre oscillait d’un mouvement pendulaire ….

Le début, puis la suite et la fin de cette mirifique histoire relatant la fondation de la physique moderne, où vous trouverez des mathématiques, une grand-mère et son sablier, la jeune et pétillante Valeria Malatesta, la célèbre tour penchée de Pise, mais aucun raton-laveur :
bientôt … peut-être ?

Tour d"ivoire
Tour d »ivoire
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Hiver 2017

Avion foudroyé en Afrique en 1987
Avion foudroyé en Afrique en 1987

Mauvais souvenirs

Le Rabouilleur se souviendra longtemps de l’hiver de l’année 2017. En effet, il subit durant cet hiver une séquence de trois infections virales, à savoir une première souche de grippe, puis une gastro-entérite virale, puis une seconde souche de grippe qui dura sept jours.
La première souche de grippe fut bénigne, et se traversa en 7 jours. La gastro-entérite se traversa en 48 heures par l’utilisation d’argile et de tisanes de thym, un puissant antibactérien. Par contre, la seconde souche de grippe fut redoutable, et laissa le Rabouilleur sur le flanc, mais il y survécut, grâce à sa constitution de robuste Lorrain et à son alimentation saine, mais gouteuse. A cette occasion, le Rabouilleur put vérifier la pourriture et le bas niveau de la presse quotidienne régionale, lourdement subventionnée et infectée jusqu’à la moelle des os par la franc-maçonnerie athée. La rubrique nécrologique du Berry Ripoublicain, le quotidien local, passa de une à trois pages, prouvant ainsi la létalité du virus sur la population du département du Cher, soit 300.000 habitants. A partir de cette mesure objective de la mortalité locale, le Rabouilleur extrapola que la sur-mortalité de cette souche de grippe saisonnière en France métropolitaine devait avoisiner les 100.000 décès pour 66 millions d’habitants, soit bien moins que la grippe espagnole de 1918. Et le Rabouilleur va rapidement doucher l’euphorie des grosses, prétentieuses et laides apothicaires : la grippe est une infection peu immunisante, et l’efficacité du vaccin avoisine les 50%.

Le plus surprenant dans cette histoire.fut l’absence de commentaire d’un certain Raymond Beurdin, hyène dactylographe locale, un charognard qui se nourrit habituellement de faits-divers répugnants. Raymond Beurdin est le genre de journaliste qui peut vous écrire qu’un avion coupe un câble électrique et fait ensuite 200 kilomètres avant de s’écraser au sol. Il incarne un nouveau Goebbels : plus le mensonge est gros, plus il passe. Ce fut une nouvelle occasion de vérifier l’aphorisme d’une grand-mère berrichonne : si c’est écrit dans le journal, c’est que c’est faux.

En conclusion, le Rabouilleur vous livre sa vision de la différence entre la médecine occidentale et la médecine orientale. La médecine orientale est plutôt préventive, car mieux vaut prévenir que guérir. La médecine occidentale est plutôt curative, car mieux vaut guérir que mourir. Les deux approches peuvent, bien sûr, se cumuler.

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Dialogue de Sherlock Holmes et du docteur Watson

Sherlock Holmes, le célèbre détective consultant, discute avec son acolyte, le médecin Helmut Watson au 221B Baker Street à Londres

– Mon cher Helmut Watson, d’après vous, pourquoi Le Drian a-t-il été nommé par le Grand Conducator de la France comme ministre des affaires étrangères ?
– Parce que c’est un fin diplomate, mon cher Holmes !
– Pas du tout, mon cher Watson, Le Drian est aussi diplomate qu’un éléphant socialiste dans un magasin de porcelaines. Le stupide Breton Le Drian ne représente rien de plus qu’un exemplaire parmi les innombrables perroquets de Ouah-shingue-tone. Ensuite, Watson, pouvez-vous m’expliquer pourquoi Bruno Le Maire se retrouve responsable, mais pas coupable, des finances publiques de la grande nation Française ?
– Parce que c’est un fin économiste, mon cher Holmes !
– Absolument pas, mon cher Watson. Bruno Le Maire est un petit diplomate de formation, à l’ego boursouflé, qui décrit ses états d’âme dans des livres insignifiants qui n’intéressent personne, et certainement pas les ménagères désespérées en recherche de figures charismatiques. Il ne comprend strictement rien de rien à la finance, et encore moins à l’économie. Maintenant, mon cher Watson, pouvez-vous me dire pourquoi Roselyne Bachelot tente de s’occuper de la culture en France ?
– Parce que c’est une personne très cultivée, mon cher Holmes !
– En aucune manière, mon cher Watson. La grosse, vieille, laide et absurde pharmacienne Bachelot ne connait que les vaccins de la grippe H1N1, mais rien, ni personne dans le domaine des Beaux-Arts. Sa seule incursion révélatrice, voire apocalyptique, dans le domaine des Arts éphémères fut une prestation théâtrale sur les problèmes du bas-ventre.
– Mon cher Holmes, vous m’embrouillez l’esprit ! Où voulez-vous en venir ?
– Mon cher Watson, cherchez à qui le crime profite ! Suivez mon œil de lynx ! Qui pointe vers les rives du Potomac ! Je vois, je saisis, et j’agirai en temps utile … ou pas ! Suivant mon bon et souverain plaisir !

