Foutaises psychanalytiques

Foutaises psychanalytiques

ou

Virginie Martin astique Trissotin.

Avec Virginie Martin, c’est un peu comme les albums de Martine dans ma jeunesse.
Après l’album « Virginie féministe », et les multiples rééditions de « Virginie socialiste », l’album « Virginie joue au docteur Freud » vient de sortir.

Peut-être à cause de mon précédent billet, le site Internet de son officine subventionnée (1), qui somnolait depuis longtemps, s’est brusquement réveillé, et une avalanche de nouveaux billets a subitement fait son apparition.
Avec tous les sujets qui affolent les bobos parisiens, mais pas forcément le contribuable de base, salarié du privé. N’oublions pas que Thomas Hollande, rejeton illégitime de notre grandiose Président de la République et de sa Dinde mégalomane, apparait comme le parrain de ce cercle de réflexions. Une inspection est si vite arrivée.

Néanmoins, cher contribuable, tu seras ravi d’apprendre que le laboratoire d’idées de Virginie Martin, que tu payes de tes taxes et impôts, vient d’accoucher d’une nouvelle fulgurance :

Manifeste sur la position du psychanalyste au XXIème siècle
par
Marie-Magdeleine Lessana.

Lien hypertexte : http://www.thinktankdifferent.com/fr/les-publications/les-notes/theme-3-axe-sante-bien-etre/id-21-manifeste-sur-la-position-du-psychanalyste-au-xxieme-siecle

Rien que le titre, un bref aperçu de ce fatras, et le prénom prédestiné de l’auteur (ou l’autrice ou l’auteure, bref la coupable), n’inspirait a priori au lecteur anonyme qu’une réplique :

Noli me tangere (Ne me touche pas !).

De ce chef d’œuvre de charabia, je citerai seulement cette trouvaille : les interstices de l’esprit. Le lecteur malveillant en déduirait que l’esprit de cette dame Lessana ressemble au fromage de Gruyère, rempli de trous et de lacunes. Je n’irai pas jusque là. Au final, cette œuvre de l’esprit ne m’a pas permis de déterminer si la position du psychanalyste était la levrette ou le missionnaire, d’où une grande frustration.

Après réflexions, il m’a semblé nécessaire de descendre dans l’arène, et d’opposer des arguments solides à ces sottises, ces pollutions intellectuelles et ces aberrations malsaines. Le crime contre l’esprit ne doit pas rester impuni.
Par ailleurs, l’argumentaire que le Rabouilleur compte développer pourra se révéler utile sous d’autres mains et en d’autres temps.

Sur le fond, la psychanalyse, ce corpus doctrinal élaboré par Sigmund Freud, se caractérise par :
– Une trivialité logique. (en langage courant : une évidence)
– Un réductionnisme de bas étage.
– Du recyclage.
– Une logique duale conscient/inconscient contraire à l’observation biologique.
– La négation arbitraire du libre-arbitre au profit d’obscures pulsions, aboutissant in fine à la négation de la responsabilité individuelle.

1/ Trivialité

La psychanalyse pose comme argument de base que la sexualité est le moteur et l’explication quasi-unique de la personnalité humaine. Comme le principe de base de la Vie est de survivre et de se reproduire, cette considération relève de l’évidence. La preuve formelle que mes parents pensaient à çà, c’est que je suis là pour vous en parler. Que l’amour, dans toutes ses manifestations, soit la grande histoire de l’existence, voilà qui n’est ni neuf, ni original.

2/ Réductionnisme

Freud a essayé de prouver que tous les comportements humains trouvaient leur justification dans le sexe, qui était donc la cause unique. Malheureusement pour lui, chez les mammifères, les naturalistes ont trouvé bien des comportements où le sexe n’a aucune part, à commencer par la protection de la génération future, et d’autres conduites altruistes, comme celle des Sept Samouraïs, ou le sacrifice des 300 Spartiates aux Thermopyles. Le discours freudien qui essaie de tout justifier par une cause unique est un exemple d’école de réductionnisme : tout se réduit au sexe. Une théorie réductionniste séduit les esprits paresseux, et cela explique en grande partie la propagation de ce discours simpliste. Malheureusement, le monde réel se révélera toujours plus compliqué qu’un modèle simple, les plus grandes erreurs découlant d’une généralisation abusive.

3/ Recyclage

Pour s’occuper de ses patients, Freud pratiquait le traitement par la parole, ensuite il en a fait l’alpha et l’oméga de sa pratique. Le malade vide son sac, il verbalise, il doit s’en sentir mieux. On dirait presque une confession. Rien à voir, puisque le confesseur officie gratuitement, alors que le thérapeute se fait payer. C’est toute la différence entre la prétendue médecine et la religion. Pour Freud, le fric fait partie de la thérapie. Thérapie du malade ou thérapie du charlatan ? telle est ma question !
Le charlatan se sent moins un imposteur en recevant de l’argent, il se soigne de son imposture par cette reconnaissance matérielle du patient. A mon sens, c’est le seul aspect positif de la séance. Il me faudrait le témoignage de Madame Embobinesco pour savoir si mon interprétation est recevable. Lacan, ce clown grandiose, ne peut plus témoigner, et pour cause : il est décédé.  (arrête ton char, Lacan !).

