Leonardo Kerviel

Leonardo Kerviel

Un breton têtu (1) alimente le flot continu de ces média télévisuels et stupides.
Depuis l’Italie, Kerviel plaide sa cause, assez défendable ma foi, assisté par un avocat qui semble bien dépassé. Mais l’argumentaire du coupable n’est pas convaincant, alors qu’il y aurait sujet à plaider, si l’angle d’attaque était modifié.

Si l’on observe la déconfiture d’une des trois plus grandes banques françaises, la Société Générale, du fait de l’un de ces employés, toute l’affaire se résume à un individu qui a pété un câble, chose assez courante, et à une hiérarchie qui n’a rien vu ou rien voulu voir.

Le simple énoncé des sommes qui ont été jouées et perdues au casino boursier donne le vertige.
Comment des montants aussi astronomiques ont-ils pu échapper à toute détection, et a fortiori à tout contrôle ?
Voilà qui dépasse l’imagination !

D’autant que les signaux d’alarme venant de l »extérieur se sont allumés à de nombreuses reprises.

Kerviel, ce breton simplet, qui n’a rien compris, ni rien appris, se retrouve dans la position bien inconfortable du bouc émissaire. Ma foi, il ne me semble pas s’être enrichi personnellement, il n’a violenté, ni assassiné personne. Trois ans de prison, voilà qui semble exorbitant dans cette France de 2014, où la pire crapule reçoit comme châtiment de ses méfaits un rappel à la loi par un délégué du procureur, autant dire une mignonne réprimande.

Mais, dans cette affaire Kerviel, les véritables responsables sont des énarques, mieux encore des inspecteurs des finances,  cette crème de la crème réputée infaillible. La sanction du lampiste se devait donc d’être gravissime.

Pour faire bonne mesure, le responsable en chef, Daniel Bouton, non plus que ses acolytes du conseil d’administration de la banque, n’y voyaient pas motif à  son inévitable révocation.

Pour tous ces puissants, une telle révocation aurait créé une jurisprudence inouïe, menaçant à terme tous les petits marquis des 3 banques françaises, ces banques qui sont comme des stations de compostage où les déchets de Bercy se recyclent. Pas vraiment gratuitement, et avec la bénédiction de leurs collègues examinateurs en pantoufles.

Bien sûr, il a fallu éponger les pertes, mais les dirigeants cooptés n’ont rien senti. C’est vous et moi qui payons, une fois de plus, le petit actionnaire, le salarié de la banque, et le client qui sera encore plus tondu.

Il y a eu déjà Haberer, l’énarque du Crédit Lyonnais, qui a couté des fortunes aux contribuables. Il y a eu Bouton, l’énarque qui ne voyait rien, n’entendait rien et ne disait rien.

La sagesse populaire dit :

Jamais deux sans trois.

Post-scriptum de Septembre 2014 :

Kerviel va à la Fête de l’Huma à l’invitation de Mélenchon et certains commentateurs y voient à redire, en mal bien sûr. Pour ma part, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Kerviel est dans la mouise pour encore quelques années. J’espère pour lui qu’il s’en sortira. Pas la peine d’en rajouter !

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Car j’y reviens souvent, nous périssons en tout genre par l’impunité.
Duc de Saint-Simon (1715)

Note (1) : Image d’Épinal et lieu commun, auquel je n’ai pas résisté. Que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre.

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A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
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