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Le Régent, Philippe d’Orléans

Le Régent, Philippe d’Orléans

Le Rabouilleur a décidé de faire de son blog un mille-feuilles, avec alternativement une couche de Sciences et une couche de Littérature. Donc, après la Science, place à un billet sur la littérature, et en particulier la narration de l’histoire de France sous l’Ancien Régime de la monarchie héréditaire.

Les temps sont durs dans la France des débuts de l’année 2021, pour de nombreuses raisons, internes et externes. Quand les temps sont durs, les Français doivent s’inspirer des valeureux dirigeants qui ont réussi à sortir notre grande Nation des ornières de la malchance.

Parmi tous ces nombreux dirigeants de valeur, le Rabouilleur a choisi de présenter le cas de Philippe d’Orléans (1674-1723), neveu et gendre de Louis XIV, régent de notre beau royaume de France du 1er septembre 1715 au 15 février 1723, soit 7 ans de gouvernement où il fit bien plus que d’autres clampins en 20 ans.
En plus, ce grand dirigeant a été calomnié par un gauchiste ignare, Bertrand Tavernier, idiot utile aux ennemis de la France, dans un navet insupportable, toxique, et intitulé : Que la fête commence !

Ce navet gauchiste et mensonger est un contre-sens absolu, car le Régent n’était vraiment pas à la fête, bien au contraire, car forcé de nettoyer les écuries d’Augias héritées de son oncle et beau-père, En effet, Louis XIV a laissé à son continuateur un pays ravagé par deux maux, le petit Age glaciaire et des finances publiques catastrophiques, causées par une fiscalité délirante et déséquilibrée. Le Régent hérita aussi de deux puissants ennemis étrangers, qui l’enserraient dans une tenaille, à savoir les Espagnols insensés, et les Anglais arrogants, et qu’il réussit à neutraliser avec l’aide de l’abbé Dubois, son ancien précepteur, originaire de Brive-la-Gaillarde.

Pour l’histoire de la Littérature française, le Régent a formé un binôme d’anthologie avec son véritable ami, des bons et des mauvais jours, le duc de Saint-Simon, célèbre mémorialiste. Le réaliste sceptique associé au bigot idéaliste : un duo de choc ! Le Régent était un fin politique, et il traita le cas du jeune Voltaire avec beaucoup d’habileté. Sans doute sur les conseils de l’abbé Dubois, qui connaissait bien la haute vallée de la Corrèze, le Régent décida de punir l’apprenti filozof en l’exilant à Tulle, ville du Limousin maudite par excellence, pour lui apprendre à mesurer les dangers bien réels de la subversion de l’ordre établi. La leçon ne porta pas ses fruits. Et Voltaire bénéficia d’une session de rattrapage de onze mois dans la prison parisienne de la Bastille, aux frais du contribuable.

Pour aller plus loin, lisez plutôt l’ouvrage de Jean-Christian Petitfils !
Dans la collection Pluriel : https://www.fayard.fr/pluriel/le-regent-9782818503485
992 pages pour 12,00 euros : excellent rapport qualité/prix !
Plus d’informations sur ce remarquable travail d’historien sur le site de Babelio : https://www.babelio.com/livres/Petitfils-Le-Regent/5811


Résumé
Sauvegarder la grandeur de la France tout en faisant le bonheur des Français : le défi qu’eut à relever en 1715 Philippe d’Orléans, neveu de Louis XIV, était redoutable. Si on le voit encore volontiers sous les traits d’un libertin ordonnateur des plaisirs d’une société raffinée mais corrompue, alors que se multipliaient les signes avant-coureurs de la Révolution, ce cliché reste bien léger. Le Régent, personnalité complexe et insaisissable, fut un prince à l’intelligence lumineuse, un travailleur acharné, un soldat brillant en même temps qu’un politique d’une habileté extrême.

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Système métrique

Étalon historique du kilogramme

Reprise et mise à jour d’un ancien article de 2016

Le système métrique ressemble à la prose de Monsieur Jourdain : vous l’utilisez sans y prêter attention.
Quand vous achetez un kilo de carottes, trente litres d’essence, ou deux mètres de toile cirée, vous faites référence au système métrique, sans vous en rendre compte. Si vous habitiez aux U.S.A, vous achèteriez plutôt 2 livres et 3 onces de carottes, 7 gallons US d’essence et 7 pintes de carburant, et 6 pieds et 7 pouces de toile cirée, mais les Ricains représentent l’ultime poche d’archaïsme qui finira bien par capituler, et sans conditions.

Le système métrique constitue un des rares apports positifs de la Révolution Française à l’avancement de la Science, sans violence, et il n’est jamais cité à ce titre. Les Français ne savent pas se vendre à l’export, mais c’est une vieille constante d’un vieux pays. Si le système métrique s’est imposé dans pratiquement tous les pays du globe en 2016, c’est bien la preuve qu’il apportait des améliorations pratiques par rapport aux anciens systèmes de mesure. Si tel n’avait pas été le cas, il aurait fini dans les oubliettes de l’histoire, comme le système de notation musicale de Jean-Jacques Rousseau, ce vilain et ignoble natif de Genève. Le système métrique peut aussi être vu comme une des très rares réussites de la centralisation en France, avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts de François Ier (1539), la carte de Cassini (1748 – 1756) et la normalisation de l’artillerie par Gribeauval en 1765, sous l’Ancien Régime.

