Transfert de technologie

Château de_Sarzay (Indre)

Énoncé du problème
Un professeur de Sciences ou de Lettres part à la retraite bien méritée après 40 années de service.
Se retrouvant inactif, alors qu’il possède un tempérament hyper-actif, il constate, à son corps défendant, que la retraite est un naufrage.
D’où la question ouverte et très marxiste-léniniste :
Que faire ?

Le Rabouilleur va vous expliquer dans cet article une des deux solutions praticables du problème.
Le prof retraité devient un méta-prof, ou prof de profs. D’où trois questions auxiliaires :
Pourquoi devenir un méta-prof ?
Comment procéder pour devenir un méta-prof ?
Combien ça coûte ?
L’autre solution praticable consiste à mener une activité de recherche indépendante, avec ou sans l’aide d’un mécène. Mais, avec une mécène richissime, comme la célèbre veuve Bettencourt, la recherche peut prendre un tour agréable :
travaux pratiques sur la diététique dans des restaurants gastronomiques, voyages d’étude dans des relais et châteaux, séminaires dans des paradis tropicaux, embauche d’une assistante décorative ex Miss Aquitaine, achat d’une Porsche comme véhicule-laboratoire, etc, etc …. Le Rabouilleur vous garantit que cette recherche ne sera pas du temps perdu pour le Scientifique. Pour les Sciences, c’est une autre affaire.

Pour illustrer son raisonnement, le Rabouilleur va s’appuyer sur un exemple de réussite et un contre-exemple d’échec manifeste, dans le domaine de la géométrie, science pure et dure par excellence.

Exemple de réussite :
Le site Internet d’Alain Connes, médaille Fields, enseignant au Collège de France, et spécialiste mondial et incontesté de la géométrie non-commutative.
http://www.alainconnes.org/fr/
Contre-exemple d’échec :
Le site Internet et bordélique d’ABCMaths, un fouillis où une chatte ne retrouverait pas ses petits, d’où gaspillage de temps et d’énergie pour le visiteur.
https://abcmathsblog.blogspot.com/

loup
Steppenwolf

Pourquoi devenir un méta-prof ?
Pour deux raisons !
La première est la réflexion d’Edmund Burke (1729-1797) :
il suffit que les gens de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe.
La seconde est une autre constatation thermodynamique du Rabouilleur :
Le principal obstacle à la manifestation de la Vérité n’est pas le mensonge, mais l’insignifiance. Un mensonge peut se réfuter, mais pas l’insignifiance.
Dans la théorie de l’information, une branche de la thermodynamique, le physicien doit extraire un signal pertinent qui se retrouve noyé dans le bruit ambiant, comme l’aiguille cachée dans la botte de foin. Le méta-prof devient une sorte de petite boussole qui est supposée guider les profs dans le brouillard, qui masque les étoiles et le soleil, ce qui rend la navigation hauturière compliquée. Le méta-prof doit s’inspirer de l’œuvre du grand penseur Roger Scruton (1944-2020) : pour contrer l’idéologie marxiste-léniniste et former de futurs dirigeants, ce Britannique a participé à des écoles clandestines en Europe centrale, pendant la guerre froide. Comme les premiers Chrétiens, il travaillait dans les catacombes, ou bien, en version profane, dans un sous-marin comme le capitaine Nemo.

Comment procéder pour devenir un méta-prof ?
Il existe trois bonnes méthodes complémentaires, et une mauvaise méthode.
Il faut commencer par évacuer la mauvaise méthode, qui consiste à entreposer des vidéos sur la Toile.
En effet, une vidéo représente une perte de temps pour le récepteur du message, car 60 minutes de vidéo peuvent se condenser en 10 minutes de lecture. La vidéo présente aussi l’inconvénient de nuire à la concentration, car le signal est surabondant. Il est bien moins fatiguant pour le cerveau humain de lire un texte que de regarder une vidéo. Et pour l’émetteur du message, il est 10 fois plus rapide de corriger un texte qu’une vidéo. Ensuite, les vidéos ne permettent pas de vous garantir un certain anonymat. Suivant une maxime populaire : toute vérité n’est pas bonne à dire. La démonstration d’une vérité dérangeante vous expose à des risques de représailles de la part des charlatans, scribes, mandarins, gourous, pseudo-experts et autres énarques prospérant sur le filon de la crédulité humaine. En plus, si la vidéo est trop caustique, elle sera gommée, ou effacée, ou annulée, en globish : cancelled, par l’hébergeur.
Les trois bonnes méthodes de diffusion du savoir, méthodes d’ailleurs complémentaires, sont :
La conférence, ou cours magistral
L’archive en ligne sur la Toile
Le livre imprimé

