L’orgasme pour les nulles

Sexologie

Vénus de Milo
Vénus de Milo

Pour attirer des lecteurs, sur la Toile ou dans la presse, on retombe toujours sur deux leviers : la sensualité et la curiosité. Les magazines féminins l’ont bien compris depuis belle lurette, car ils ne parlent que des sujets suivants :
sexo, fiches cuisine, maquillage, vétements, commérages, indiscrétions, ragots plus que douteux, fausses paparazades, psycho, éventuellement réussite sociale et réseautage.

Le sujet porteur par excellence pour tous ces magazines reste le plaisir des sens, au féminin et au masculin. Avec un cas d’école :
Gisquette Michu ne parvient pas à atteindre le septième ciel avec son petit fiancé, un lourdaud incurable nommé Christian Chevallier-Danceny.
Vous noterez que le sept est un chiffre magique, mais pas de chance pour Gisquette, elle reste bloquée au sixième étage, comme la détraquée George Sand, de son nom de jeune fille Aurore Dupin, sur laquelle on pourrait dire bien des choses. La première des choses étant que l’orgasme libère dans le cerveau une neurohormone de l’attachement, l’ocytocine, et donc les femmes an-orgasmiques comme cette chienne en chaleur de George Sand ne s’attachent jamais. La deuxième chose étant que la grand-mère paternelle d’Aurore Dupin, en charge de son éducation, appartenait sans AUCUN doute possible à la très secrète, vicieuse et scélérate franc-maçonnerie féminine, source de la fortune matérielle de sa famille sous l’Ancien Régime. La troisième chose étant que George Sand était en conflit à couteaux tirés avec sa génitrice, cas classique de la relation toxique mère/fille. La quatrième chose étant qu’Aurore Dupin a librement choisi comme mari un alcoolique coureur de jupons, le baron Dudevant, ce qui prouve son grand discernement. La cinquième chose étant que la comtesse de Ségur, immortel auteur d’Un bon petit diable n’avait pas grande estime pour l’auteur de François le champi. La sixième chose étant qu’elle fut une mère fusionnelle et castratrice avec son fils Maurice, détestable exemple de chiffe-molle et de fils à maman, comme Chéri, le personnage de Colette, qui finit très logiquement par se suicider. La septième chose étant que la très progressiste baronne Dudevant était personna non grata dans la bonne compagnie de la ville de La Châtre, sans doute trop attachée aux traditions et à la modération.
Pour en revenir au cas de Gisquette Michu, trois portes ouvrant sur différentes solutions se présentent devant elle, dans le labyrinthe de l’existence :
1/ la rubrique sexologie des magazines féminins
2/ les forums sur la Toile dédiés aux troubles de jouissance
3/ le vrai professionnel en chair et en os, autrement dit, le ou la sexologue diplômé de la faculté de médecine

Pour une fois, le Rabouilleur va dire du bien des suppôts d’Hippocrate, mais une fois n’est pas coutume ! De plus, le Rabouilleur n’a nulle intention de commettre un délit d’exercice illégal de la médecine, prévu et réprimé par le code de la santé publique. A chacun son métier : au scientifique, la logique théorique, au thérapeute, les travaux pratiques. Et bonne chance aux patients !
Les deux premières pistes ne sont pas vraiment recommandées par le Rabouilleur pour ces raisons :
Les magazines féminins vont vous peindre les lunettes en rose.
les forums sur la Toile vont vous peindre les lunettes en noir.
Il importe de le savoir :
Seul, le ou la véritable professionnel(le) sera à même de résoudre un problème non trivial.

