Optimisation sous contrainte

Dragon

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Optimisation sous contrainte

Une contrainte représente par définition un obstacle à la la liberté. Il existe deux catégories de contraintes : les contraintes matérielles, essentiellement l’argent ou la santé, et les contraintes psychologiques, essentiellement la pression sociale de la famille, ou du Village, ou de la Loge:.,  ou du Parti, ou de la tribu, voire de la Nation, ouh le vilain mot !

Le Rabouilleur, voulant s’émanciper des contraintes matérielles et psychologiques, s’était posé ce problème d’optimisation assez classique :
Quel métier, socialement valorisé et matériellement rémunérateur, conduirait à la plus grande liberté ?

Une première analyse conduisait au métier de médecin libéral, accessible sans difficulté à un esprit un tant soit peu scientifique, rémunérateur, et bien considéré dans la société. Le médecin libéral bénéficie en effet du grand avantage de ne dépendre d’aucun supérieur hiérarchique, juste de dépendre du contrôle plus ou moins vigilant de ses pairs, via le conseil de l’ordre. Seul maître à bord après Dieu ! Comme le capitaine du Titanic ! Et le contrôle des confrères n’est pas toujours très rapide, comme le prouve la savoureuse histoire du Belge qui exerça comme psychiatre pendant trois ans dans la Nièvre, à la grande satisfaction de ses patients en déshérence dans un désert médical, avec pour tout bagage un diplôme fantaisiste sorti de Photoshop, et une longue expérience de patient dans diverses institutions Belges dédiées à la santé mentale. Dans sa recherche d’une profession, Giacomo Casanova aboutit d’ailleurs à la même conclusion dans sa jeunesse : il souhaitait exercer la médecine, mais sa mère, plus que mal inspirée, manigança pour l’orienter vers le clergé, d’où des mésaventures. Et tant mieux pour la Littérature Française ! En effet, si Casanova était devenu un médecin, il aurait coulé des jours heureux et paisibles dans la très policière république de Venise, et ne serait jamais devenu ce grand écrivain, pour la bonne et simple raison que les gens heureux n’ont pas d’histoire intéressante à raconter.

En deuxième analyse, ce métier présentait une pesante contrainte : il obligeait à côtoyer à longueur de journée des malades, ce qui est très mauvais pour l’équilibre psychologique du thérapeute, comme chacun peut s’en douter.
Recherchant une optimisation du métier de médecin sous la très forte contrainte de ne pas rencontrer de malades, le Rabouilleur envisagea les différentes spécialités possibles dans cette profession.

Il écarta d’emblée la psychiatrie, qui ne permet pas de jouer au docteur avec les belles patientes. En effet, le psychiatre est le seul médecin qui ne peut pas dire à une patiente : Déshabillez-vous pour que je vous examine ! Vous pouvez garder votre culotte ! Un psychiatre qui demande à ses belles patientes de se déshabiller aura très rapidement des ennuis ! La psychiatrie cumule tous les inconvénients de la médecine, sans aucun des avantages : aucune mesure fiable n’est possible, et les traitements médicamenteux relèvent de l’empirisme le plus grossier. Schizophrène ou borderline, peu importe le diagnostic, car le traitement est le même : la camisole chimique ! Tout patient doit savoir que la psychiatrie est le dépotoir de la médecine. En effet, quand aucune cause organique n’apparait clairement chez le patient, le suppôt d’Hippocrate de base aboutit toujours à la même conclusion : si ce n’est point organique, c’est forcément psychique !  Pour vous convaincre du grand désarroi de cette spécialité, il vous suffit de lire l’autobiographie de Carl Jung intitulée Ma Vie. Ce pauvre psy était tellement paumé face à la maladie qu’il s’en trouvait réduit à faire du spiritisme, avec des tables tournantes. Paumé de chez paumé !

Il y avait bien la chirurgie esthétique, hautement lucrative, mais son exercice requiert une certaine habileté manuelle, dont le Rabouilleur, pourvu de deux mains gauches, et très mauvais bricoleur, se trouvait dépourvu. Les chirurgiens esthétiques semblent vivre dans un univers parallèle sur le petit écran, comme dans la fiction Yankee Nip/Tuck qui raconte les délires de deux débiles, virtuoses du bistouri, du scalpel, et de la seringue à Botox, ou toxine botulique. Comme l’écrit le bon docteur Sarfati chez Doctissimo : C’est assez drôle, mais on est vraiment au niveau zéro (0), en terme de médecine. C’est une vieille histoire que celle de la chirurgie, héritière de la tradition des anciens barbiers, et non de celle des médecins. Car la théorie et la pratique ne demandent pas les mêmes qualités. Il faut d’abord connaitre ses limites, puis ensuite les accepter. Donc cette spécialité ne pouvait convenir.

Le Rabouilleur aboutit au choix de médecin du sport. Les consultants étant des sportifs, réputés en parfaite santé, le cahier des charges était respecté. Hélas, dans le monde réel, les sportifs consultent le médecin du sport dans le seul et unique but d’améliorer leurs performances, par l’usage de drogues, sorties des progrès les plus douteux de la pharmacie, mais dont l’effet à long terme est plus que suspect, pour rester politiquement correct.

Devant ce triste panorama, le Rabouilleur abandonna l’idée d’une carrière rémunératrice dans la médecine, et choisit d’optimiser son potentiel intellectuel dans les Sciences dites dures. Les Sciences dites dures, ou parfois exactes, sont les mathématiques, pures et appliquées, la physique, la chimie, minérale ou organique, et la biologie moléculaire. La principale caractéristique des Sciences exactes réside dans le fait qu’elles étudient des objets isolés dont l’état n’est gouverné que par un nombre très restreint de variables soit 3 ou 4 au grand maximum. Le cas le plus simple étant l’état d’un gaz, objet homogène et isotrope, qui se décrit parfaitement par trois variables, à savoir la température, le volume et la pression. Les Sciences Naturelles, y compris la physiologie humaine, se caractérisent au contraire par un grand nombre de variables, et la difficulté à isoler l’objet d’étude de son environnement. Dans le cas du génome humain, on trouve un ensemble de 10.000 à 30.000 gènes, sans compter l’ADN mitochondrial, avec un certain nombre de variations possibles pour chaque gène, conduisant au phénomène bien connu de l’explosion combinatoire. Dans ces conditions, une découverte Scientifique devient très ardue, voire même totalement aléatoire.

Cette optimisation du potentiel intellectuel dans les Sciences dures impose par contre la contrainte de ne pouvoir s’enrichir matériellement. En effet, les bonnes idées, ou les théories scientifiques, ou les protocoles expérimentaux, ou les théorèmes mathématiques, contrairement aux drogues, pilules, suppositoires, ou autres médicaments, ne peuvent JAMAIS se vendre, mais juste se répandre gratuitement parmi les Esprits, bienveillants …, ou pas.

Poison ou Pirate ?

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A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
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2 commentaires pour Optimisation sous contrainte

  1. Pangloss dit :

    Pour certains cerveaux (le mien en fait partie), les sciences dures sont comme l’eau sur les plumes du canard.

  2. Tant mieux pour vous !
    Vous pourrez ainsi devenir riche et heureux.
    et celui qui augmente sa science augmente sa douleur, comme dit l’Ecclésiaste 1:18

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