Il convient donc de faire une petite description du système métrique, aussi instructive qu’amusante, pour enrichir le Gai Savoir de Rabelais, synthèse de l’utile et de l’agréable.

Grandeurs fondamentales et grandeurs dérivées.

Le système métrique, rebaptisé Système International par la communauté scientifique, abrégé en SI, comporte sept grandeurs fondamentales, six étant des grandeurs extensives ou quantitatives, et une seule grandeur étant intensive ou qualitative, la température.

Les unités de ces sept grandeurs fondamentales sont :

  1. La Masse unité : le kilogramme ou kg
  2. Le Temps unité : la seconde ou s
  3. La Longueur unité : le mètre ou m
  4. L’Intensité électrique unité : l’ampère ou A
  5. La Quantité de matière unité : la mole ou mol
  6. L’Intensité lumineuse unité : la candela ou cd
  7. La Température unité : le kelvin ou K

Une grandeur fondamentale possède des multiples et des sous-multiples en base 10 : kilo, méga, pour les multiples, milli ou micro pour les sous-multiples. Par exemple : microampère, millikelvin ou kilomètre ou mégatonne.
Par exception, et pour des raisons historiques remontant aux astronomes de Babylone, la grandeur Temps n’utilise pas la base 10, mais la base 60 : une minute compte 60 secondes, et une heure compte 60 minutes.
En fait, avec la découverte de la Relativité, le temps et la longueur sont une seule et même grandeur, dès que la vitesse de la lumière dans le vide a été fixée une fois pour toutes à la valeur de 299 792 458 m/s. La mesure d’un temps par une horloge atomique étant plus précise qu’une mesure de longueur, le mètre sera défini plus précisément par un temps de propagation de la lumière. Si les Trois Mousquetaires étaient quatre, comme chacun sait, et si la bande des quatre (gang of four) comptait cinq membres avec la femme du Grand Timonier Mao, les sept grandeurs fondamentales ne sont donc que six.

Une grandeur fondamentale nécessite un étalon, qui doit posséder les caractéristiques suivantes : stabilité dans le temps, indépendance de l’environnement, meilleure précision techniquement possible.
Les étalons des grandeurs fondamentales sont définis par des phénomènes physiques invariables et des constantes physiques comme les constantes de Planck et de Boltzmann et le nombre d’Avogadro, nombre sans dimension. Jusqu’en mai 2019, la masse était l’exception notable, qui avait pour seul étalon primaire un échantillon de matière entreposé au pavillon de Breteuil à Sèvres (Hauts de Seine).
En conséquence, tous les laboratoires de la planète disposaient d’un étalon fiable de chaque grandeur fondamentale, sauf pour la masse, pour laquelle il n’existait que des copies, plus ou moins fidèles. La définition du kilogramme a changé en 2019, et la nécessité d’un étalon matériel a disparu, par un tour de passe-passe bien connu des physiciens, qui ont transformé des constantes physiques, de précision limitée, en constantes mathématiques, de précision illimitée.

Une constatation notable : TOUTES les autres grandeurs physiques découlent de ces sept grandeurs fondamentales.
Par exemple, la tension électrique, exprimée en Volt, a pour dimensions : kg * m2 * 1/A * 1/s3.
En hommage à Blaise Pascal, le fondateur de l’hydrostatique, la pression, s’exprime en …. Pascal, of course, une unité qui a pour dimensions : kg * 1/m * 1/s2. Avec cette unité, la pression atmosphérique normalisée à l’altitude de la mer a pour valeur : 1 013 hectoPascal ou hPa.
L’entropie d’un système, ou mesure de son désordre, s’exprime en Joule/Kelvin, c’est à dire le rapport d’une énergie sur une température, et a pour dimensions : kg * m2 * 1/s2 * 1/K

Les Ricains n’utilisent pas le système métrique, ce qui leur pose des problèmes, notamment dans le domaine de la visserie et des satellites.
Pour la visserie, ils utilisent des boulons et des écrous qui ont des dimensions en fractions du pouce, et donc incompatibles avec des clés métriques, ce qui est extrêmement pénible pour les mécaniciens français, amateurs ou professionnels.
Dans le domaine des satellites, ils utilisent des altitudes en pieds, et perdent bêtement des engins comme le MARS CLIMATE ORBITER le 23 septembre 1999, parce que les ingénieurs se sont emmêlés les pinceaux entre les différents systèmes d’unités. Ce n’était pas bien grave, car il n’advint que des pertes matérielles, et la reconstruction d’un nouveau satellite relance l’économie.

