Vive Gégé !

Vive Gégé !

Gérard Depardieu, notre Gégé national, le tonitruant Obélix, exprime sa vérité dans les média et cela décrasse efficacement notre cervelle, polluée à longueur de tribunes par la bien-pensance des petits prédicateurs de toutes les chapelles gauchistes.
Sorti de nulle part, Depardieu est parvenu au sommet de son art, celui de la comédie, grâce à son seul talent.
Je n’ai pas du tout apprécié son premier film, les Valseuses, prototype de l’immondice soixante-huitarde qui ne débouche sur rien. Par contre, au service d’un grand texte comme Cyrano de Bergerac, il me transporte. Cet immense comédien est capable d’incarner tous les personnages, surtout les plus volontaires, comme le Comte de Monte-Christo, ou Christophe Colomb, dans 1492, une des plus grandes impostures de l’Histoire.  Je l’ai vu dans des productions ratées, comme Disco, où il était bien le seul personnage crédible, avec Isabelle Nanty. Je le vois encore dans Le Dernier Métro, draguant Andréa Ferréol avec cette phrase récurrente : il y a deux femmes en vous(1), ou dans le colonel Chabert de Balzac, sordide histoire d’argent entre un ressuscité et sa cupide Veuve:.
Il possède la rare qualité d’incarner le spectateur, comme dans Jean de Florette, cette histoire de Marcel Pagnol d’une construction très originale, puisqu’il n’y a pas un, mais deux personnages, l’un trop idéaliste et l’autre trop matérialiste, qui conduisent l’action, et ces deux personnages ne doivent, ni ne peuvent se rencontrer, ce qui est tout de même invraisemblable, quand on y réfléchit un peu. Une histoire qui contient un Fils sans Père, et un Père sans Fils, et on ne comprend la signification qu’à la fin. En dernière analyse, tout le drame provient du fait que la mère a caché la Vérité sur le Père à son Fils, ce qui est très exactement l’argument de « Good Bye, Lenine ! », ce chef d’œuvre du cinéma allemand. Marcel Pagnol a d’ailleurs recyclé avec bonheur le trio infernal Aphrodite/Arès/Héphaïstos, puisque le véritable père du fils de Florette, est un guerrier, et non un forgeron.
Comme nombre de Français talentueux, Depardieu a quitté la France, contraint et forcé, et les hyènes gauchistes ne le lui pardonnent pas. A sa place, j’aurais fait pareil. Il se trompe cependant sur la date de la Libération, puisque les exactions des combattants de la 25e heure ont été commises en 1944, et non 1945.
En tant que Berrichon d’adoption, je regrette un chose. L’abject office du tourisme de Châteauroux, sa ville natale, ne propose pas un circuit Depardieu, au prétexte que Gégé n’aimerait pas le théâtre des exploits de sa jeunesse. Voilà qui me semble bien fumeux, et j’espère que ce défaut sera bientôt réparé.

Note 1 : Les deux femmes sont toujours la Vierge Folle et la Vierge Sage, sauf pour les lesbiennes, que je ne connais ni d’Ève, ni d’Adam.

Publicités

A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
Cet article, publié dans actualité, Berry, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s