Les cultureux

Les cultureux

Comme chacun sait, les communicants ne possèdent que deux neurones. Cette anomalie de l’Évolution ne les empêche pas de vivre très confortablement. En effet, ces deux neurones ont pour nom, le premier le neurone du bobard, et le second le neurone du pognon : l’essentiel dans un monde de brutes.

Le communicant ne connait que deux lignes de conduite : la vente forcée (en anglais : hard-selling) et l’enfumage (soft-selling), plutôt basé sur la séduction mais qui demande plus de travail des neurones, ce qui fatigue tout le monde.
Dans un premier temps, le communicant préconise le hard-selling, du brutal façon hit-and-run (en français : collision et fuite). Mais cette stratégie, si elle réussit avec la groupie de moins de 25 ans, échoue lamentablement avec les ménagères aguerries. Comme il faut plus de finesse, le communicant appelle un sous-traitant, le cultureux, qui a beaucoup plus de neurones que lui, pour rédiger un argumentaire.

Dans le biotope français, il existe différentes espèces de cultureux, à plumes ou à guitare, essence ou diesel, que les scientifiques ont bien décrits, au terme d’un travail long, coûteux, fastidieux, et, il faut bien l’avouer, inintéressant.

Le cultureux à guitare n’est pas l’espèce la plus intéressante, du fait d’une faible variabilité, même si elle est la plus prolifique.  Les récentes études de génomique ont prouvé qu’elle ne résultait que d’une mutation unique de l’espèce du Pleurnichardus gauchistus vulgaris. Dans cette espèce, les naturalistes du Muséum possèdent un très beau spécimen empaillé : la Belle au Bois bandé  (et lifté), qui minaude et qui grattouille.
Les spécialistes, courageux comme de vrais scientifiques, continuent leurs recherches sur le cultureux à plumes.

Voici un très intéressant article du journal Nature sur le sujet :

Étude comportementale du cultureux à plumes dans la jungle française.
Par Herr Doktor Friedrich von Schmetterling

Le cultureux à plumes n’existe qu’en version essence, puisqu’il démarre sans préchauffage.
Pour lancer le cultureux à plumes, il faut utiliser la formule de démarrage :

J’aime beaucoup ce que vous faites.

Les grands professionnels utilisent également une formule de personnalisation qui marche bien, pour enclencher le turbo  :
Surtout votre dernier roman : « La pétasse de Clèves« . Je ne suis pas le seul. Mes amis, Bigard et Bernard Tapie ont positivement adoré.
Le cultureux est maintenant démarré, il ne va plus s’arrêter jusqu’à la panne de sens.
La conduite du cultureux s’opère dans le silence, comme la séance de psychanalyse. Il ne faut plus répondre que :

« Hum », « Oui » ou « Groumpf ».

Seuls quelques spécialistes, comme Bernard Pivot, Philippe Bouvard ou François Busnel savent diriger le cultureux, car il ne possède pas de d’assistance à la direction.
Si vous transgressez la règle du silence, vous allez obligatoirement faire un faute de gout, qui va choquer votre interlocuteur. Aussitôt, le cultureux hoquète et cale. Il devient rouge et s’allume. C’est le signal que vous avez noyé le moteur à émotions. Pour redémarrer le cultureux, laissez passer un moment de silence religieux, et appuyez sur la touche « Napoléon ». Si le cultureux redémarre, vous devez entendre le mot « Austerlitz », et il va ensuite partir dans des fadaises sur Jacquouille-la-Fripouille, une fausse légende de la Haute-Corrèze, qui aurait tué la bête du Gévaudan, d’après les vieux de la Vieille, qui sont tous gâteux, surtout les vieilles.  Si le cultureux ne redémarre pas, c’est foutu pour vous. Vous êtes tombé sur une racaille démocrate, la pire de toutes (1). Il faut l’éjecter de votre bureau, et recruter un autre cultureux.

Quel boulot, les ressources humaines !

_______________________________________________________________

Note 1 : à l’exclusion de toutes les autres (Winston Churchill).

Publicités

A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
Cet article, publié dans actualité, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s