Décollage d'Ariane 5 -VA 233
Décollage d’Ariane 5 -VA 233

Dans la vie de tous les jours, vous rencontrerez néanmoins des unités antérieures au système métrique, comme le demi pression, la livre et le carat, ce qui ne soulève aucune difficulté pratique.
Ainsi, au Café du Commerce, ou au Café des Négociants (son annexe aixoise), quand vous commanderez un demi de bière, le patron vous servira 25 centilitres de ce délicieux breuvage fermenté, ce qui correspond, plus ou moins à la moitié d’une chopine, moitié d’une vieille pinte.
Quant à la crémière, qui vous donnera du beurre contre l’argent du beurre, avec son fameux sourire, elle sait parfaitement qu’une livre correspond à 500 grammes.
Et votre petite fiancée cherchera TOUJOURS à savoir le nombre de carats du diamant (1 carat de diamant valant 200 mg) que vous lui avez offert en gage d’amour, pour pouvoir comparer son cadeau avec ceux de ses copines, et les faire enrager, si vous avez joué au grand Seigneur. Si vous refusez de dévoiler le précieux nombre, malheur à vous !
Vous subirez alors les invectives grotesques et risibles du chœur des fausses vierges faussement effarouchées, qui glisseront sur votre pelage de Loup des Steppes, comme gouttes de pluie sur les plumes d’un canard.

Le pavillon de Breteuil
Le pavillon de Breteuil

Pour aller plus loin, visitez le site Internet du Bureau International des Poids et Mesures ou BIPM. En plus, c’est écrit en excellent Français :
https://www.bipm.org/fr/measurement-units/

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Autopsie d’un salmigondis

Recension du Maitre du Talmud d’Eliette Abécassis

Le Maitre du Talmud constitue un essai de croisement entre le Candide de Voltaire et le Nom de la Rose d’Umberto Eco : de la filozofie peu convaincante maquillée dans une forme de roman policier médiéval.
Et l’essai n’est pas transformé, et de loin s’en faut. Comme dans le Nom de la rose, le meurtre initial n’est pas un meurtre, mais un accident. On trouve aussi le stéréotype du Livre maudit, mais la Poétique d’Aristote est remplacée par le Talmud. Cependant, le détective n’est pas un Maitre, comme Guillaume de Baskerville, mais un apprenti, ce qui ne concourt pas à la crédibilité du récit. Le seul personnage un peu intéressant est la femme du rabbin, qui rejoue le rôle de l’aubergiste du bout du monde dans la légende de Gilgamesh, en disant : Carpe diem ! Ce n’est pas de l’hébreu, mais du latin, qui signifie : cueille le jour, soit, profite du moment présent, parce que personne ne sait pas de quoi demain sera fait. Hélas, ce personnage féminin n’est pas développé. On trouve aussi des digressions sur la peine de mort, qui sont de mauvais copiés-collés de toutes les arguties d’un certain Badinter.

Ce qu’il faut retenir de ce roman policier médiéval, écrit par une filozofe peu créative :
Il y a la Loi, qui s’appelle la Torah chez les Juifs, et qui traite des cas généraux.
Il y a aussi la jurisprudence, qui s’appelle le Talmud chez les Juifs, et qui traite des cas particuliers.
Et bingo !
Il existe plus de cas particuliers que de cas généraux !
Donc, gros problèmes pour les prêtres, leurs apprentis, la romancière-filozofe, et son lecteur.
Un maître du Talmud n’est pas forcément un maître du Logos. Ce serait même plutôt un frein !

Repentir et correction :
Le vilain et impropre néologisme télévisuel de gloubi-boulga a été remplacé par le terme plus correct de salmigondis, qui est en cuisine un ragoût de restes de viandes, soit un mélange confus et disparate de veaux, vaches, cochons, etc…

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Transfert de technologie

Château de_Sarzay (Indre)

Énoncé du problème
Un professeur de Sciences ou de Lettres part à la retraite bien méritée après 40 années de service.
Se retrouvant inactif, alors qu’il possède un tempérament hyper-actif, il constate, à son corps défendant, que la retraite est un naufrage.
D’où la question ouverte et très marxiste-léniniste :
Que faire ?

Le Rabouilleur va vous expliquer dans cet article une des deux solutions praticables du problème.
Le prof retraité devient un méta-prof, ou prof de profs. D’où trois questions auxiliaires :
Pourquoi devenir un méta-prof ?
Comment procéder pour devenir un méta-prof ?
Combien ça coûte ?
L’autre solution praticable consiste à mener une activité de recherche indépendante, avec ou sans l’aide d’un mécène. Mais, avec une mécène richissime, comme la célèbre veuve Bettencourt, la recherche peut prendre un tour agréable :
travaux pratiques sur la diététique dans des restaurants gastronomiques, voyages d’étude dans des relais et châteaux, séminaires dans des paradis tropicaux, embauche d’une assistante décorative ex Miss Aquitaine, achat d’une Porsche comme véhicule-laboratoire, etc, etc …. Le Rabouilleur vous garantit que cette recherche ne sera pas du temps perdu pour le Scientifique. Pour les Sciences, c’est une autre affaire.

Pour illustrer son raisonnement, le Rabouilleur va s’appuyer sur un exemple de réussite et un contre-exemple d’échec manifeste, dans le domaine de la géométrie, science pure et dure par excellence.

