Monsieur Philippe Bouvard

Les Grosses Têtes de RTL

Monsieur Bouvard tire sa révérence après 37 ans de très bons et très loyaux services. Il aura un remplaçant qui ne sera pas un successeur. En effet, personne, à part bien sûr Stéphane Bern, ne peut recueillir  la succession d’un tel professionnel pour lequel j’ai une véritable admiration.
Je dois un grand merci à Monsieur Bouvard. Quand la morosité semblait tout emporter sur son passage, l’écoute des Grosses Têtes suffisait à redresser un moral défaillant : un médicament efficace, gratuit, sans effet secondaire, que la Sécurité Sociale aurait dû largement subventionner, et je ne suis pas le seul, loin de là, à en avoir bénéficié.

Il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte, et il ne faut pas accorder à la nostalgie une trop grande place. Cependant, de temps à autres, chacun est tenté de faire un bilan, quitte à l’oublier aussitôt fait, pour mieux se projeter dans ce futur incertain.

Dans le concert des louanges méritées, j’ajouterai ma petite contribution. Monsieur Bouvard possède ce très rare talent d’être insolent sans être méchant. Les premières fois que je l’ai vu dans mon récepteur, il y a des lustres (1 lustre = 5 ans), je trouvai qu’il poussait le bouchon un peu trop loin. La mise en boîte, pour être efficace, suppose une distance goguenarde, cette distance qui a maintenant disparu, tant la télévision ressemble au pavillon des agités d’un asile d’aliénés, à part M. Pernaut, ce sympathique Picard qui tient bon contre vents gauchistes et marées humanistes.
De mon point de vue, la meilleure mise en boîte réalisée par le sieur Bouvard fût contrainte et forcée, et un exercice à étudier dans toutes les écoles. Le père d’une très, très grosse légume, un personnage inintéressant qui venait vendre sa soupe, était l’invité obligé de Monsieur Bouvard qui se retrouvait, à son corps défendant, le faire-valoir de l’énergumène (La liberté de la presse s’arrête au tiroir-caisse). Cet interview partit en vrille dès le départ, et tout le professionnalisme de Monsieur Bouvard fût réquisitionné pour éviter le naufrage dans le ridicule le plus absolu. Pour les apprentis journalistes, qui fantasment de se « faire » le ministre Dugland, ou Du genou, le philosophe à la mode, il faut méditer cette leçon :

  • Exploser un nul : trop facile !
  • Empêcher un sot de s’autodétruire sans que l’auditoire s’en aperçoive  : la véritable performance !

La vanité n’y trouve pas son compte, puisque ce très difficile exercice passe forcément inaperçu aux yeux des spectateurs.

Il y aurait tant de choses à dire, mais je préfère en rester là, et remercier encore Monsieur Bouvard qui nous a prouvé que les études ne servent pas à grand-chose, quand on travaille, qu’on cultive son talent, qu’on aime son métier, et qu’on a pas la grosse tête.

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A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
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