La conférence, ou cours présentiel, permet un retour d’expérience immédiat, juste en regardant le visage des auditeurs.
Dans le cas favorable, l’auditoire est captivé.
Dans le cas défavorable, l’auditoire est perdu. Et le conférencier comprend : ouh la la ! mon discours est vraiment mauvais, mauvais de chez mauvais. Il faudra remettre l’ouvrage sur le métier, sinon je vais finir en prédicateur ridicule, comme le Filozof en Bois Tropical, alias FBT, alias agent Triple Buse.

Le processus de diffusion du savoir du méta-prof peut suivre cette progression :
Premièrement, le méta-prof met au point son discours par des cours présentiels. C’est la phase de la maquette
Deuxièmement, le méta-prof met ses cours en ligne sur un site de la Toile, et recueille ainsi des commentaires et des critiques sur son travail. C’est la phase du prototype.
Troisièmement, capitalisant sur les (rares) critiques constructives, le méta-prof publie un livre imprimé. C’est la phase de la production en série.

La mise en ligne des cours sur la Toile pose deux problèmes :
– Trouver un hébergeur fiable et indépendant pour entreposer votre contenu.
– Apprendre certaines normes d’édition d’un texte, à savoir les différents formats de fichiers informatiques : txt, html et pdf.
Il importe de connaitre les contraintes économiques de l’hébergement de sites Internet.
Un professionnel de l’hébergement doit payer des coûts multiples et certains avec des ressources de nature aléatoire. C’est un cas d’école d’entreprise économique, avec la prise de risque inhérente à toute décision en avenir incertain.
En effet, les ressources, ou recettes possibles, sont au nombre de trois, et seulement trois, à savoir :
La contribution du consommateur de contenu, la contribution de l’auteur, et la publicité payante, proportionnelle au trafic d’un site qui est a priori inconnu et variable.
Par contre, les coûts sont fixes et comprennent l’amortissement du matériel informatique, le coût du raccordement au réseau Internet, la facture d’électricité, et la main d’œuvre nécessaire au bon fonctionnement des sites hébergés.
Concernant les recettes possibles, Internet pose un problème, à savoir que le consommateur ne paye rien. Le Minitel, ancêtre Français d’Internet, permettait de facturer le consommateur au prorata du temps de connexion, avec différents paliers de tarification. Mais ça, c’était avant. Il ne reste donc que deux sources de recettes pour l’hébergeur Internet : facturer l’auteur, ou facturer des tiers, les annonceurs qui afficheront des publicités ciblées sur le site. Si votre site a un faible trafic, cette dernière ressource sera inexistante. C’est alors à l’auteur d’assumer les coûts d’hébergement, car il n’existe pas de repas gratuit.

Combien ça coûte ?
L’hébergement d’un site Internet pour vos cours vous coutera de l’ordre de 40 euros par an en 2021, chez OVH, le prestataire de services d’Alain Connes, un fournisseur Français et fiable, avec la possibilité de l’anonymat garanti. Il faudra prévoir aussi quelques fifrelins, pour réserver un nom de domaine Internet. Ensuite, la meilleure des solutions consiste à faire appel à un ami informaticien, pour mettre en ordre de marche votre site. Le propre d’un grand esprit consiste à s’entourer de gens compétents. Dis moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es !

En conclusion, la réalisation d’un site Internet d’archive de cours en ligne n’est pas une affaire simple, ni gratuite pour un auteur. Elle nécessite un minimum de connaissances techniques en informatique, et en particulier dans les logiciels nommés systèmes de gestion de contenus, en Anglais Content Management Systems, abrégé en CMS, ainsi que l’application de bonnes pratiques issues de l’expérience. Ces sujets étant très vastes, ils feront l’objet d’un article séparé à venir.

Le grand-père du Rabouilleur

A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
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3 commentaires pour Transfert de technologie

  1. Turdus dit :

    Trop facile à trouver votre prototype de prof déprimé. Sinon il peut aller cultiver son jardin ou se mettre à la chasse, en Corse, il y a des sangliers.

  2. Turdus dit :

    Trop facile à deviner votre prof dépressif, sinon il peut aller cultiver son jardin, ou se mettre à la chasse, en Corse, il y a des sangliers.

  3. Je ne pense pas à un un prof dépressif, mais à un prof oisif,
    et l’oisiveté est la mère de tous les vices.

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