Exemple de réussite :
Le site Internet d’Alain Connes, médaille Fields, enseignant au Collège de France, et spécialiste mondial et incontesté de la géométrie non-commutative.
http://www.alainconnes.org/fr/
Contre-exemple d’échec :
Le site Internet et bordélique d’ABCMaths, un fouillis où une chatte ne retrouverait pas ses petits, d’où gaspillage de temps et d’énergie pour le visiteur.
https://abcmathsblog.blogspot.com/

loup
Steppenwolf

Pourquoi devenir un méta-prof ?
Pour deux raisons !
La première est la réflexion d’Edmund Burke (1729-1797) :
il suffit que les hommes de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe.
La seconde est une autre constatation thermodynamique du Rabouilleur :
Le principal obstacle à la manifestation de la Vérité n’est pas le mensonge, mais l’insignifiance. Un mensonge peut se réfuter, mais pas l’insignifiance.
Dans la théorie de l’information, une branche de la thermodynamique, le physicien doit extraire un signal pertinent qui se retrouve noyé dans le bruit ambiant, comme l’aiguille cachée dans la botte de foin. Le méta-prof devient une sorte de petite boussole qui est supposée guider les profs dans le brouillard, qui masque les étoiles et le soleil, ce qui rend la navigation hauturière compliquée. Le méta-prof doit s’inspirer de l’œuvre du grand penseur Roger Scruton (1944-2020) : pour contrer l’idéologie marxiste-léniniste et former de futurs dirigeants, ce Britannique a participé à des écoles clandestines en Europe centrale, pendant la guerre froide. Comme les premiers Chrétiens, il travaillait dans les catacombes, ou dans un sous-marin comme le capitaine Nemo, si l’on peut dire.

Comment procéder pour devenir un méta-prof ?
Il existe trois bonnes méthodes complémentaires, et une mauvaise méthode.
Il faut commencer par évacuer la mauvaise méthode, qui consiste à entreposer des vidéos sur la Toile.
En effet, une vidéo représente une perte de temps pour le récepteur du message, car 60 minutes de vidéo peuvent se condenser en 10 minutes de lecture. La vidéo présente aussi l’inconvénient de nuire à la concentration, car le signal est surabondant. Il est bien moins fatiguant pour le cerveau humain de lire un texte que de regarder une vidéo. Et pour l’émetteur du message, il est 10 fois plus rapide de corriger un texte qu’une vidéo. Ensuite, les vidéos ne permettent pas de vous garantir un certain anonymat. Suivant une maxime populaire : toute vérité n’est pas bonne à dire. La démonstration d’une vérité dérangeante vous expose à des risques de représailles de la part des charlatans, scribes, mandarins, gourous, pseudo-experts et autres énarques prospérant sur le filon de la crédulité humaine. En plus, si la vidéo est trop caustique, elle sera gommée, ou effacée, ou annulée, en globish : cancelled, par l’hébergeur.
Les trois bonnes méthodes de diffusion du savoir, méthodes d’ailleurs complémentaires, sont :
La conférence, ou cours magistral
L’archive en ligne sur la Toile
Le livre imprimé

La conférence, ou cours présentiel, permet un retour d’expérience immédiat, juste en regardant le visage des auditeurs.
Dans le cas favorable, l’auditoire est captivé.
Dans le cas défavorable, l’auditoire est perdu. Et le conférencier comprend : ouh la la ! mon discours est vraiment mauvais, mauvais de chez mauvais. Il faudra remettre l’ouvrage sur le métier, sinon je vais finir en prédicateur ridicule, comme le Filozof en Bois Tropical, alias FBT, alias agent Triple Buse.

Le processus de diffusion du savoir du méta-prof peut suivre cette progression :
Premièrement, le méta-prof met au point son discours par des cours présentiels. C’est la phase de la maquette
Deuxièmement, le méta-prof met ses cours en ligne sur un site de la Toile, et recueille ainsi des commentaires et des critiques sur son travail. C’est la phase du prototype.
Troisièmement, capitalisant sur les (rares) critiques constructives, le méta-prof publie un livre imprimé. C’est la phase de la production en série.

La mise en ligne des cours sur la Toile pose deux problèmes :
– Trouver un hébergeur fiable et indépendant pour entreposer votre contenu.
– Apprendre certaines normes d’édition d’un texte, à savoir les différents formats de fichiers informatiques : txt, html et pdf.
Il importe de connaitre les contraintes économiques de l’hébergement de sites Internet.
Un professionnel de l’hébergement doit payer des coûts multiples et certains avec des ressources de nature aléatoire. C’est un cas d’école d’entreprise économique, avec la prise de risque inhérente à toute décision en avenir incertain.
En effet, les ressources, ou recettes possibles, sont au nombre de trois, et seulement trois, à savoir :
La contribution du consommateur de contenu, la contribution de l’auteur, et la publicité payante, proportionnelle au trafic d’un site qui est a priori inconnu et variable.
Par contre, les coûts sont fixes et comprennent l’amortissement du matériel informatique, le coût du raccordement au réseau Internet, la facture d’électricité, et la main d’œuvre nécessaire au bon fonctionnement des sites hébergés.
Concernant les recettes possibles, Internet pose un problème, à savoir que le consommateur ne paye rien. Le Minitel, ancêtre Français d’Internet, permettait de facturer le consommateur au prorata du temps de connexion, avec différents paliers de tarification. Mais ça, c’était avant. Il ne reste donc que deux sources de recettes pour l’hébergeur Internet : facturer l’auteur, ou facturer des tiers, les annonceurs qui afficheront des publicités ciblées sur le site. Si votre site a un faible trafic, cette dernière ressource sera inexistante. C’est alors à l’auteur d’assumer les coûts d’hébergement, car il n’existe pas de repas gratuit.

