Autopsie d’un salmigondis

Recension du Maitre du Talmud d’Eliette Abécassis

Le Maitre du Talmud constitue un essai de croisement entre le Candide de Voltaire et le Nom de la Rose d’Umberto Eco : de la filozofie peu convaincante maquillée dans une forme de roman policier médiéval.
Et l’essai n’est pas transformé, et de loin s’en faut. Comme dans le Nom de la rose, le meurtre initial n’est pas un meurtre, mais un accident. On trouve aussi le stéréotype du Livre maudit, mais la Poétique d’Aristote est remplacée par le Talmud. Cependant, le détective n’est pas un Maitre, comme Guillaume de Baskerville, mais un apprenti, ce qui ne concourt pas à la crédibilité du récit. Le seul personnage un peu intéressant est la femme du rabbin, qui rejoue le rôle de l’aubergiste du bout du monde dans la légende de Gilgamesh, en disant : Carpe diem ! Ce n’est pas de l’hébreu, mais du latin, qui signifie : cueille le jour, soit, profite du moment présent, parce que personne ne sait pas de quoi demain sera fait. Hélas, ce personnage féminin n’est pas développé. On trouve aussi des digressions sur la peine de mort, qui sont de mauvais copiés-collés de toutes les arguties d’un certain Badinter.

Ce qu’il faut retenir de ce roman policier médiéval, écrit par une filozofe peu créative :
Il y a la Loi, qui s’appelle la Torah chez les Juifs, et qui traite des cas généraux.
Il y a aussi la jurisprudence, qui s’appelle le Talmud chez les Juifs, et qui traite des cas particuliers.
Et bingo !
Il existe plus de cas particuliers que de cas généraux !
Donc, gros problèmes pour les prêtres, leurs apprentis, la romancière-filozofe, et son lecteur.
Un maître du Talmud n’est pas forcément un maître du Logos. Ce serait même plutôt un frein !

Repentir et correction :
Le vilain et impropre néologisme télévisuel de gloubi-boulga a été remplacé par le terme plus correct de salmigondis, qui est en cuisine un ragoût de restes de viandes, soit un mélange confus et disparate de veaux, vaches, cochons, etc…

A propos Le Rabouilleur

Les affaires et les sciences : telles sont mes deux occupations. Devise : nous n'irons pas à Canossa ! ni à Chicago !
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Un commentaire pour Autopsie d’un salmigondis

  1. Jacques Étienne dit :

    Ça donne vraiment envie de ne pas lire ! Bravo !

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