Léonard de Vinci

Dialogue de Léonard de Vinci et de son assistant Petruccio

Léonard :
Petruccio, je viens de passer à la banque des Medicis, et mon compte est dans le rouge vif. Je vais avoir du mal à te verser ton salaire ce mois-ci. Aurais-tu une idée pour nous sortir de cette mauvaise passe ?

Petruccio :
Maestro, vous commencez beaucoup de tableaux et vous n’en finissez aucun. Il ne faut pas vous étonner de ne rien encaisser. Et les clients sont furieux des retards de livraison. Comme vous êtes toujours en vadrouille, ces clients furieux passent leurs nerfs sur le pauvre Petruccio.

Léonard :
Tu parles d’or, Petruccio !
Mais tu dois dépasser le stade du constat, et devenir force de proposition.
Mets ta cervelle en marche, Petruccio !
Donne-moi une solution pour sortir de cette mélasse !
Comme dirait un bureaucrate feignant (pléonasme) : j’attends tes propositions !

Petruccio :
Parmi tous les tableaux en souffrance, le portrait de madame Joconde est le plus achevé. Il reste juste à faire le drapé et les broderies du corsage.

Léonard :
Excellente idée, Petruccio !
On ne va pas s’ennuyer avec un drapé et des broderies. J’ai une idée lumineuse qui va nous soulager : l’ultra-noir ! Ultra-Noir, c’est plus que noir, et il y a de l’espoir !
Donc, Petruccio, tu vas me terminer cette putai*n de Joconde qui traine depuis deux ans. Tu lui fais un corsage ultra-noir et tu ajoutes des arbres dans le paysage.
On laisse sécher 2 jours et puis on livre et on encaisse le pognon. Et ce sera la dolce vita.
Compris Petruccio ?

Petruccio :
Bien sûr, Maestro ! Et si le travail est bien fini, je pourrais avoir une augmentation ? Parce que ma femme Catharina, qui est la mégère que vous connaissez, me répète matin, midi et soir que vous m’exploitez.

Léonard :
Pas d’augmentation, Petruccio !
Tu te crois chez les fonctionnaires ? Tu te prends pour un inspecteur des phynances, ma parole !
Nous sommes une start-up, une jeune pousse capitaliste, ne l’oublie jamais !
Mais tu auras une prime de résultat, naturellement ! Et avec la prime, tu achèteras un bijou pour apprivoiser ta mégère. Donc, problème résolu !
Ceci dit, tu n’as rien compris au capitalisme, mon pauvre Petruccio, pas plus que Catharina ta mégère ! A l’occasion, je te donnerai un cours d’économie, en plus des leçons de peinture. Et je t’expliquerai aussi la différence entre obligation de moyens, pour les médecins, et obligation de résultat, pour les Scientifiques et les Ingénieurs, civils et militaires.

Petruccio :
Avec plaisir, Maestro.

Léonard :
Allez ! Au boulot maintenant ! Du courage, Petruccio !
Et ne me dérange pas inutilement : il faut que j’invente le deltaplane. Mais sans l’aluminium, métal léger et résistant qui sera produit par le chimiste Français Henri Sainte-Claire Deville dans quelques siècles, je prévois des difficultés.

A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
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Un commentaire pour Léonard de Vinci

  1. Pangloss dit :

    C’est en forgeant que l’on devient forgeron et c’est en peignant que Léonard de Vinci.

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