Combien ça coûte ?
L’hébergement d’un site Internet pour vos cours vous coutera de l’ordre de 40 euros par an en 2021, chez OVH, le prestataire de services d’Alain Connes, un fournisseur Français et fiable, avec la possibilité de l’anonymat garanti. Il faudra prévoir aussi quelques fifrelins, pour réserver un nom de domaine Internet. Ensuite, la meilleure des solutions consiste à faire appel à un ami informaticien, pour mettre en ordre de marche votre site. Le propre d’un grand esprit consiste à s’entourer de gens compétents. Dis moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es !

En conclusion, la réalisation d’un site Internet d’archive de cours en ligne n’est pas une affaire simple, ni gratuite pour un auteur. Elle nécessite un minimum de connaissances techniques en informatique, et en particulier dans les logiciels nommés systèmes de gestion de contenus, en Anglais Content Management Systems, abrégé en CMS, ainsi que l’application de bonnes pratiques issues de l’expérience. Ces sujets étant très vastes, ils feront l’objet d’un article séparé à venir.

Le grand-père du Rabouilleur
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Courbure dans le plan

Suite du cours de géométrie : leçon n°5

Le déroulement de ces leçons de géométrie permettra d’aboutir à la formule de Gauss-Bonnet, une relation entre les propriétés métrique et topologique d’une surface régulière, espace de dimension deux, plongé dans un espace à trois dimensions. Il faut passer par trois étapes :

  • La définition de la courbure locale d’une courbe du plan euclidien.
  • La définition de la courbure locale d’une surface de l’espace euclidien à trois dimensions.
  • Le calcul de la quantité totale de courbure d’une surface régulière, comme la sphère, ou le tore, ou le ballon de rugby, soit un ellipsoïde.

Cette leçon de géométrie va permettre de définir et de caractériser la courbure locale d’une courbe dans un plan euclidien, la courbe étant supposée suffisamment lisse, ou régulière. Le cas le plus simple de courbe lisse à étudier est la parabole, qui a pour équation :
y = f(x) = x^2.
Et sur la parabole, le point le plus simple à étudier est le point O, ou origine, ayant pour coordonnées dans le repère cartésien le couple de nombres réels (0,0).

D’où la question, quelle est la courbure de la parabole au point O, ou origine des coordonnées ?

Pour répondre à cette question, il faut faire un détour par la construction, à la règle et au compas, du cercle circonscrit à un triangle ABC. En effet, par 3 points non alignés, passe un cercle et un seul, comme dans ce dessin :

Le centre du cercle circonscrit au triangle ABC se construit par l’intersection de 2 parmi les 3 médiatrices des segments AB, BC, et CA.

Pour calculer la courbure de la parabole à l’origine, il suffit d’utiliser une technique mathématique appelée l’interpolation. Cette technique consiste à trouver le cercle qui passe par trois points non alignés situés sur la parabole. Il est possible de prouver que 3 points choisis sur la parabole ne sont jamais alignés.
Ces trois points seront choisis judicieusement pour simplifier au maximum les calculs à savoir :
O ou l’origine, de coordonnées (0,0)
M, un point de la parabole, proche de O, donc de coordonnées (t, t^2)
M’, le symétrique de M par rapport à l’axe vertical, également situé sur la courbe, de coordonnées (-t, t^2)
Comme dans cette figure :

Cercle circonscrit à la parabole
Cercle d’interpolation de 3 points

Ensuite, on fait tendre les points M et M’ vers O, et la figure suivante donne une représentation du phénomène du cercle limite, aussi appelé cercle osculateur :

Reste à calculer le rayon R du cercle de centre C ayant pour coordonnées (a,b), qui passe par les points O, M et M’. Puis à faire tendre M et M’ vers O, et en déduire le rayon R à la limite, ou rayon de courbure de la parabole à l’origine.
Pour simplifier le calcul, il faut voir que le centre C du cercle se trouve sur la médiatrice du segment MM’, qui est l’axe des y, et C est situé à un rayon de l’origine O. Les coordonnées de C sont donc (0, R). Ensuite, l’équation du cercle appliquée au point M donne :
MC^2 = R^2 soit
t^2 + (t^2 – R)^2 = R^2
t^4 + (1 – 2R) * t^2 = 0
puis, en éliminant le facteur t^2
t^2 + 1 – 2R = 0
Ce qui donne l’expression du rayon R en fonction de la variable t :
R = 1/2 * (1 + t^2)
En faisant tendre M et M¨vers O, on fait tendre t vers zéro.
La limite du rayon est donc de R = 1/2 ou 0,5.

On peut ensuite tenter une généralisation en étudiant la famille des paraboles avec un paramètre k strictement positif, soit les fonctions d’expression algébrique :
y = f(x) = k * x^2
D’un point de vue géométrique, plus le paramètre k est faible, plus la parabole est aplatie au voisinage de l’origine des coordonnées, ou point O.
Les mêmes calculs donnent l’expression du rayon R en fonction de la variable t :
R = 1/2k + (1/2) * k * t^2
La limite du rayon de courbure quand t se rapproche de zéro, est donc :
R = 1/2k.
Le rayon de courbure de la parabole est inversement proportionnel à l’aplatissement de la courbe, tendance conforme à l’intuition géométrique.

