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Nautilus

Nautilus

Micmac moche à Issoudun (Indre), patrie de la Rabouilleuse :

Il s’agit, une fois de plus, d’une fable berrichonne qui implique un alchimiste, Baskamel, et deux empiriques : Corpus, vétérinaire invalide, et Anima, dresseuse de chiens au chômage.
Un Mal insidieux se répand dans Issoudun : les jeunes fument l’herbe qui fait rire, les vieux sombrent dans la bouteille. Les esprits simples nient le mal, d’autres, plus culturés, veulent trouver une explication dans la spikologie, et jouent aux donneurs de leçons publiques dans des domaines qu’ils maitrisent mal, démontrant par leurs discours leurs faiblesses, tant morales qu’intellectuelles.

Mais des Forces anciennes, matérielles, obscures et maléfiques sont à l’œuvre.
Corpus et Anima, les deux naïfs, succombent au Mal.
Corpus perd le contrôle de son automobile électrique, à cause d’une faille du logiciel d’assistance au freinage de sa voiture, et va s’encastrer dans les fondations de la Tour Blanche, très bel héritage de Philippe-Auguste, le bien nommé (1165-1223), un de nos plus grands Rois, avec Philippe d’Orléans, dit le Régent (1674-1723).
Quant à Anima, elle avale une cacahouète de travers, et meurt d’une fausse route lors du banquet mensuel des Princesses de la Desoeuvrance, à l’auberge de la Veuve Poignée-Deporte, temple de la gastronomie locale, décoré de rouge et de noir, et de blanc aussi. Malgré tous les efforts de la veuve aubergiste, une ancienne infirmière, Anima périt en suffocant dans son dégueulis …
Comme Anima ne croyait pas en Dieu, elle est enterrée à la sauvette, comme un chien, moyennant une oraison funèbre et 100% laïque du gnome massonik local. Oraison qui se résume en fait à peu de choses :
Par Horus, Grand Patron des clébards, qui dort les yeux ouverts,  bla-bla-bla-bla !

Baskamel, entrainant son disciple Alex Thérieur, ne peut pas lâcher prise dans cette très vieille mascarade, dont il a élucidé, après quarante années d’efforts, les tenants et les aboutissants. Baskamel se sent comme le grand explorateur Christophe Colomb : recherchant un chemin pour atteindre les Indes et leur or, il a atterri aux Amériques, à Cuba plus précisément. Mais dans ce pays, il n’y a pas d’or, et les femmes du cru ont la syphilis. Au retour en Espagne, il faudra, en plus, raconter des menteries pour contenter les mécènes de ce périple.
Alors, à quoi bon, tous ces efforts ?
A faire la ratatouille, bien sûr !
Puisque les Amériques ont donné à l’Europe la tomate, le piment, et le poivron, en plus du chocolat, et d’un merveilleux anesthésique : le curare. Sans Christophe Colomb, nous ne pourrions pas savourer un poulet basquaise ou une piperade, et la gastronomie franchouillarde ne serait pas aussi gouteuse.
Par un effet de la Providence, Baskamel l’alchimiste se rappelle alors d’un vieux cours de philosophie très rasoir dont il n’avait rien retenu, à part le célèbre subterfuge d’Empédocle. Mettant la philosophie d’Empédocle en action, Baskamel laisse une paire de sandales sur les bords de la rivière Théols, simulant ainsi un suicide par noyade, pour mieux disparaitre de la vue de la commissaire politique du canton : la redoutable, lubrique, frustrée, illogique, et très limitée Polly Faime, ennemie intime de Super-Prof, alias JPB, une autre figure locale.
Pour se divertir, et gagner sa vie, Baskamel l’alchimiste se reconvertit alors en joueur professionnel, grâce à ses connaissances en mathématiques. Il participe à un mémorable tournoi de cartes à La Havane, dans le but de renflouer ses phynances.
Les participants cachent tous leurs cartes, la mise est énorme, seuls les vrais professionnels peuvent jouer. Nous n’admettons pas les amateurs à cette table. Les petits joueurs et les novices sont fermement invités à quitter la partie.
De gré ou de force !

Avec la fortune chèrement gagnée en lessivant de prétentieux Prétendants dans ce tournoi, Baskamel peut enfin couler une très agréable retraite dans une île accueillante  (1), au milieu des siens, et au soir d’une vie bien remplie.

Morale de cette histoire :
Les mauvaises fêtes se reconnaissent à cette observation :
Ceux qui sont invités ne veulent absolument pas s’y rendre, et ceux qui ne sont pas invités tiennent plus que tout à y entrer, sans savoir à quoi ils s’exposent.
Ces pauvres malheureux se retrouvent alors cernés par d’abominables chieuses en manque de sexe, et piégés, comme dans l’hôtel Californie, où vous pouvez régler la note à tout moment, mais où vous ne pouvez jamais trouver la SORTIE.
Quant à la puissance invitante, elle insiste, au-delà du raisonnable, pour faire venir des joyeux lurons dans sa petite sauterie, qui, sans eux, sombrerait dans la DÉPRIME, ou pire encore : l’ENNUI. Rien ne changera donc jamais !

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Note 1 : Cette île pouvant être Ithaque bien sûr,  ou alors Chausey, Houëdic, Krk en Dalmatie, Porquerolles, Capri, Cuba, la Corse,  Nantucket pendant l’été 42, ou Martha’s Vineyard ! peu importe l’île, pourvu que l’Amour y loge ! Mais certainement pas Sainte-Hélène !

Notice légale :
Toute ressemblance avec des personnes existantes, ou ayant existé, ne peut que résulter d’un effet du hasard. Par contre, le piratage de Léo Malet, le père de Nestor Burma, et de Balzac, le père de la Rabouilleuse, est totalement volontaire.

iceberg

Iceberg

Comme la MCB2 de Bourges (Cher), un iceberg comporte un dixième d’émergé, et neuf dixièmes d’immergé, et ses parages sont périlleux !