En effet, les magazines féminins ne donnent que des remèdes de grand-mère qui sont néanmoins efficaces dans 90% des cas de la vie quotidienne. Mais le Rabouilleur vous le répète : méfiez-vous des grands-mères ! Elles ont souvent raison, à 90%, car les grands-mères occupent leurs loisirs à colporter des potins et des ragots, et surtout à s’échanger des recettes de remèdes empiriques, plus ou moins efficaces, tout en buvant des tisanes :

Mais elles se trompent une fois sur dix, et il ne faut jamais hésiter à leur enfoncer le nez dans leurs erreurs, pour leur propre bien, en disant :
tu remercieras ton petit-fils plus tard, grand-mère ! Si Dieu te prête vie.
Donc, il restera toujours 10% de cas non résolus qui relèvent d’un vrai professionnel de santé, avec un niveau d’études à Bac+8 et dix ans d’expérience professionnelle.
Ensuite, il ne faut pas croire qu’un professionnel, même chevronné, va résoudre tous les problèmes. Il y aura toujours des problèmes sans solution connue, autre que symptomatique, mettons 5% des patientes pour donner un ordre de grandeur.
Ces 5% de patientes non guéries se retrouvent sur les forums Internet. Mais il faut en avoir conscience : ce n’est pas un échantillon représentatif, mais seulement 5% de 10% de la population concernée, soit 5 pour 1000. Par construction, les personnes guéries passent à autre chose et n’ont plus de motivations pour fréquenter ce genre de site, qui sont des miroirs déformants de la réalité. Ces forums Internet, peuplés par des désespérées, sont aussi des terrains de chasse fréquentés par des charlatans, vendeurs d’huile de serpent ou enseignantes de yoga tantrique, qui y trouvent des proies en situation de faiblesse. En outre, le gérant du forum vendra vos coordonnées à Big Pharma, car c’est le seul moyen de rentabiliser son site gratuit. Ensuite, Big Pharma vous bombardera avec des réclames pour des pilules ou potions prétendument aphrodisiaques. Les forums Internet sont de mauvais lieux, qu’il faut fuir !

Une fois que Gisquette Michu a décidé de consulter le Docteur House, un professionnel de santé recommandé par ses copines pour les troubles de la jouissance, elle va faire connaissance avec la personnalité problématique de ce suppôt d’Hippocrate, instance d’un cas général : les médecins compétents sont grincheux et sarcastiques.
Mais elle ne doit pas se frapper pour autant et en faire une affaire personnelle, car la grinchitude du Docteur House est multidirectionnelle. Il est grincheux avec ses patients, ses infirmières (invisibles), ses confrères, la directrice de l’hosto, et surtout ses apprentis, sur lesquels il passe ses nerfs, pour augmenter leur résilience. Le Docteur House exerce ses talents dans un nouveau type d’hôpital, inventé par les Yankees : l’hôpital sans infirmières, en admiration béate devant le grand patron, omniscient et omnipotent (big boss en globish). Plus c’est gros, plus ça passe ! Une fois de plus, la Vérité se lit en creux ! Dans ce nouvel hôpital d’un genre très particulier, la figure virile et créative du grand patron s’oppose dialectiquement avec la figure féminine, insatisfaite, geignarde, routinière et bureaucratique de la directrice de l’hosto, matriarche totalement inefficace et en mal d’enfant, icone parfaite de la stérilité physique et psychique.
Il faut connaitre la cause de la grinchitude du Docteur House : son rêve de jeunesse était de faire pianiste dans le bordel de madame Circé, la magicienne du sexe et reine de la nuit, régnant sur un troupeau de porcs, qu’elle ne balance qu’aux flics, à la DRM, à la CIA, au Maussade et au GRU, mais pas sur les réseaux sociaux, sinon cela signerait l’arrêt de mort de son bizness. Ah ah ah ! Grégoire House a dû faire médecine, victime d’un chantage pécuniaire, primitif mais efficace, de son père Abraham House, un illuminé, lui aussi médecin : si tu veux devenir un saltimbanque, je te coupe les vivres. Donc, au lieu de jouer de la musique légère au milieu des filles de joie, il se retrouve à traiter des pathologies lourdes dans l’ambiance morose d’un hôpital ! En plus, comme il est très compétent, tous les médecins de ville lui envoient leurs cas tordus.
Sang et tripes ! Mortes couilles ! Caramba ! Sapristi ! La vie est vraiment mal faite !

Plaisantin

Plaisantin

A propos Le Rabouilleur

J'aime les belles femmes et le bon vin, mais dans la modération.
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