Dans le cas simple et favorable des paraboles, il faut tenir compte du fait suivant : la parabole est une courbe concave, car sa dérivée seconde est toujours positive. En effet, les fonctions dérivée première, et dérivée seconde ont pour expression :
f’ ‘(x) = 2 * k * x
f « (x) = 2 * k
Avec k strictement positif, la dérivée seconde ne s’annule pas à l’origine O; elle est même strictement positive.

Étude qualitative des points de singularité
La question est la suivante :
Que se passe-t-il quand la dérivée seconde s’annule en un point de la courbe ?
Pour fournir une réponse, l’examen d’un exemple simple est nécessaire, comme le cas de la fonction cubique au voisinage du zéro.
La fonction cubique a pour équation algébrique :
y = f(x) = x^3
Sa dérivée première est :
y = f »(x) = 3 * x^2
Sa dérivée seconde est :
y = f »(x) = 6 * x
Sa dérivée seconde s’annule donc seulement pour x = 0, qui correspond à une singularité.
La représentation graphique de la fonction cubique est la suivante :

On constate que la concavité de la cubique est orientée vers le bas pour les valeurs de x négatives, et orientée vers le haut pour les valeurs de x positives.

Pour voir l’évolution du cercle interpolateur, la bonne méthode consiste à faire deux approches, une approche par le coté droit de l’origine, et une autre par le coté gauche.
Dans ce but, on choisit les 3 points suivants :
O, l’origine
M, un point d’abscisse t positive et d’ordonnée t^3
N, un point d’abscisse 2 * t positive et d’ordonnée 8 * t^3
Ensuite, en faisant décroitre la variable t vers 0, on constate que le cercle interpolateur de O, M et N devient de plus en plus grand. Son rayon tend vers l’infini.
La même construction avec des points d’abscisse négative aboutit au même résultat : le rayon du cercle tend vers l’infini.

Pour s’affranchir de la singularité infinie, il existe une méthode simple, à savoir définir la courbure K comme l’inverse du rayon R du cercle osculateur, soit :
K = 1/R
Donc, la courbure à l’origine de la fonction cubique est nulle.

Les cas triviaux de la droite et du cercle s’en déduisent :
la courbure de la droite est toujours nulle.
la courbure du cercle de rayon R est constante et vaut 1/R.
Dans le cas de la parabole d’équation y = k * x^2, on trouve que la courbure au point origine vaut 2k.

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Umberto Eco

Les trois types de récits

Umberto Eco a écrit plusieurs grands livres, dont le Nom de la Rose, un roman policier médiéval, qui a donné un excellent film Français avec Sean Connery.
Malheureusement pour lui, Umberto Eco est né sous le signe maudit du Capricorne, le signe des gens pesants, introvertis, routiniers et ennuyeux.
Umberto Eco, après de longues et très, très laborieuses études littéraires, est arrivé à la conclusion qu’il n’existait que deux formes d’histoires :
les contes de fées et les fables.
Les contes de fées sont des mythes consolatoires, avec des manifestations modernes dans l’abjecte et lucrative littérature des romans feel-good pour ménagères désespérées.
Les fables sont des leçons de vie, cruelles comme les nouvelles de Maupassant, car la Vie est cruelle.
Ce gros nul de Capricorne n’a RIEN compris à l’histoire de la femme de Loth, qui montre une troisième catégorie de récit : l’histoire absurde.
Une paysanne proche-orientale, Mme Loth, bine son champ de pois chiches, une légumineuse aux excellentes propriétés diététiques, près de la Mer Morte. Arrive des profondeurs du Cosmos une météorite à la vitesse de 9 km/s qui s’écrase dans la Mer Morte, en dégageant autant d’énergie qu’une bombe à fission thermonucléaire, pour la bonne et simple raison que l’énergie cinétique de la météorite est proportionnelle au carré de sa vitesse. Mme Loth est transformée en statue de sel en une fraction de seconde.
C’est le prototype de l’histoire absurde. On retrouve un autre exemple dans les histoires de détectives : les romans policiers, comme le Nom de la Rose, sont des fables sur un canevas de crime(s) et châtiment, et les romans noirs, des histoires absurdes. Mais Umberto Eco n’a rien vu, ni rien compris à ce sujet.
En effet, les sémiologues, comme les psychanalystes, cherchent et voient, par déformation professionnelle, des signes là où le véritable Scientifique ne mesure que chaos, désordre et entropie.

Tant pis pour l’étudiante crédule et limitée d’un cours de sémiologie, et le client infantile de la psychanalyste hallucinée, à X euros la séance, non remboursée par l’assurance maladie !
Les naïfs n’en ont JAMAIS pour leur argent, voila la morale de cette fable.

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Le délire « culturel » Ricain

Les Ménagères désespérées passent à la moulinette

L’importation de biens de consommation matérielle nécessite le passage de cette marchandise dans un laboratoire pour vérifier l’innocuité du produit, et, employons un grand mot, sa loyauté.
Comme le marché français, en tant que partie intégrante du marché de la maudite Union Européenne, est ouvert à tous les vents, le passage au labo d’analyses relève en règle générale de la farce bureaucratique destinée à occuper les associations de consommateurs, et à leurrer, à peu de frais, l’homo œconomicus europeus, qui se croit ainsi défendu par les fameux Pouvoirs Publics alors qu’il n’en est rien dans la réalité : ah ! ah ! ah ! la bonne blague.
Appliquons maintenant cette farce bureaucratique à un produit immatériel, en lieu et place de la viande hachée venue d’on ne sait où, et faite on ne sait comment.