4/Structuration cérébrale et postulat de l’inconscient.

Sans rentrer dans des détails longs et inutiles, l’argumentaire de Freud expose que l’esprit humain est décomposé en deux sous-ensembles : le conscient et l’inconscient. il propose donc une représentation de son objet d’étude à deux niveaux. Pas de chance pour le charlatan viennois, l’étude du cerveau humain révèle une construction en 3 strates :
1/ niveau neuro-hormonal.
2/ système limbique.
3/ cortex.
Cette architecture à 3 strates reflète le processus évolutif, le niveau le plus bas étant le plus ancien. Chaque strate remplit un certain nombre de fonctions. Schématiquement, la division fonctionnelle correspondant à une hiérarchie corps/cœur/raison. Il ne s’agit nullement d’une architecture duale du type conscient/inconscient. Chaque niveau interagit avec le niveau inférieur ou supérieur par échange réciproque de signaux de type stimulation/freinage.
Au risque de sombrer dans la banalité, cela se reflète dans des observations telles que :
Ventre affamé n’a pas d’oreilles.
L’amour rend aveugle.
Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point. (Blaise Pascal)
La coucherie y fait grandement,
etc ..
En aparté, cette division de la personnalité en 3 aspects, sexuel, affectif et intellectuel correspond assez bien aux trois personnages féminins du roman « Les liaisons dangereuses », roman à l’écho universel, qui fera peut-être l’objet d’un article plus approfondi, sachant que les femmes appellent l’affinité intellectuelle du doux et ambigu nom de complicité.
Conclusion : le modèle conscient/inconscient est trop pauvre pour représenter la réalité psychique. Ce point résulte directement du point n°2 : dans une construction réductionniste, on perd toujours des vis et des boulons. Même une théorie très étayée comme le Darwinisme, n’échappe pas à cette critique.

5/Tyrannie des pulsions et matérialisme caché.

A partir du moment où le comportement humain s’explique par des pulsions, conscientes ou inconscientes, l’homme se réduit à une machine obéissant à un déterminisme, qu’il soit patent ou caché.
Ce n’est pas ma faute, ce ne sera jamais ma faute, c’est la faute à mes pulsions, pulsions bien sûr « naturelles ». Allez savoir ce que naturelle veut dire dans l’histoire.
Très vieille théorie de l’homme-machine qui s’oppose frontalement au postulat du libre-arbitre. La querelle entre ces deux écoles ne sera jamais tranchée. Comme le freudisme appartient à l’école du matérialisme pur et dur, voilà qui explique également son succès auprès de tous les Monsieur Homais (voir Madame Bovary) de la création, et cela fait du monde.

La grande question que pose l’imposture psychanalytique est la suivante :
Pourquoi a-t-elle connu le succès ?

Historiquement, cette imposture a pris racine chez les psychiatres, une classe bien particulière d’empiriques. En effet, ces empiriques sont le produit d’une double distillation. Il faut constater que, dans une classe d’âge, parmi les élèves ayant des aptitudes scientifiques, c’est le fond du tonneau qui bifurque vers la médecine. Ensuite, à la faculté de médecine, c’est encore le fond du tonneau qui finit en psychiatrie, spécialité connue depuis toujours pour n’avoir jamais guéri personne. Vous imaginez la motivation des heureux élus. Ce mécanisme darwinien aboutit à sélectionner des individus recherchant une routine confortable et lucrative. Une théorie qui explique tout et son contraire leurs convenait parfaitement. Tu aimes trop ton père/ta mère, ou tu ne peux pas le/la voir en peinture : c’est pareil !  Cherchez la logique, et vous ne la trouverez pas. Génial ! Non è vero, ma è ben trovato.

A première vue, tout ce fatras prêterait à sourire. Hélas, la psychanalyse est une théorie criminelle par deux effets pervers :

1/ les problèmes psychiques ont presque toujours une origine biochimique ou biologique  (2), la grande exception étant la maltraitance infantile.  Les patients perdent alors leur temps, leur argent ou même la vie avec la psychanalyse.
2/ dans de nombreux cas comme l’autisme, la psychanalyse rejetait la responsabilité de la maladie sur les parents. C’est non seulement erroné, mais criminel.

Le lecteur qui voudra creuser le sujet lira le très intéressant Livre noir de la Psychanalyse. Les personnes qui ont plutôt une certaine sensibilité artistique verront avec grand plaisir le chef d’œuvre du cinéma d’Henri-Georges Clouzot, Le Corbeau. Ils y découvriront le psychisme d’un psychiatre, et une Veuve:. vengeresse.
Du grand art !

En 2014, il est tout-à-fait incompréhensible que l’imposture psychanalytique soit encore enseignée aux élèves de Terminale dans des cours de philosophie.
Pourquoi ne pas enseigner aussi la théorie des 4 humeurs d’Hippocrate ?
Ces deux discours sont aussi contraires à l’observation, aussi poussiéreux, aussi inopérants.

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Copyright Le Rabouilleur / mai 2014
Mise à jour : le 23 août 2016
Tous droits réservés. Reproduction et traduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

Note 1 : site accessible à l’adresse :  http://www.thinktankdifferent.com/fr/

Note 2 : biologique, en ce sens que certaines substances psychotropes peuvent être produites par des organismes symbiotiques.

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A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
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