A titre d’exemple, le Rabouilleur va donc examiner dans son petit laboratoire d’idées un produit immatériel, à défaut d’être culturel, en provenance directe des U.S.A :
la série « Desperate Housewifes » qui a envahi nos écrans il y a plusieurs années.
Les Ménagères vont donc passer à la moulinette, et non à la casserole, et les résultats en sortie de moulinette ne manquent pas de sel.

1/Étiquetage :
Le titre original « Desperate Housewifes » se traduit en français par « Les Ménagères désespérées », mais bien sûr, il n’est pas traduit en Français. Donc défaut d’étiquetage et non-conformité flagrante avec la loi française dite loi Iznot-Allgood.

2/Analyse spectrale par résonance magnétique nucléaire :

  • 45 % de Madame Bovary (origine France non mentionnée sur l’étiquette).
  • 52 % d’égalitarisme forcené (origine Grèce contrôlée : la République de Platon).
  • 3 % d’impuretés qui nécessitent une analyse complémentaire

Remarque : le total fait bien 100%.
Le spectre d’analyse montre un Arlequin, composé pour une moitié d’idéalisme platonicien et, pour l’autre moitié de réalisme flaubertien.

3/Résidu à sec (par chauffage à 380°C)

On trouve les éléments suivants :

  • Lubricité : 33 %
  • Cupidité : 33 %
  • Vacuité : 33 %
  • Bizarre : 1%

Ces éléments sont conformes à la norme UE-Stupid-2005 qui interdit la politique et la religion, éléments trop complexes, clivants, et dangereux, et déconseille la culture.

4/L’emballage :

L’emballage est constitué de simulacres non recyclables :

  • simulacre de nature : des jardinets sans caractère.
  • simulacre de ville : une banlieue (la fameuse suburb).
  • simulacres de maisons : toutes identiques, sans cachet et bâties à la va-vite
  • simulacre de communauté : une allée dans un lotissement sans aspérité, sans particularités, vraisemblablement sans passé et certainement sans avenir (le célèbre No future).

Nota : le terme de simulacre se traduit assez bien par l’anglo-saxon fake.

5/Taux de matière grise :

Calculé sur les masses de produit frais, si l’on peut dire : 10 %

Le produit est très pauvre en matière grise, mais contient quand même 10% d’huile de cranes renormalisée : la renormalisation consiste, comme chacun sait, ou devrait savoir, à transformer l’anormal en normal. Les pédants diront que le pathologique est présenté comme physiologique. Comme chez Orwell, les normes sont inversées.
Certaines études scientifiques ont conclu à la nocivité à long terme des huiles renormalisées. Mais Super-Doc du Vieux-Port a démontré que ces études n’étaient qu’impostures, billevesées, et propagande obscurantiste des ennemis du Divin Progrès. Pour les curieux et les pervers, les études de Super-Doc sont consultables dans le magazine des 3 points:. de M. Homais.

6/Analyse gustative :

Sous-traitée à une spécialiste, notre consœur Karine du Chombier, attachée de presse, blogueuse et influenceuse, chercheuse en sciences dites sociales, psychanalyste lacanienne et astrologue (une seule et même personne):

Le produit présente une apparence d’égalitarisme, puisque toutes les personnes ont, peu ou prou, les mêmes conditions matérielles, sinon elles seraient éjectées de la résidence. Mais le goût en bouche est désagréable parce que certaines ménagères sont bien plus malheureuses que d’autres, ce qui est contraire au principe intangible de Justice Sociale. Ainsi, certaines ménagères sont bien plus belles et mieux habillées que les autres et, de plus, certaines ont des troubles de jouissance et pas les autres.
Alors je pose cette question, ou plutôt ce cri : Est-ce normal, docteur Karl Marx ?

7/Antichambre de l’ultime déchéance :

Analyse toujours en cours => le spectromètre de masse est tombé en panne !
Stupide machine ! La science est trahie par la technique, une fois de plus.
Dans ces conditions, impossible de déterminer avec précision le taux de sexe, de drogue, et de rock’n’roll

Conclusion du laboratoire d’idées (en globish think-tank) :

Ce feuilleton Ricain fait penser à la citation de Georges Bernanos :
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas tout d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.

Après analyse, le produit doit être déclaré comme impropre à la consommation humaine, voire carrément nocif à long terme. Ce qui pose la question subsidiaire :
les Ricains, gros consommateurs du produit, sont-ils des hommes ?
Dans un dialogue socratique bien-connu le docteur Watson et Sherlock Holmes ont répondu à cette question capitale :
– D’après vous, mon cher Holmes, les Ricains sont-ils des hommes ?
– Mon cher Watson, j’ai déjà étudié cette question dans « L’Affaire du Gros Rouge qui Tache » que je pourrais vous détailler. Mais les histoires des ménagères Yankees m’ont toujours fait bailler d’ennui. A la place, je vais plutôt vous raconter les aventures d’Anna Chapman, une espionne Russe, histoire bien plus intéressante, pour des raisons élémentaires. Suivez mon regard !

Anna Chapman

Mais ceci est une autre histoire …

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